jeudi 8 août 2013

Jabeur Mejri et la sainte inquisition tunisienne

Depuis près d'un an et demi, un jeune tunisien aujourd'hui âgé de 29 ans croupit en prison pour un délit de conscience. Condamné à 7 ans et 6 mois de prison ferme, sauf grâce accordée entretemps ce jeune ne sera libéré que le 5 septembre 2019.

Jabeur Mejri n'a ni volé ni tué ni menacé le moindrement l'ordre public. Il n'a rien fait de légalement
répréhensible, si ce n'est qu'il a partagé sur le réseau Facebook des publications jugées portant atteinte au Prophète, lesquelles publications ont par ailleurs valu à leur auteur Ghazi Béji, âgé de 29 ans aussi, la même peine, sauf que ce dernier, plus chanceux, a pu fuir à temps la Tunisie et rejoindre la Roumanie où il a bénéficié du statut de réfugié politique. Pour la triste gloire de notre révolution, le premier réfugié de l'ère nouvelle.

Sept ans et six mois de prison pour un délit de conscience. Comme si le fait d'être athée dans ce pays et le dire publiquement constituent un crime. Comme si les droits de l'homme à ce niveau précis n'engagent pas la justice tunisienne. Comme si le peuple tunisien a fait une révolution et consenti des sacrifices pour que sa justice remette les pendules à l'heure de la sainte inquisition du Moyen Age.

Et pendant ce temps, cette même justice gracie des pédophiles (comme le frère de Noureddine Bhiri ex-ministre de la justice et actuellement ministre délégué auprès du chef du gouvernement), des corrompus de l'ancien régime, des salafistes impliqués dans des actes terroriste et des bandits dangereux dont plus d'un ne s'est pas empêché de récidiver.

Une pétition est mise en ligne dans le cadre d'une campagne de soutien internationale pour ces deux damnés tunisiens de l'inquisition. Je prie tous mes amis de la signer et faire circuler.

http://www.petitions24.com/revision_ou_arret_des_poursuites_contre_les_athes_mehdia

Ahmed Amri
8 août 2013