lundi 11 juillet 2011

Pour que le scrution et notre volonté ne soient pas falsifiés - Par Noureddine Aouididi

Demain lundi, débute l'inscription des électeurs pour le scrutin de l'Assemblée Nationale Constituante. L'opération prendra fin le 2 août prochain. Comme le nombre de Tunisiens habilités à élire dépasse les 6 millions, leur inscription en l'espace d'une vingtaine de jours, en saison estivale où priment la mer, les vacances, les fêtes de mariage et les veillées de joie, il est à craindre que la masse électorale effective en vienne à se réduire énormément, ce qui aura pour conséquence d'engendrer une constituante à faible légitimité si le nombre d'électeurs recensés par l'instance est faible.
La décision d'inscrire les électeurs au lieu de recourir à la carte d'identité sans autre formalité apparaît comme une procédure strictement technique, qui n'aurait aucun arrière-fond. Néanmoins derrière les procédures techniques se cachent des décisions politiques majeures. Nous savons que le report des élections, fixées d'abord au 24 juillet, au 16 octobre est une procédure strictement technique aux dires de M. Kamel Jendoubi. Mais les sous-jacents politiques de ce report n'en sont pas moins que la prolongation d'un gouvernement provisoire ayant à gérer les affaires de 11 millions de Tunisiens. Sur simple décision de 16 individus qui sont le président de la Haute Instance Indépendante des élections et ses membres.
Il est du droit du citoyen d'appréhender les mesures procédurales et techniques suspectes préparant les élections de la constituante. Nous sommes en effet face à un courant politique d'une seule couleur, ou presque, qui domine la Haute Instance présumée indépendante ayant à charge d'organiser les élections. Cette domination s'étend aux organes subsidiaires et régionaux de l'Instance, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du pays.

Il va sans dire que l'erreur qui nous a conduits à cette triste condition réside en amont du mode choisi pour constituer la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Cette instance à nom de traîne désignée par des parties occultes et tenue par une couleur politique connue n'a pas été composée de façon consensuelle. De sorte qu'elle ne représente pas les diverses familles et sensibilités politiques de poids dans la société. Au lieu de nous impliquer, de nous inciter à participer massivement et dans la joie aux élections, elle a donné à une majorité artificielle les prérogatives de fonder sa majorité, d'élire une instance organisant le scrutin, choisie d'une seule couleur, laquelle s'est reproduite à travers ses sections régionales ou à l'étranger. Ainsi, la procédure "technique" nous met face à un agenda politique qui semble anticiper la fraude électorale.

Les Tunisiens se doivent de faire échec à la falsification de leur volonté. Et pour ce faire, ils sont appelés à se mobiliser en vue de surveiller les élections le jour venu, réduire les dégâts et faire en sorte que ne réussisse pas une minorité à confisquer la volonté de tout un peuple.

Noureddine Aouididi
Traduit de l'arabe par A.Amri
11.07.2011