jeudi 25 juillet 2013

Ils ont assassiné Mohamed Brahmi

Consternation, stupeur, colère.
Six mois à peine après l’assassinat de Chokri Belaid, une autre figure de la gauche tunisienne tombe sous les
balles de la lâcheté, assassinée au clair du jour devant son domicile, selon un mode opératoire en tout identique à celui du 6 février dernier. Et dans un contexte politique marqué par les mêmes menaces brandies par les islamistes à l'encontre de l'opposition, les mêmes discours de haine, la même violence verbale qui a précédé l'assassinat de Belaid et le meurtre de Nakhd.

En choisissant ce 25 juillet férié-journée commémorative de la proclamation de la république- pour abattre Mohamed Brahmi, les assassins qu'on présume liés à la mouvance islamiste ne visaient pas seulement l'opposant connu pour ses critiques virulentes à l'encontre d'Ennahdha, pas seulement le député nassérien ni le militant syndicaliste, mais l'ensemble des valeurs progressistes qu'incarne le martyr, voire la République dans ses fondements de base, la cause de la plèbe, la "chose publique", le régime allant de pair avec la démocratie.

A l'heure où les assassins de Chokri Belaid courent toujours, à l'heure où le pouvoir islamiste a démontré son incurie générale et son incapacité à lutter contrer le terrorisme qui menace d'embraser notre pays, ce nouvel assassinat politique ne pourra pas passer sans conséquences. D'un point de vue aussi bien politique que moral, la légitimité de la troïka n'a plus de credo. Le gouvernement et l'ANC sont invités à se dissoudre d'eux-mêmes, faute de quoi le peuple aura son mot à dire dans les heures et les jours à suivre.

A.Amri
25 juillet 2013