samedi 30 avril 2016

Un brin de muguet pour toi

Lys de mai, lys des vallées, clochette des bois, convallaria majalis, muguet, zinbaq el-wadi en arabe [زنبق الوادي = lys des vallées]: quel que soit son nom, dans les cultures de nombreux peuples dont ceux de la Méditerranée, cette liliacée est fétichisée. Emblème de régénération, on lui attribue des pouvoirs propices à la chance, au bonheur et à l'amour.

Le muguet embaume et distribue des saluts
Quand tu souris, j'en cueille brins et clochettes
et de ton éclat le soleil a la berlue
1

Gibran Khalil Gibran





Aux sources du nom

Selon le mythe grec
, le muguet a été créé par Apollon, dieu du djebel Parnasse. Et d'après une version à laquelle un mythomane non grec a ajouté du sien, voici la genèse du muguet.

Prévenant pour les neufs grâces, muses protectrices des arts, qui n'avaient sandales, babouches ni brodequins, Apollon leur coryphée emboucha par un jour de garbin, et à l'heure du kief, un cor de mer, gros comme un oliphant. Et de bout en bout bourré de μόσχος [muskos]. Le cor pointé vers Ouranos, fier comme une pipe indienne, Apollon souffla dedans par trois fois. Le cri d'un éléphant en rut n'aurait pas autant zébré d'émoi l'éther qui, quelque part étendu au frais entre Gaïa et Ouranos, piquait son clebard2. Il en sursauta et maudit le bougre de dieu qui sonnait son cor à une heure indue. Zeus lui-même, qui prenait l'apéro avec Léto chez les Lotophages, en fit la moue. Et le legmi dans son broc, tantôt suc d'ambroisie, en moins de rien devint guinguet, plus aigre que la pisse du chameau !

«
Que chaque pouce foulé du pied doux, ronfla Apollon en agitant sous les basques de l'empyrée sa chibouque de Grand Sahem, et tous les sentiers où s'égarent mes exquises muses, excepté le désert d'Arabie, soient de muguet tapissés !» 

Et le muguet fut.

Des cristaux musqués
jaillis du cor telle une giboulée de grêle séminale, et kifkif l'essaim de confettis retombant du ciel pour noyer de fleurs blanches le djebel Parnasse, naquit la belle liliacée qui porte, hellénisé et corrompu, le nom dérivé de l'arabe «مسك misk, musc»3.


Morale: chaque fois que les Grecs nous débitent un mythe4, c'est un peu comme la teinture au triste renom des Hézami !5 Il y a dessous un maquignonnage certain, une manigance comparable à la teinture des ânes !


 Muguette-moi m'amour !
 
Au moyen âge, en pays d'Oc surtout, il était de bon ton de mugueter au mois de mai. Le «libre courtisement»6 avait une lune, tout comme, de nos jours, le miel des jeunes mariés. Et les jeunes filles, avec le consentement parental et les recommandations de «ne pas monter des chevaux fougueux», en profitaient pour faire des queues aux zéros. En arbi, remplir leurs tirelires. Et les plus coquettes leurs khazines

En fait, chaque jeune fille nubile se choisissait un fiancé, et huppé de préférence, pour la lune des muguets. Un fiancé pour la mugueter, cela va de soi. Et la règle veut que
la fiancée d'une lune, contre chaque baiser échangé,  reçoive de l'heureux friponné une pièce sonnante et trébuchante. Manne médiévale qui permettait aux jeunes filles d'enrichir leur dot.

Y a-t-il un rapport entre le
«cor gicleur de musc» et cette curieuse chaleur de mai frappant le pays d'Oc ? Je serais tenté de dire oui7

Maman en veut aussi

Oui, car avec le temps, le sang chaud de ce mai généreux et éphémère, initialement circonscrit, a gagné d'autres veines. Et des veinardes autres qui, pas satisfaites qu'on les laissât transir loin de mai et son muguet, voulaient elles aussi qu'on les muguetât, et bien mieux que les pucelles si possible !
8 Ainsi le
«libre courtisement» a-t-il évolué pour permettre aux femmes mariées de recevoir, avec la bénédiction des «tendres époux», et tout au long du mois de mai, les hommages de leurs amants!9

Bals du muguet

A l'âge du
«libre courtisement» (qui n'est pas révolu mais a pris d'autres formes), succéda, en France et dans le reste de l'Europe, un autre âge pas moins gai: celui des «bals du muguet».
Organisé le soir de chaque 1er mai, le
«bal du muguet» était réservé aux jeunes, et leurs parents n'avaient pas le droit de les accompagner. Le blanc, symbole de la pureté, était porté par toutes les filles. Les garçons, quant à eux, avaient un brin de muguet piqué à leur boutonnière10. 
 
Fête du travail et brin de muguet

 
"Pour la mentalité moderne, cette fête [du 1er mai] conserve en partie le mythe de la régénération et de l'amélioration du bien-être collectif, mythe commun à toutes les sociétés traditionalistes."
11


Le 1er mai 1886, une grève en faveur de la journée de travail à 8 heures est observée à Chicago
et donne lieu à une grande manifestation ouvrière, deux jours plus tard, qui est durement réprimée par la police. C'est à partir de cette épreuve de force devenue emblème de la répression étatique pour les anarchistes que le 1er mai est né. En 1889, la 2e Internationale Socialiste, réunie en France  pour célébrer le centenaire de la révolution, décide de faire du 1er mai jour d'action ouvrière internationale.12


Toujours à Paris, en 1890 le 1er mai ouvrier français est marqué par le port d'un triangle rouge à la boutonnière. Quelques ans plus tard, le triangle est remplacé par la fleur d'églantine. Puis à partir de 1907 celle-ci est remplacée par le brin de muguet.13
 
.


William Garcin, violon & Pascal Perrier, piano



Ahmed Amri
30.04.2016




 



=== Notes ===

1- Traduit par moi-même:
عبــقـت زنبقة الوادي     وقد أهدت سلاما
فأضــاء الطـيـب     إذ حملته منك ابتساما

Source: adab.com


2- Piquer une romance, piquer un chien, piquer son chien, piquer sa plaque: dormir (argot).
Voir: - Dictionnaire Argot-Français & Français-Argot, Par Georges Delesalle, Paris, 1896, p.218
- Dictionnaire de la langue verte par Alfred Delvau, Paris, 1867, p.375





3-
Muguet, mugueter, muguetterie, mugot, musqué, mugade, mugate, muscat, muguette, muscade, muscadelle, muscadette (pâtisserie), muscadier, muscadin, muscardin, muscardine, muscari, muscarine, muscat, muscone et Muscadet (nom de vin) -et j'en oublie sûrement d'autres, dérivent tous de la racine arabe trilitère «m s k  م س ك».  Et c'est grâce à la puissance de tir dans le souffle d'Apollon que ces mots ont acquis droit de cité dans le fond gréco-latin !

4- Rose, satyre, sarriette, anémone, crocus (curcuma), safran), nénuphar, pour ne citer que ces noms de plantes, ont été tous affublés de mythes grecs.


5- Les Hézami (en arabe الحَزِمْ) qui composent l'une des souches-mères de la population gabésienne étaient réputés autrefois par le vol des ânes. Sitôt dérobé, l'âne changeait de robe. De noir il pouvait devenir alezan, ou vice versa, grâce à l'art achevé des Maîtres teinturiers ! Et ainsi tripoté, il se revendait sans problème au souk, le lendemain. Il n'était pas rare que l'acquéreur d'une bourrique fraichement maquignonnée rachetât la même perdue par lui la veille.

6- Le roman de
Jeanne Bourin adapté en feuilleton télévisuel en 1983, mérite un détour pour l'éclairage de cette expression:  La Chambre des dames, La Table Ronde, 1979.


7-  Il ne sera pas indécent de rappeler ici d'où vient au juste le musc: d'une glande à l'abdomen du chevrotain, ou cerf porte-musc mâle,  qui se développe au moment du rut.
Pour en savoir plus, voir:

Œuvres complètes de Buffon, volume 9, Bruxelles, 1830, p.205/206

8- En 1655, parait à Lyon un ouvrage de morale et de piété traitées en vers burlesques, et le thème y trouve sa place à travers un octosyllabe dont l'extrait ci-dessous:

Toujours dans la muguetterie,
Piaffer, et rire, et sauter,
Se divertir, se contenter;
Être toujours mieux ajustée,
Pour être la mieux muguetée,
User de poudre de senteurs,
Se faire des Adorateurs;
Se regarder dans une glace,
Au carrosse avoir toujours place
Pour s'en aller au promenoir
A des galants se faire voir,
Toujours belle et toujours riante,
Toujours leste, et toujours fringante,
C'est à quoi vous avez pensé,
Pendant le temps qui s'est passé...


Le Faut-mourir, et les excuses inutiles qu'on apporte à cette nécessité, Lyon, 1707, p. 18, par Jacques Jacques.L'auteur, selon une réédition préfacée par Claudine Nédélec,  est un apothicaire devenu chanoine, natif et résident d'Embrun

9- Voir René Nelli, qui a beaucoup travaillé sur le thème de l'amour courtois dans le cadre de l’Occitanie médiévale, et évoqué le libre courtisement dans son livre Le Languedoc et le Comté de Foix, le Roussillon, Gallimard, 1958

10- Le Muguet de la chance au premier mai sur marieetsonmonde.canalblog.com


11- Traité d'histoire des religions, Mircea Eliade, Payot, 1996, p.264, cité in Les Runes: écriture sacrée en Terre du Milieu, Par Julie Conton, Mémoires du Monde, 2012, p. 365

12- L’Intégrale - L'histoire du 1er mai sur Europe1.



13- Ibid.





Au même sujet sur ce blog:

De deux mots il faut choisir le moindre
 
Mythémologie: hanche et racines arabes à la pelle

 في كلام منسوب للذكتورة نوال السعداوي

Le français en couleurs arabes





lundi 18 avril 2016

Ahmed Laghmani: l'inaltérable coeur sur une lèvre

Il a connu la gloire, les honneurs, les hautes fonctions, la récompense du mérite. Puis le vent a tourné. 

Ahmed Laghmani
Durant 24 ans, pour avoir été l'indéfectible ami de Bourguiba, il a éprouvé ce que les ci-devant en France avaient subi au lendemain de la Révolution de 1789. Il avait un café à Tunis, on lui en a confisqué la patente. Ne pouvant le rouvrir, il fut contraint de le vendre. A moitié prix1. Il avait un manuscrit2 en attente de permis de publication, on lui a refusé le permis. Et ses écrits, sa poésie, son nom, autrefois incontournables dans les pages culturelles des quotidiens, et dans les revues littéraires, sont devenus du jour au lendemain tabous, blasphèmes. 

Il était manifeste que le dictateur voulait sa mort. A défaut de le voir, délié de ses vieilles attaches, repenti de son bourguibisme inconditionnel, en commerce avec lui. Car derrière cette hargne, outre la fin de non recevoir opposée à Carthage qui, à travers son ministre de la culture, téléphonait, invitait, sollicitait les faveurs du poète3, un pamphlet, et marquant le début des années de braise4, contre Zin al-Arab5. Zin al-Arab qui voulait faire du Zarati6 le chantre du 7 Novembre, et «l’ingrat Zarati» crachait sur la main providentielle. Un autre à sa place, au premier clin d’œil gracieux de Ben Ali, aurait fait exploser de youyous sa gorge. Avant d'accourir baiser, avec la plus extrême dévotion, la main et les bottes de la grâce. Lui, il a tout simplement dit non. Sans même juger nécessaire de dire cela avec courtoisie. Et comble du kufr, il osait attaquer par une satire mordante Zin al-Arab! Carthage n'a rien ménagé pour lui faire regretter un tel affront. Mais c'était méconnaître la trempe du poète. Et l'indéfectible lien qui l'attachait à Bourguiba et le faisait mépriser si fort Ben Ali. Bourguiba l'ami, le frère ainé, le « ci-devant n°1» qui fut un monument, enfermé dans sa villa-prison de Monastir, injurié par l'un de ses anciens laquais, et avec la bénédiction de tant et tant de félons. 

Mokhtar Laghmani
Le poète n'était ni de la race prostituable ni des plumes achetables. A ce propos, beaucoup de Tunisiens de la vieille génération se sont longtemps mépris sur son compte. Et quoique lui reconnaissant la force du vers classique, la verve étourdissante, l'esthétique irréprochable, ils lui en voulaient d'avoir été le tribun immodéré du bourguibisme. Même son neveu Mokhtar, pourtant sorti de l'école "Houat Al-Adab"7, ne l'a pas ménagé là-dessus8. Toutefois Mokhtar savait, en poète engagé d'abord, en professeur d'arabe9 autant qu'en littérateur averti, que « l'âme damnée» de son  « Étoile polaire »10 n'était pas un vulgaire thuriféraire du pouvoir. Il savait que son oncle était à Bourguiba, toutes proportions gardées, ce que furent H̩assan ibn T̠habit au Prophète, Al-Moutanabbi à Seif-addaoulat, Aimé Césaire à Senghor, Pablo Neruda à Allende. Entre autres. S'il avait chanté, en toute occasion, les luttes et les mérites du Combattant-Suprême, c'était non par arrivisme, non par khobzisme comme diraient les Tunisiens, mais il l'a fait en militant sincère et convaincu, en bourguibiste engagé. Et chaque vers, chaque syllabe, chaque lettre dédiée à son ami sortaient droit de son  cœur.  Un cœur sur une lèvre11, comme le dit si bien le titre de son premier recueil de poésie. Mokhtar, politiquement d'une tout autre couleur, savait cela. Et si la politique, l'idéologie, l'âge, les formes d'écriture, séparaient nettement leurs poésies respectives, le cadet n'a jamais désavoué le sang. L'oncle non plus, d'ailleurs, qui a pleuré son petit neveu parti à la fleur de l'âge, à travers un poème ayant pour titre «Atroce ! le crépuscule des croissants». 
  
le croissant s'est évanoui 
à peine émergé de la masse noire
pour annoncer la nouvelle lunaison
l'éphémère avait respiré
et ce fut un parfum étincelant
une lumière qui embaume
et un flambeau à l’horizon12

 
 Son amitié avec le premier président de la Tunisie indépendante fut la conséquence d'un coup de cœur bourguibien pour l'un de ses poèmes, entendu à la radio13. Apparemment, il s'agirait de l'un des premiers poèmes dédiés à sa terre natale Zarat14.  Grand mordu de poésie, Bourguiba a demandé aussitôt à voir l'auteur. Et dès la première rencontre, une amitié sans fin va unir les deux personnages, que les années-mêmes de l'infortune commune n'ont pu que fortifier. Dans sa villa-prison, le président déchu n'avait droit qu'à de rares visites. Même la correspondance avec ses proches et ses amis lui était interdite. Et le poète figurait en tête de la liste rouge. Bourguiba avait beau crier, beau écrire au procureur de Monastir, demandant à être sorti de sa geôle ou jugé, jugé pour donner quelque sens à l'absurde de sa condition, ses requêtes sont restées lettres mortes.

Le 6 avril 2000, la mort a daigné accorder au prisonnier de sa villa la délivrance. La télévision
nationale qui a consacré à la nouvelle un flash d'à peine deux minutes a poursuivi ses émissions ordinaires comme si de rien n'était. Et les Tunisiens, médusés, n'imaginaient pas encore ce que leur réservait le lendemain, jour d'enterrement. Alors que de nombreux chefs d’États étrangers étaient venus pour rendre un dernier hommage à Bourguiba, que des millions de citoyens s'étaient rivés de bon matin à leurs télés pour suivre les funérailles, la télévision, elle, jugea plus sensé d'honorer le mort en rappelant aux vivants les acquis du 7 Novembre. Poussant jusqu'au bout son cynisme, Ben Ali avait donné l'ordre de ne pas transmettre les obsèques de Bourguiba.

Le poète, alors âgé  de 88 ans, n'a pas pleuré depuis bien des années. Ce jour-là, à la faveur de cette dernière injure à Bourguiba il a retrouvé sa fraîcheur émotionnelle. Pleurant l'ami, le frère aîné, certes, mais bien plus de l'oppression qui ne pouvait plus se faire comprimer. Comment pouvait-on gratifier ainsi Si Lahbib
15: celui qui a tout donné à la Tunisie, les plus belles années de sa jeunesse, 25 ans entre prisons internes et externes, déportations et exils16, celui qui a sillonné l'Orient et l'Occident pour plaider la cause de son pays, celui qui a fini par obtenir gain de cause  et, devenu président, tablant sur l'enseignement comme atout majeur du développement, a fait de la Tunisie un pays moderne ? Comment priver dans son cercueil un tel homme de l'ultime honneur, certes, symbolique, mais inscrit comme devoir national dans les protocoles de tous les États ?Un tel coup lâche de Ben Ali, le poète en fut marqué pour la vie. Sans compter que les derniers vœux du défunt, l'oraison funèbre dont il a confié la charge depuis de longues années à son ami le poète, n'ont pas été exaucés.

Le 7 avril 2000, Ahmed Laghmani ne fut même pas autorisé à assister à l'enterrement de son ami. Ce qui ne l'a pas empêché de s'acquitter comme il se doit de la charge qui lui a été dévolue.

Seigneur tu fus, Seigneur tu resteras
le peuple a oublié ou feint l'oubli
à quoi bon les griefs ou les rappels
mais où sont les acclamations
en tout lieu retentissantes ?
où sont, tonitruants, les vivats ?
où sont "nous te sommes hosties
à toi notre sang et notre vie" ?
où sont les timbaliers et leurs timbales
les hautbois et leurs chalemies ?
17

E
n janvier 2014, les Tunisiens ont chassé Ben Ali. Quoique marqué par la maladie d'Alzheimer, quand il a appris cela, Ahmed Laghmani a eu les yeux illuminés d'un vif éclat. Pour la jeunesse qui a réalisé l'exploit, il a ressenti un immense bonheur18. Quant aux torts subis à titre personnel et familial, cela faisait un bon bout de temps que, la maladie aidant, il n'y pensait plus.

Le 19 avril 2015, après un long combat contre la maladie, Ahmed Laghmani s'est éteint à
l'âge de 92 ans. Dans la sérénité, au milieu de ses 5 enfants et sa femme, dans sa maison à Cité Annasr (Tunis). Il a été inhumé le lendemain dans sa terre natale, Zarat, à côté de son neveu Mokhtar Laghmani

Le cimetière où les deux poètes reposent est à mi-chemin entre la belle plage de la ville et sa non moins belle oasis. Écoutons ce que dit de cette belle amante son achoug

Oh, m'amie ! ma douce oasis ! quel picaro j'étais !
Je soupirais, étourdi, après des chimères
J'ai musé des années tissant mes illusions
Pour en faire une belle burda pas à ma taille
J'ai battu les chemins, scruté les horizons
Sollicitant un sein comme le tien qui m'abreuve
Mais nulle part, jamais, à l'étau de tes bras
Je n'ai trouvé d'égal et d'aussi chaud, jamais
Ni palmier qui émousse comme le tien la canicule
Ni eau de roche plus limpide que ta source
Ni d'autre bouclier contre l'adversité
Comme la fratrie nourrie à ton lait de palme
19


Né à Zarat (autrefois village mais ville aujourd'hui) le 31 mars
A.Laghmani dans sa jeunesse
1923, diplômé de l’École normale en 1946, après avoir été inspecteur d'enseignement primaire, il est nommé directeur de la radio tunisienne (RTT). Il a animé durant plusieurs années une émission destinée à soutenir les auteurs en herbe: Houat Al-Adab. Il a exercé plusieurs fonctions en parallèle: chargé de mission auprès de l'ALECSO, membre de l'Académie Bayt Al-Hikma (Maison de Sagesse), membre d'honneur de l'Association culturelle Fès-Saïss



Ahmed Amri
18.04.2016



=== Notes === 

1- في بيت الشاعر الكبير أحمد اللغماني - Achourouk du 11.03.2011

2- Ibid. Le manuscrit a pour titre عواصف الخريف Tempêtes d'automne.

3- Ibid.

4- Écrit en 1991, le poème يا نازح الدار [Ô toi le transmigré] a bénéficié d'une large diffusion sur les campus universitaires surtout, la censure qui frappait le poète ne permettant pas sa publication par les médias écrits. 

5- En arabe زين العرب , littéralement  "Beauté des Arabes", surnom donné par Yasser Arafat à Zine el-Abidine Ben Ali.

6- Gentilé des habitants de Zarat dont Laghmani est natif.

7- هواة الأدب , littéralement "Amateurs de littérature" était une émission de radio hebdomadaire dédiée aux auteurs en herbe, que Ahmed Laghmani a co-animée
tour à tour avec Mokhtar Hchicha, Adel Youssef et Abdelaziz Kacem.

8- Dans son poème Hafryaton fi jassedin arabi حفريات في جسد عربي (Fouilles dans un corps arabe), on devine à qui s'adresse au juste le jeune poète quand il écrit:
"كلماتك حمرا" قال
فما لـَوْنُ دمي؟
"Tes mots, dit-il, sont rouges !"
Mais quelle est la couleur de mon sang ?



9- De la vie qu'il a traversée vie en météorite, Mokhtar n'a pu donner à l’enseignent que deux mois, hélas.

10- Ya najmna attalîî يا نجمنا الطالع , littéralement Ô notre étoile ascendante, titre d'un poème dédié à Bourguiba, mis en musique par Chedhli Anouar et chanté par Naâma.

11- En arabe: قلب على شفة، تونس -الدار التونسية , 1966. STD, Tunis, 1966.

12- Le poème hommage a été publié dans Assabah du 20 janvier 1977.
 فظيع أفول الأهلّة
توارى الهلال ولم يتبرّج سوى بعض ليله
على مطلع شفقيّ البساط
تنفست اللمحات المطلّة...
فكانت عبيرا مشعّ
وكانت ضياء يضوع
وكانت على الأفق شعلة


Source: http://almoktar1963.blogspot.com; page


13- في بيت الشاعر الكبير أحمد اللغماني - Achourouk du 11.03.2011.

14- Le poème en question serait le classique (pour rappel, l'un des sens premiers de ce mot veut dire "s'enseigne en classe") figurant depuis les années 1960 dans nos manuels scolaires: Deux palmiers (جذعان). Il m'a été impossible de vérifier cette information que je tiens de l'un des neveux du poète. En tout cas, c'est soit cette merveille de facture qui a été traduite en 1999 par Jean Fontaine (Histoire de la littérature tunisienne [tome III, p.40/41], Cérès, 1999), soit sa sœur, de même veine:
«زاراتُ» إني قد أتيتُكِ ذاكرًا عهد الصبا , Zarat, je suis venu à toi, évoquant ma prime jeunesse, datant elle aussi de la même époque.

15- Si, en arabe سي , est l'abréviation de sayed سيد (monsieur, seigneur) qui a donné "Cid" en espagnol et en français (Le Cid de Corneille), séide aussi, quoique le sens français ait été "corrompu" par Voltaire, ici titre d'un recueil dédié à Habib Bourguiba.

16- Bourguiba a été emprisonné au pénitencier de Téboursouk,  puis au Fort Saint-Nicolas de Marseille, ensuite à la prison Montluc à Lyon, enfin au  Fort de Vancia  dans le département du Rhône. Il a été déporté également au Sud tunisien (3 ans à  Bordj le Bœuf), puis à Tabarka, à La Galite et à l’île de Groix.

17- Extrait reconstitué à partir du texte oralisé dans l'émission de télé اليوم الثامن  Al-Yawm atthamen [littéralement, Le 8e jour] sur Al-Hiwar Attounsi TV.





18- في بيت الشاعر الكبير أحمد اللغماني - Achourouk du 11.03.2011.
 
19- Le poème intégral dans sa version arabe et traduite sur ce blog.



 


Sur ce blog, voir aussi:

L'étreinte de l'oasis de Ahmed Laghmani (traduction)
Les puiseuses d'eau de Ahmed Laghmani (traduction)

Okamoto - Mokhtar Loghmani (Traduction)



dimanche 17 avril 2016

L'étreinte de l'oasis - Ahmed Laghmani



Le désir souverain à ton sein m'a rendu
Si ta gorge autorise l'étau, étreins-moi
Au gré d'un mektoub cruel, longtemps j'ai erré
A toi enfin je me rends, serais-je éconduit

Novice et suffisant, jadis je t'ai quittée
Sillonnant la terre en coureur de guilledou
Depuis ce matin lointain où je suis parti
Comme un passereau débuché de ton sous-bois
J'ai vécu en étranger errant que les nuits
Ni les jours légers ne lui rappelaient ta voix




















Oh, m'amie ! ma douce oasis ! quel picaro j'étais !
Je soupirais, étourdi, après des chimères
J'ai musé des années tissant mes illusions
Pour en faire une belle burda pas à ma taille
J'ai battu les chemins, scruté les horizons
Sollicitant un sein comme le tien qui m'abreuve
Mais nulle part, jamais, à l'étau de tes bras
Je n'ai trouvé d'égal et d'aussi chaud, jamais
Ni palmier qui émousse comme le tien la canicule
Ni eau de roche plus limpide que ta source
Ni d'autre bouclier contre l'adversité
Comme la fratrie nourrie à ton lait de palme




Ahmed Laghmani
Traduit par Ahmed Amri
17.04.2016 



Sur ce blog, voir aussi:

Ahmed Laghmani: l'inaltérable cœur sur une lèvre (article)

Les puiseuses d'eau de Ahmed Laghmani (traduction)

Okamoto - Mokhtar Laghmani (Traduction) 

 

 

 

 

jeudi 14 avril 2016

في كلام منسوب للذكتورة نوال السعداوي

ثتبيه: "الدكتورة الإفتراضية" ليس المقصود بها السيدة نوال السعداوي التي نكن لها كل المحبة والتقدير وهي تاج على رأس كل القوى التقدمية في الوطن العربي، وإنما المقصود بهذه العبارة أصحاب "المتجر" الذين يستغلون اسمها لتمرير الجهل. والمقصود بالجهل هو الخطاب المبطن بمغالطات خطيرة، وليس محاربة الفكر المتزمت في ذاته. 

هل يتوجب على العربي ان يجلد ذاته كلما دعا داع لجلد الجهل ؟

المسند الضعيف
سؤال  خـمًـر ذهني طويلا مذ
خامرني بعد أن قرأت «
مسندا» فايسبوكيا للدكتورة نوال السعداوي.. ومع قناعتي بأن هذه «الباروديا» منسوبة للكاتبة وغيرصحيحة، ليس بوسعي ألاّ أهتم بما تحويه من تضمين يسيئ للحقيقة أولا وللدكتورة ثانيا وللقارىء «البريء» الذي يستهويه خطاب نضالي لونه واضح للوهلة الأولى، لكن تشوبه تمريرات "عدمية" لا يقل خطرها على فكرالمتزمتين الذي يراد نقده. المستشهدون بهذه المحاكاة الساخرة كثيرون، وهذا كافٍ للتدليل على مدى نجاح النص في اختراق الذهن النقدي.

«الباروديا» في شكلها تسخر من دعاء اسلامي اهترأ واهترأت معه آذاننا ورغم ذلك ما يزال حيا في منابر الأئمة وضمير رعايا الإئمة، اذ لا تكاد تخلو خطبة جمعة أو فاتحة على قبر ميت أو صفحة جهاد اسلامي من نفحات "دمر أعداء الدين"، ومن المفارقات المضحكة والمبكية في نفس الوقت أن الرعايا  لم تر من أثر لهذا الدعاء الأزلي غير الدمار الذي يلحق بها وبالدين على حد السواء.. لدرجة أن الكثير منا، وليسوا بالضرورة ملاحدة، قاطعوا منذ دهر تزكية الدعاء.. لا آمين ولا هم يحزنون، عسى الله يغير ما بقوم .. حتى وإن لم يغير رعاة القطيع ما بهم..

دكتورتي الإفتراضية

جهل الجاهل لا يبيح لمن يدعي أفضلية عليه أن يجاريه في العمى أو يزيد عليه.  فالجهل الذي « يذبح بعضه البعض» في جزء كبير منه تتحمله أقلام تذبح الشعوب بِرُمٌتِها حين تسيئ تربيتها وتغرس فيها ما تحلم أطراف عدة بجني ثماره، لأن أكبر هزيمة يراد للعربي أن تلحق به هي هزيمة عقله، نفي وعيه، إذلاله من خلال العُقَد التي تصوره ذرة في كون ربه الأول والآخر هو الغرب.. 

في أظلم صفحات تاريخنا،  لا بأس، دكتورتي الإفتراضية، أن نعطي لكل ذي حق حقه، غربا وشرقا، شمالا وجنوبا، دون التفريط ولو بذرة فيما هو منا ولنا. 


من بلاد الرافدين

بطارية بغداد، القرن الثالث ق.م
مخترع الكهرباء الأول ليس يهوديا ولا نصرانيا ولا بغريب عن العرب.. هو أحد أبناء بلاد الرافدين، أرض العراق وسوريا اليوم، وبطارية بغداد1 التي تم اكتشافها سنة 1936 والتي تعود لثلاثة قرون قبل الميلاد،  شهادة براعة في هذا السياق لا يجوز طمسها بأي مبرّر.ولئن نال اسما  فولتا [Volta] وقولفاني [Golvani] شرف التخليد، فمن حقنا أن نقول بأن البراعة مسجلة في تراثنا 2000 عام قبل تسجيلها في الغرب.

فضلا عن هذا، هناك فرضيات تعيد ميلاد الكهرباء لــ4000 سنة خلت، طرحها علماء المصريات  الذين يستندون على مؤشرات تفيد بأن الفراعنة كانوا أول من صنع واستعمل المصباح الكهربائي2.ومجرد طرح فرضيات من هذا القبيل (صحت أم لا، مسألة أخرى) يحتم علينا إعادة قراءة التاريخ ومراجعة الكثير من دغمائياته.

 الكترون جذر عربي
الكترون اليونانية مشتقة من الجذر العربي علك


للعلم، دكتورتي الإفتراضية، كلمة "إلكترون" اليونانية ومشتقاتها في اللاتينية والفرنسية والأتجليزية، وهي على التوالي: ēlectricus ،électricité، electricity ومرادفاتها في اللغات الأخرى مشتقة من كلمة "عِلْك" العربية. 


ولو خامرك شك في كلامي، اسألي عالم الفيزياء الدانماركي كريستيان غوتليب كراتزنشتاين3 (1723-1795) أومؤرخ الفيزياء الألماني يوهان كريستيان بوجندورف4(1797-1877) أو الكاتب الفرنسي ألكسندر ثيس5(1765-1842). 


كهربا العنبر


للعلم، "كهربا" carabé العربية من أصل فارسي غزت كل اللغات الرومانيقية منذ قرون طويلة، وأقدم لغات أروبا تبنتها منذ ما يقرب عن الألفي عام.  أما المعنى الأول لـ"كهربا" فهو العنبرالأصفر.. وقد عرف العرب "الكهربا"، مادة وخصائص فيزياية، قبل مجيء الإسلام،  والأهم من هذا كله: عن طريق عنبر العرب اكتشف الغرب الكهرباء. 

للعلم، قبل ويليام جلبار بما يقرب من 400 عام، تحدث
أبو عبد الله بن زكريا القزويني عن الموجات الكهرومغناطيسية لـ"لكهربا"، أي العنبر الأصفر، وكتابه  "عجائب المخلوقات و غرائب الموجودات" شاهد على هذا السبق، بل وقبل القزويني أكثر من عربي تحدث في هذا المجال، بشهادة سِلفستر دي ساسي 6(1758 - 1838)..

العرب والخصائص الكهرومغناطيسية للكهربا


للعلم، لما بدأ إنتاج الكهرباء في فرنسا، تردد الفيزيائيون كثيرا قبل تسمية الطاقة الجديدة بالكلمة المشتقة من علك.. وكانت النية تتجه أولا لتسميتها "عنبرية" «ambricite » أو "عنيبرية" « ambreite »7 .



الكهربا والكهرباء في طب العرب
للعلم، ابن سينا والرازي وابن البيطار وغيرهم من الأطباء العرب كانوا يستعملون أدوية مشتقة من مادة الكهربا، كشراب لعلاج السعال أو زيت لمسد التوعكات الجلدية. 

للعلم أول من استعمل الصعقات الكهربائية في مجال العلاج هو الطبيب التونسي محمد الصقلي8، وكان ذلك في القرن الخامس عشر، إذ كان الرائد فيما يسمى اليوم بالتخليج الكهربائي أو العلاج بالصدمة الكهربائية وعلم الأعصاب: [
électroconvulsivothérapieneurosciences ].. ولسائل أن يسأل: كيف يعالج الصقلي مرضاه  بالكهرباء، وقد عاش في القرن الخامس عشر؟ كان الصقلي يستعمل أسماك الرعاد، وهي أسماك معروفة في تونس منذ قديم الزمان وفق ما تشهد به فسيفساء متحف باردو9، وفي مصر أيضا منذ عهد الفراعنة، ولهذه الأسماك قدرةعلى إصدار شحنة كهربائية تتراوح قوتها بين 60 و 230 فولت10 حسب الأنواع.

المحرك المتردد: لو ندري


 لا تعليق لي، دكتورتي الإفتراضية، بخصوص السيارة والطائرة، عدى ما يقوله كاتبان
صاروخ توربيدي من صنع حسن الرماح
غربيان، ابدأ بأولهما وهوالموسوعة11 أندريه جورج هودريكور(1911-1996) الذي يؤكد حقيقة علمية مفادها: "أن السلاح الناري هو أول محرك متردد"12. وهذا المحرك المتردد، سيدتي الإفتراضية، أنجزه أحد أبناء سوريا منذ ما يزيد عن الستة قرون.
قبل أن أذكرك بصاحب البراعة أسوق لك شهادة الكاتب الثاني وهي الألمانية زيغريد هونكه بخصوص الطائرة والصاروخ: " في حين أننا نشهد اليوم بإعجاب التقدم المذهل للتقنية الحديثة بخصوص الصواريخ،  نكاد لا نفكر فيمن ندين له بهذه المخترعات ، بل أننا نتصور أنفسنا نحن الغربيين  وراء ذلك الإنجاز...لكن الثابت أن العرب منذ النصف الثاني للقرن الثالث عشر كانوا قادرين على استعمال البارود كقوة دافعة للصواريخ"13.

الصاروخ: غربي أم عربي ؟

للعلم، دكتورتي الإفتراضية، أول من صنع الصاروخ والطوربيدات والأسلحة الحربية
النارية  والمحرك المتردد هو السوري حسن الرماح في القرن الرابع عشر، وقد اعتمد الغرب كتبه ورسوماته وصيغه الفيزيائية لاستيراد هذه الإختراعات وتطويرها والوصول بها للتفوق المدني والعسكري أولا ثم لغزو الفضاء لاحقا.. وبخصوص الروبوت والميكانيك والماكينة وحتى الحاسوب، ما عليك إلا أن تلقي نظرة على الفيديوهات أسفله لتعرفي أن كل ما يبهرنا من إنجازات تنسب للغرب بنيت على النماذج الأولية التي وضعها العرب والمسلمون عامة، منذ ألف عام أو يزيد.

علينا أن نقول هذا، سيدتي الإفتراضية، للجيل الذي يحترق في بوزيد وليبيا وسوريا والجيزة وصنعاء وبغداد، أو يموت غرقا بين ضفاف المتوسط، أو كمدا في سوق البطالة، أو نقمة على أمة يتصور أنها لم تلد غير الأصفار، حتى لا نكرس في الخلف روح الإنهزامية التي كبلنا بها، نحن والأجيال السابقة، من استعمرنا وأذلنا وجعلنا ننسب كل إنجاز حضاري له، وننسى أن أول قلم أمسكته أروبا جاءها من قدموس [Cadmos]، قدموس المشتق اسمه من "قِدَم"، ابن لبنان اليوم وأحد أجداد حنبعل وماغون.. وننسى أن ثلثي الأبجدية اليونانية وما اشتق منها لغيرها من اللغات جاء من السامية، حتى لا نقول من العربية.. وليس أدل على عراقة الدَّيْن الغربي هذا من الآلاف المؤلفة من الكلمات والأسماء العربية والفنيقية في معاجم الغرب، قديمها وحديثها.

طبيب الطب  وباعث النهضة
في الغرب

أنت طبيبة افتراضية، سيدتي الإفتراضية، وعلى هذا الأساس لا أشك أنك تجهلين من كان وراء انتشار العلوم الطبية في الغرب وحركة الترجمة وفتح الجامعات.. لا أتصورك بحاجة لتسألي الغرب وجامعة كولمبيا التي درست بها الذكتورة نوال السعداوي عن الطبيب التونسي الذي طُمِسَ اسمه العربي وكل ما يمت بصلة لأصله ودينه وثقافته، والمعروف بقسطنطين الإفريقي.. اسألي
ساليرنو الإيطالية التي اشتهرت بفضله ولمدة تزيد عن الأربعة قرون باسم "مدينة ابقراط".. وأبقراط المعني بالتشربف هنا هو الطبيب العربي الذي ضخ في عروق الغرب دماء النهضة مستمدة من علوم العرب والمسلمين، من جامعتي الزيتونة والقيروان، قبل أن يموت في منفاه ويدفن سره معه.

علينا الا نطمس هذه الحقائق، سيدتي الإفتراضية، بكلام ظاهره نضال تقدمي وباطنه جلد لنا جميعا، تاريخا ووجودا.. علمي احفادك كيف يرفعون رأسهم لأن الهزيمة  لا تقهر برأس منحن، وحين يعي النشء من أين خرج سيعرف أين يمضي..
علمي احفادك كيف يرفعون رأسهم في أحلك فترات التاريخ، دون غرور ودون تعصب، لكن بما فيه الكفاية لرؤية الشمس، وسترين الظلام قد ولى وأدبر..



انطق: أقول لك من علمك
ما يقرب من 8000 كلمة من أصل عربي في الفرنسية وحدها14.. رقم كفيل لوحده بقلب العقدة لو كنا إيجابيين، لا بل موضوعيين فقط.. أنت طبيبة نفس افتراضية، دكتورتي الإفتراضية، قبل أن تكوني كاتبة افتراضية ومفكرة افتراضية.. هل بالجلد يعالج مرضى النفس؟

ستر العورة: لو ندري

عينات من أسماء الملابس في اللغات الرومانيقية من أصل عربي

بخصوص الأقمشة والثياب وستر العورة، افتحي القواميس الغربية وسترين حقيقة من ستر عورة من..

ابدئي بالمواد الأولية للقماش: كالقنب والقطن وانتهي بالثوب كالجيب والقميص والكرفتة دون أن تنسي الوقوف عند بعض الأقمشة كالموسلين والساتان والموهير.. كما لا تنسي ما يقرب من 80 اسما للألوان15، أربعة منها توجت للسنة الربعة على التوالي بلقب "لون السنة" : الزمردي سنة 2013 وراديان16 سنة 2014، ومرسى الله سنة 2015، والوردي17 كجزء من اللون المنتقى للسنة الحالية 2016...


من القدمين للرقبة: الكساء عربي
الصباط والمشرقي والصندل والغدامسي

 لو سألنا مدرسا عن الصباط لقال ما يمكن قوله في البنان.. كلاهما لفظ سوقة.. لكن لو عدنا للجذر "ص ب ط" فسنجد أن الصباط عربي لا غبار عليه، تماما مثل البنان الذي يتصوره أغلب الناس مستوردا كلمة وثمرة، والحال أنه التسمية العربية الأولى للموز، مستعارة من اسم الأصابع: بِنَان .. "الصّبْطُ" لغة هو طَوْلُ الدابة (بالتونسي طوال أو تطويل)، أي ربطها بحبل في مرعى حتى تستطيع السعي وراء الكلأ دون القدرة على تجاوز الفضاء المحدد لذلك. ويجوز تحريك الكلمة فتصبح "صباطا" وفق الخارْزَنْجِيّ . ولأن الحذاء هو طَوْلُ الإنسان، ينتعل ليسعى لرزق أو تسوق أو سفر، يصبح ما كنا نتصوره مجرد لغة دارجة عربية ولا أقح منها.
عن صباط المغاربة انتقلت الكلمة
للرومانيقية في شكلها الأول: savate ، بحيث أن الجذر العربي لم يطرأ عليه سوى تغيير طفيف استبدلت الباء بمقتضاه بالفاء المثلثة ومن هذه الكلمة او مباشرة من "صباط" اشتقت sabot.
فيما تعنيه كلمة "البرودكان" يقول الكاتب الإسباني
جاسينتو ماريا دلغادو في رواية نشرت له سنة 1786 ما يلي: "كلمة عربية تعني كل حذاء يستعمل للسفر"18. ويبدو أن الكلمة مرت بعديد التحولات وقد تكون في الأصل "مشرقي".
الصندل معروف ولا يحتاج أن نقف عنده لكن "الغدامسي" (فخر أبناء غدامس في ليبيا الشقيقة) يحتاج لقليل من التوضيح. هو جلد مصنوع في غدامس اشتقت منه الفرنسية كلمتين gamache ومعناها مرادف لــ guêtre : غطاء يوضع على الساقين يلبسه الفارس أو الرياضي. أما الكلمة الثانية فسأعود اليها لاحقا.


الكرفتة.. والعياذ بالله

من حين لآخر، تطالعنا فتوى تحرم التشبه بالكافرفي لباسه وتنادي بلعنه ليوم الدين. في حين أن المتشبه بالآخر في واقع الأمر، واللغة خير شاهد، هو ما يسميه شيوخ الظلمة والعُقَد « كافر»..
الكرفتة على سبيل المثال من المغضوب عليهم لان شكلها صليبي. وقد استغنى عنها رئيسنا السابق المنصف المرزوقي تقربا من الإخوان
وزلفى .. وفاته أن من بين الإخوان جيش وصل للكرسي على صليب الكرفتة. لو فقه شيوخ الظلمة والمرزوقي لغة العرب لما تجنوا على لباس هو منا ومن رقبتنا وله في التاريخ صولات وجولات..ربطة العنق معروفة منذ قديم الزمان في البلدان العربية ولئن اختلفت تسميتها مشرقا ومغربا.. ففي  بلاد الرافدين كانت تسمى الشد19 وورد ذكرها في كتاب ألف ليلة وليلة وفي مصر سميت العذبة20، ولأنها تشد على الرقبة في كل الحالات سميت ربقة.
تعرض لذكرها تحت مسمى العذبة أكثر من كاتب نذكر منهم الشيخ الإمام أبي عبدالله محمد بن أحمد ابن أياس الحنفي21 في كتاب نشق الأزهار في عجايب الأقطاروتقي الدين المقريزي  في تاريخ المماليك
و محمد بن عبد الجبار العتبي  في كتابه عن السلطان الغزنوي22، وتحت مسمى الربقة ما لا يقل عن 30 كاتب موثقين على موقع الوراق الإلكتروني.
انتقلت الربقة من العرب للأتراك ومن الأتراك لشرق أروبا وقيل أنها دخلت فرنسا عن طريق الكروات فسميت كرافات، لكن "الفاء المثلثة" تكذب أسطرة الجذر ونسبته للكروات لأن هذه الفاء موجودة بكل لغات أروبا. ولو حللنا التسمية الفرنسية لوجدنا الجذر العربي الثلاثي واضحا لا لبس عليه: من "رب ق" في العربية الى "ك رب" في الفرنسية، تم قلب الحروف  وفق ما يسمى بــ  aphérèse،
وتعويض القاف بالكاف ثم الباء بالفاء المثلثة كما حدث لـــ cravache المشتقة من قرباج (تركية) وللصباط الآنف ذكره حين تحول لـــ savate. 
 
من الرقبة للصدر فالأنقاء

للأنقاء قصة طويلة وبحث أطول تفاصيله على هذا الرابط: هي باختصار الكلمة الأم لــ"هانش" hanche الفرنسية وأخواتها في باقي اللغات.
إن لم تكف القائمة التالية لاقناع الدكتورة الأفتراضية بأن "ستر العورة" وغيرها من التضمينات المسربة في "الباروديا" أعلاه تحتاج لمراجعة، فيمكن طلب المزيد من أشقائنا في غدامس .. لردم الهوة..


, escarpin, gilet, jaquette, jupe, robejupon, jupette, macramé, pyjama, saroual, turban, cravate, madras, mohair, mousseline, moire, ottomane, satin, satanin, santanin, satallin, serge, soudanin, tabby, tabis, taffetas, tiretaine, coton, cotonnade, zarzahan, sarsani, bouracan, camelot, damas, damasquiné, moroquinerie, futaine, alépine, doliman et dolman, pelisse, savate, sandales,  babouche..gabardine.

أحمد العامري
14 افريل 2016




=== هوامش ====


1- انظر هنا أو هنا.

2- روابط خارجية: 1 - 2




3- انظريوهان كريستيان بوجندورف، تاريخ الفيزياء، دروس في جامعة برلين ، باريس 1883،ص.16،(للتحميل والتصفح، تابع الرابط) Johann Christian Poggendorff, Histoire de la Pysique, Cours faits à l'Université de Berlin, Paris 1883
الاسم اللاتيني للفيزيائي الدانماركي: Christian Gottlieb Kratzenstein

4- نفس المرجع

5- مسرد المصطلحات النياتية أو معجم جذورها اللغوية،Alexandre de Théis, Glossaire de botanique, ou, Dictionnaire étymologique, Paris, 1810 ، ص.276



6-  Chrestomathie arabe, tome 3, Silvestre de Sacy, Paris 1806, p.445


8- La psychiatrie en Tunisie : une discipline en devenir

 9- L'assistance psychiatrique en Tunisie, histoire, bilan et perspectives

 10- Torpedo sur Wikipédia

11- "موسوعة" قد لا تكفي لوصف الألسني وعالم النبات والجغرافي وعالم الأعراق ومديرالأبحاث في المركز الوطني للبحث العلمي والمهندس الفلاحي- انظر:  André-Georges Haudricourt par Jean-Claude Rivierre, ournal de la Société des océanistes Année 1996 Volume 103 Numéro 2 pp. 317-318



12- من الحركات للتقنيات، André-Georges Haudricourt, Des gestes aux techniques, ed° de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris, 2010، ص..45

 13- "شمس الله تسطع على الغرب"،Sigrid Hunke, Le Soleil d'Allah brille sur l'Occident, : notre héritage arabe [« Allahs Sonne über dem Abendland, unser arabisches Erbe »], Paris, Albin Michel, coll. « Espaces libres » (no 76),‎ , ، ص.35/34

14- الرقم منسوب لـروني نابا وليس فيه ما يفاجئ من لهم دراية بفقه اللغة المقارن. فالكاتب الجزائري عبدالرحمان بن عطية، على سبيل المثال، يذهب أبعد من هذا الرقم إذ يطرح فرضية انتساب كل اللغات الهندو الأوروبية للعربية كمصدر أول. انظر: Abderrahman Benatia, Arabes et Indo-Européens: les Indo-Européens parlaient-ils l'arabe, à l'origine? Houma, 2008

15- سأنشر لا حقا القائمة الكاملة على صفحات هذه المدنوة.

16- رادين مشتق من نفس الجذر الذي أعطى لليونانية rhódon  و wrodion أي ورد. انظر Mythémologie: hanche et racines arabes à la pelle, page 4, paragraphe: Le ward impérativement aryen

17- ورد هي الجذر الأصلي لـــ rose، انظر Mythémologie: hanche et racines arabes à la pelle, page 4, paragraphe: Le ward impérativement aryen

18- Jacinto  Maria Delgado, Suite de la vie de Sancho Pança, traduit par la Comtesse de Bassanville, Paris 1851 

19- Reinhart Dozy, Dictionnaire détaillé des noms del vêtements chez les arabes, Amesterdam, 1845, p.214

20- Aḥmad ibn Alī Maqrīzī, Histoire des sultans mamlouks, de l'Égypte, traduit par Etienne Quatremère, Paris, 1845, p.133/134

21- نفس المصدر


22- نفس المصدر

23- تراجع ليتري أو بالأصح شريكه دوزي في اعتبار "كوفية" مصدر الكلمة وبرر هذا التراجع بحداثة الكلمة  العربية لكن الجذر اللاتيني هو عبارة عن نقحرة لــ كوفية : cofia والكوفة ليست حديثة وبالتالي الجذر العربي لا جدال فيه سيما وأنه لا يوجد تفسير آخر لأصل الكلمة اللاتينية.

في نفس الموضوع على هذه المدونة:

Mythémologie: hanche et racines arabes à la pelle

 Un brin de muguet pour toi

Le français en couleurs arabes


De deux mots il faut choisir le moindre

صفحات من تاريخ نير


Et si on rendait à Al-Jazari ce qui lui revient?




Sciences enterrées de l'islam 1/6 علوم الإسلام الدفينة



Sciences enterrées de l'islam 2/6 علوم الإسلام الدفينة


Sciences enterrées de l'islam 3/6 علوم الإسلام الدفينة



Sciences enterrées de l'islam 4/6 علوم الإسلام الدفينة



Précurseurs méconnus de notre civilisation (Part 1/3)


 


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