mercredi 19 juin 2013

Ce 30 juin 2013: le cataclysme qui terrifie les Frères Musulmans

Ce 30 juin 2013, le monde entier aura les yeux tournés vers l’Égypte.
D'ores et déjà, à en juger par ce que nous voyons sur les télés égyptiennes et ce qui se répand sur Internet, il semble que le compte de Morsi et des Frères musulmans s'annonce "bon". Néanmoins, il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant que celui-ci ne soit abattu. C'est ce que recommande la vieille sagesse des peuples et des nations.

Si le mouvement de rébellion prévu de grande envergure réussit à emporter Morsi et faire chuter le pouvoir
des Frères, il va de soi que les répercussions d'une telle victoire pour les partisans d'une alternative progressiste et démocratique ne se limiteront pas aux frontières égyptiennes. Les Frères tunisiens en pâtiront à leur tour, non pas parce que l'état-major de leur confrérie se trouve au Caire mais parce que leur propre pouvoir, assez essoufflé en Tunisie, sera incapable d'absorber les rejaillissements d'un tel choc à l'intérieur du pays.

Autre partie devant pâtir de telles conséquences: le Hamas.
Le gouvernement de Gaza a commis par le passé une première erreur en se positionnant contre le régime syrien alors que celui-ci abritait et soutenait la direction du mouvement depuis de longues années. Et il récidive récemment en prenant fait et cause pour Morsi et les Frères en Egypte. Cet engagement du Hamas coûtera cher à Gaza car d'ores et déjà l'armée égyptienne a choisi son camp, et la chute de Morsi aura des retombées davantage graves sur l'avenir des relations entre Gaza et l’Égypte. Par ailleurs, quelle que soit l'issue du 30 juin, il sera difficile au Hamas de redorer son blason aux yeux d'une bonne partie des peuples arabes, qu'il s'est mise en la circonstance sur le dos. En sortant de la neutralité vis-à-vis de ce qui se passe en Syrie et en Égypte, le mouvement islamiste palestinien s'est brûlé et a dilapidé le capital de sympathie gagné à la faveur de la résistance contre Israël.

Ces retombées n'épargneront pas non plus les rebelles en Syrie ni les pays impliqués dans le soutien aux islamistes.

En fait, pour autant que le 30 juin tienne ses promesses, l'effet domino que nous avons vu au lendemain du 14 janvier 2011 risque de se reproduire dans le sens inverse. Les Égyptiens, un peu dépités d'avoir été suiveurs, et non meneurs de jeu, dans la première manche du Printemps, rêvent de reconquérir le rôle de défricheurs pour la deuxième manche dont on verra l'issue cet été.

A. Amri
19 juin 2013