dimanche 30 janvier 2011

شجرة الطغيان باقية مالم تجتث جذورها


لا معنى لمصطلح الثورة في تونس ولا في أي بلد مر بثورة ثبتت وذكرها التاريخ بدون إقصاء تام وجذري لكل ما له علاقة بالنظام البائد، وليس ثمة أخطر على ثورة تونس الوليدة من الإعتقاد بأن نظام بن علي قد زال بزوال رأس الأفعى. فشجرة الطغيان باقية مالم تجتث جذورها وأي مسار يتوخى الوقوف عند المناداة بالإصلاح مع الإبقاء على رموز الفساد وأجهزة الدكتاتورية المخلوعة هو في الواقع لا يتعدى عملية تقليم لشجرة الطغيان والتقليم في معناه المجازي كما في المعنى الأصلي للكلمة لن يوقف نمو الشجرة بقدر ما سيهيئ لها ظروف التجدد والتفرع بصفة أفضل.

وبالتالي على القوى الحية والواعية في تونس ألا تقع في فخ أنصاف الحلول لأن نظام بن علي في الساعة الراهنة وإن كان جريحا لم يمت بالمرة وسيبقى قادرا على استرجاع أنفاسه ومن ثمة نفوذه طالما لم يتلق طلقة الرحمة. وكل من عاين أحداث القصبة الأخيرة يعي خطورة الوضع الذي تعيشه الثورة، فجهاز القمع للنظام السابق مايزال يعربد مطلق اليدين وحزب التجمع الذي نادى الشعب بحله ما يزال ينشط ويجند زبانيته وميليشياته لضرب الأحرار و صد الثورة عن المسارالشعبي الذي يود إيصالها لشاطئ الأمان ، والإعلام الذي كان يطبل ويزمر لبن علي وحزبه بالأمس ما يزال يتبع منهج التعتيم والتضليل ليومنا هذا مطالبا الشعب الذي ثار ضد دكتاتورية الحديد والنار، بصريح العبارة تارة وبالتضمين طورا ، بأن يقبل دكتاتورية الهراوة والغاز الخانق ويقنع بالتالي بما تم إنجازه، وهو إن دل على شيء فلا أقل من وقوف أحهزة الدكتاتورية المخلوعة شكلا والباقية أصلا وراء المشروع الذي أعد له بن علي قبل هروبه: إبقاء النظام حيا حتى وأن اقتضت عملية إنقاذه اللجوء للمناورة والمغالطة التي نعاين أشكالها على جميع المستويات كالقبول بتهذيب السلطة جهازا وخطابا وتجميل واجهتها الدعائية برفع الشعارات الرنانة وتبني الخطاب الشعبوي و تكوين حكومة وقتية بها مؤشرات انفتاح وإصلاح، وهي إجراءات ما كان ليتم جزء منها في حد ذاته لولا ضغط الشارع، لكن الهدف من كل التنازلات التي قدمتها فلول النظام البائد لا يتعدى إخلاء الشارع بقصد تجميد الثورة والتنكر لتضحية الشعب ودم الشهداء .

أ.عامري
30 جانفي 2011

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lundi 24 janvier 2011

La politique citoyenne



Jean-Claude Tardif, qui n'est pas un quidam contrairement à ce que sa modestie lui dicte de dire, m'honore de ce message:

Cher Ahmed, vous faites (à l'échelle d'un peuple) de la politique au sens grec du mot. Chez nous l'individualisme l'a tuée tout comme je le crains la communication où ce qui en tient lieu est en train d'occire la Démocratie en Europe... Mais ce ne sont là que propos de quidam ou pire d'un citoyen plus qu'ordinaire - amitiés jc

Cher Jean-Claude,

Il y a des moments exceptionnels dans l’histoire des peuples, des moments aussi rares que l'ouverture du ciel, au sens mythique de l'expression, des moments inédits. Et ce que nous vivons en Tunisie depuis le 14 janvier en est un. Note au passage que ce « 14 » porte bonheur aux peuples! il a déjà marqué l'ouverture du ciel pour les prisonniers de la Bastille!

En vérité, ni la dictature déchue ni l’opposition ni tel ou tel observateur étranger n’avaient pu prévoir, à la naissance du soulèvement ou même au fort des répressions sanglantes qui en ont marqué le tournant décisif, que ce peuple réaliserait l’incroyable exploit qui est le sien: la chute d’une dictature des plus féroce, sans autre arme que la descente dans la rue. Puis la résistance encore, la poursuite de la lutte en vue de préserver de la confiscation cette révolution. Le tout sans que ce peuple n’ait à se souiller les mains d’une seule goutte de sang, malgré les dizaines de morts dans ses rangs.

A l’heure où je t’écris, j’apprends que des jeunes sont arrivés hier dans la nuit à Tunis, venus de l’intérieur du pays, la plupart à pied, ayant franchi pour certains pas moins de 250 km, si ce n’est plus, et ce pour « écrire » ce que j’appellerais l’épilogue digne de cette extraordinaire épopée. Ce sont les frères, les cousins, les héritiers de Bouazizi, les partisans de son appel issus du peuple des déshérités, qui voudraient conquérir Carthage. Ou du moins la Casbah dont la chute serait, à leurs yeux, synonyme de la prise de la Bastille. Comme moi, comme toi, comme tant d'autres qui avons été pris de court dans la bourrasque de cette révolution, ils croient fermement que le salut de celle-ci passe inéluctablement par la dissolution de l'actuel gouvernement.

Ce matin, Aljazeera a montré les images de ces jeunes qui ont passé la nuit devant le premier ministère, étendus à même les dalles, serrés les uns contre les autres, beaucoup sans couverture, par une nuit d’hiver où la température avoisine les 5°. Malgré le recours renouvelé aux bombes lacrymogènes et à l'arrosage par jets d'eau pour les disperser et faire replier, ils tiennent bon. Malgré la harangue de ce général qui contrôle la sécurité du pays depuis la fuite de Ben Ali, et l'assurance répétée que la révolution n'a plus rien à craindre, ils ne semblent pas près de desserrer l'étau!

Ajouter une imageC'est te dire en fin de compte que ce que je fais sur le front des internautes n'est rien à côté de la lutte directe des nôtres sur le terrain. Et quoi qu'il en soit, même si ce modeste combat peut correspondre à ce que tu dis, je ne serais qu'une goutte dans l'océan. Ce dont je ne doute pas, en tout cas, c’est que cette révolution nous l’attendions depuis une éternité. Sur Facebook ou sur nos blogs, nous avons été des centaines de Tunisiens à appeler de tous nos vœux l’avènement de ce moment, chacun à sa manière, les uns sous de faux profils, d’autres à visage découvert, certains de l’extérieur du pays, d’autres de l’intérieur. Censurés, intimidés, opprimés et les plus coriaces de nous emprisonnés, et nous avons persévéré quand même.

Aujourd'hui et en ce moment difficile de notre histoire, autant nous sommes heureux d’avoir apporté chacun sa modeste contribution à la réalisation de cet exploit historique que nous vivons, autant nous sommes conscients que le plus dur reste à faire : préserver cette révolution et lui épargner, une fois qu’elle aura été menée au bout de sa phase actuelle, les dérives susceptibles de la menacer ou d’entacher son caractère citoyen et pacifiste.

En ce qui concerne ta vision de la politique sur l'autre rive de la Méditerranée, je dirais malgré tout: méfie-toi de l'eau qui dort!

J'ai vécu en France la fin du dernier septennat de Giscard et le début du premier septennat de Mitterrand. Je me souviens de ce 8 mai 81, de l'orage qui a précédé la proclamation des résultats électoraux (inoubliable ouverture du ciel, celle-là aussi!) et de la fête nocturne sur la place de la Bastille. Moi qui crois dans une certaine mesure à l'éternel retour, je voudrais vivre et revoir la gauche, mais une gauche qui incarne réellement les forces vives de la France, reconquérir le pouvoir.

Excuse si j’étais un peu long. Et merci du fond du cœur pour tes messages.

Amitiés,

Ahmed


A. Amri

24.01.11

Jean-Claude Tardif, poète et nouvelliste français.


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lundi 17 janvier 2011

La Révolution continue

En ce 14 janvier dont l'histoire se souviendra, le dictateur tunisien a capitulé et pris la poudre d'escampettes. Mais l'épopée du peuple tunisien n'a pas dit son épilogue. La Révolution n'est pas terminée.

N'en déplaise à ceux qui parlementent, négocient, vendent et achètent sans mandat du peuple, ceux qui pillent encore et tuent pour justifier le couvre-feu, ceux qui reconduisent dans leurs fonctions les vieux laquais de Ben Ali, le peuple ne veut rien de moins que la fin d'un système. Avec tous ses appareils répressifs, ses sbires, ses juges et agents corrompus et impliqués dans la longue liste de crimes qui a conduit au soulèvement général du peuple.

En un mot, Ghannouchi et compères, la clique qui rampait sous Ben Ali et soutenait sa dictature ne peut plus gouverner au nom de la Tunisie.

Le dictateur parti, il faut que sa valetaille le suive. Il faut aussi que le parti, en tant que label et organisation politiques, disparaisse.
Le RCD qui, de l'indépendance tunisienne à nos jours, sous sa vieille dénomination comme sous la nouvelle, a exclu la majorité des Tunisiens du pouvoir, qui a tout fait pour museler la voix de l'opposition et s'accaparer le droit de l'exercice politique, aujourd'hui que le peuple a dit haut son mot, doit partir. A la Mecque ou ailleurs, peu importe! mais qu'il parte sans délai! Qu'il cesse de profaner le pouvoir au nom des Tunisiens! Qu'il cesse de revendiquer une pseudo-légitimité que les crimes sans nombre commis sous son règne et le sang des révoltés qui n'a pas encore séché désavouent! Ni ceux qui sont tombés sur le chemin de la Révolution ni les leurs ne peuvent admettre une telle insulte.

Le corps de Mohamed Bouzizi qui s'est embrasé par le feu de l'injustice ne s'est pas encore éteint. Et il ne s'éteindra pas de si tôt. Pas tant que les damnés de la terre pour laquelle il s'est immolé ne recouvrent leur dû: justice! justice! justice!

Justice pour ceux qui ont souffert et souffrent encore à cause d'une politique à tous niveaux élitiste, des choix économiques régis par les lois d'un capitalisme sauvage, qui consacrent la loi de la jungle, ne profitant qu'à une minorité, ceux qui règnent et ceux qui vivent dans leur sphère, les arrivistes de tout bord, caniches et lèche-culs arborant la carte du RCD.

Justice pour les justiciables qui n'avaient ni Dieu ni maître à part Ben Ali et leur propre cupidité, qui se sont vautrés dans un luxe immérité et indécent, qui ont soutiré les deniers du contribuable, c'est-à-dire l'argent des humbles, pour s'offrir une existence de cocagne et condamner de larges tranches du peuple à végéter dans la misère.

Justice enfin pour la Tunisie entière! Ce pays qui, des années durant, dans la presse écrite comme à la télé, voyait ternir son image de marque par la légion des tabbalas et zakkaras (timbaliers et fifres), ce pays meurtri et jamais soumis, ne s'est pas révolté pour la gloire d'un label!

Révolution du Jasmin, oui, si c'est pour dire révolution blanche; le peuple n'a pas de sang sur les mains et tant mieux pour la gloire de sa révolution! Mais le jasmin ne peut embaumer au milieu d'un tas de fumier qui gouverne encore le pays!

A. Amri
17.01.11

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