mardi 20 juillet 2010

Les autorités portuaires de Tunis-Carthage refoulent deux syndicalistes français sitôt débarqués

Deux Français, syndicalistes de Force Ouvrière ont été refoulés vers leur pays par les autorités tunisiennes, et ce dès leur débarquement à l'aéroport de Tunis -Carthage, vendredi dernier.


Les deux Français faisaient partie d'une délégation syndicale composée de 35 membres, venue en Tunisie à l'invitation de l'UTIT (Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens)*. L' association avait choisi cette année la ville de Bizerte pour y tenir ses travaux d'université d'été.
Deux autres membres de la même délégation ont décidé de revenir avec leurs camardes refoulés pour protester contre l'arbitraire des autorités portuaires tunisiennes.


Il convient de rappeler que la police de l'aéroport a confisqué les PC portables du reste de la délégation, et que ceux-ci n'ont été autorisés à quitter l'aéroport que six heures après leur arrivée.
Ces agissements arbitraires répétés visant des Tunisiens et des étrangers, les mesures d'interdiction d'embarquement ou de débarquement ainsi que la confiscation de bagages ont suscité la colère et l'indignation au sein du milieu syndical tunisien. De telles violations du droit, entre autres innombrables, ne peuvent que ternir l'image de la Tunisie à l'extérieur et renforcer l'isolement du pouvoir à l'échelle régionale et internationale.


Certains syndicalistes locaux sont allés jusqu'à dire que cet incident était la réponse télégraphique du pouvoir au message du Secrétaire général de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens. Deux jours plutôt, évoquant de manière indirecte le projet étatif de porter l'âge de retraite à 65 ans, ce dernier a souligné que l'UGTT ne transigerait pas sur les droits acquis des travailleurs ni sur l' indépendance de la centrale ouvrière de tout parti politique, y compris le parti au pouvoir.


*L'UTIT connue aussi sous l'appellation "Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives" (FTCR) est une association française qui a pour objectif de défendre les intérêts sociaux des tunisiens mais aussi des étrangers en France. Les travaux d'université d'été, effectués périodiquement depuis plusieurs années dans le pays, se font dans le cadre d'actions en partenariat avec l'UGTT.

UTIT (Section de la Jeunesse) au cours d'un séjour d'été en Tunisie

lundi 19 juillet 2010

Aïeux de haut parage

Cette histoire à mi chemin du conte oral et du mythe initiatique est ancrée dans le patrimoine familial. Léguée par mes ancêtres qui en perpétuaient la narration depuis bien de générations, je l'ai racontée mille fois à mes enfants, alors qu'ils étaient encore tout petits, pour les endormir. Comme on me l'a racontée à moi-même, sans doute pour les mêmes raisons, quand je fus de leur tendre âge.

A l'avoir tant entendue et racontée, il y a beau temps que j'ai acquis la certitude qu'il ne s'agit pas seulement d'une histoire à faire dormir les petits!

Détends-toi et dors, mon petit
Et si dodo boude tes paupières,

Il y a des rames sur ton lit
Navigue loin de ces bruyères
A bord de ta felouque, libre comme le vent qui ne campe nulle part, remonte à la nuit des âges, voyage à la source du temps. Tout aussi léger que le rêve des candides, traverse la chaîne des générations, le djebel des siècles. Va plus loin encore, au delà d'un espace tout aussi démesuré, et franchis sept mers et autant de montagnes, les frontières tracées par les sédentaires, compartimentant  pays et continents. Quand tu auras laissé derrière toi un désert incommensurable. tu pourras enfin toucher aux confins de ton sang.

C’est de si loin et de tels parages que descendent tes ancêtres. Leur souche est quelque part en Arabie heureuse, du temps que cette portion de l'immense péninsule était zone de la province unie de l’empire ottoman.
A ce qu'on dit, le géniteur de tes aïeux, paix d’Allah soit sur son âme, était coupeur de chemins!
Oh, ne baisse jamais la tête ni n’en rougis, petit!
Si quelque fanfaron de telle ou telle tribu ennemie te le rappelle, pour peu que ce soit sur un ton insultant, tu diras au bâtard: oui! mon grand aïeul était coupeur de chemins! coupeur de chemins et noceur! car ton aïeul avait épousé des femmes sans nombre. Dis-le haut et sois-en fier !

Certains affirment que ton ancêtre est yéménite. D’autres soutiennent qu'il est plutôt bahreïni, ayant migré au Yémen dans sa prime enfance avec sa tribu nomade. Bahreïni, Yéménite, Omanais, Qatari ou autre, quelle qu’en soit l’origine exacte, ton ancêtre était surtout arabe. Aussi revendiquait-il pour véritable patrie toute la péninsule arabique, c’est-à-dire cette immense portion du Moyen-Orient qui est aujourd’hui répartie entre pas moins de treize pays. (1)

De tous les nomades qui peuplaient la péninsule en cet âge lointain, les coupeurs de chemins étaient les bédouins les plus libres. Incessamment mobiles, ils ne campaient nulle part sous une tente. Ni ne s’accommodaient d’une quelconque loi, vivant hors de la société policée qui, là où on pouvait en soupçonner l’existence, n’avait de poids ni de sens que pour ceux qui obéissaient aux servitudes de la vie citadine. Même la tribu et la famille, les coupeurs de chemins n’en reconnaissaient aucune autorité, à part celle que dicte la piété liée à l’indissoluble lien de sang, laquelle en interdit l’oubli ou le rejet. Deux à trois fois par an, ils devaient rentrer au bercail pour honorer telle piété. Et chaque retour était pour eux une occasion de s’acquitter aussi d’un certain dû tribal.
Qui dit tribu dit un groupe où chacun travaille pour tous et personne n’a le droit de s’accaparer quoi que ce soit. Aussi étonnant que cela puisse paraître, sauf saâliks(2) même les coupeurs de chemins étaient soumis à cette règle, qui partageaient leur butin avec les leurs, comme ils bénéficiaient en tout bien commun de leur part à chacun.

Hormis ces rares moments où les retrouvailles avec la tribu leur permettaient de savourer quelques jours de farniente sous la tente, en cela semblables aux serpents les coupeurs de chemins formaient une race qui ne creuse de repaire ni ne dort à la belle étoile, comme on dit !
C’était sur les chemins des caravaniers sillonnant cette immense zone que ton ancêtre vivait surtout, un jour campant au milieu d’une barkhane, le lendemain dans une grotte ou un oued, le surlendemain au sommet d’un djebel qui surplombe un port, avec pour uniques compagnons son cheval, son outre de vin, son sacre et son épée.
Parce qu’il officiait toujours de nuit, on surnommait ce coupeur de chemins Jinnellil (3) . Sache, petit, que les conteurs de ta race, la plupart mythomanes, la fierté des faits et gestes des leurs voulant qu’ils fussent ainsi, ne manquaient jamais d’affabuler la légende de ton aïeul, paix d’Allah soit sur son âme, soulignant notamment que c’était la terreur vivante des caravaniers dans la péninsule arabique. Si l’on en croit ce que ces conteurs disent, Jinnellil n'aurait pas de sang sur les mains, hormis celui des bêtes qu'il chassait ou abattait pour se nourrir.
Néanmoins il a volé de tout: de l’amulette de sa grand-mère censée protéger contre le pouvoir des djinns aux chameaux chargés de leurs palanquins, avec les coffres de soie, d'épices, de parfums d'Arabie, et quelquefois un butin hors de prix, la houri d’Allah promise à quelque élu, mariée aux mains et pieds fraîchement marquées par l’imposition du henné, fiancée ou odalisque qu’on conduisait vers tel ou tel sérail lointain, de ses plus beaux atours parée et resplendissante comme le jour!
On raconte que Jinnellil menait ses attaques sans coup férir. Grâce à des ruses diaboliques mais surtout à la complicité de son cheval et son sacre qu'on disait savants, il touchait rarement à son épée pour en découdre avec ceux qu'il pillait. C'est surtout cela qui lui aurait épargné l'effusion de sang humain.
Ce qu’il ravissait aux caravanes la nuit, le jour d’après il le revendait dans tel ou tel souk de la péninsule ou à tel ou tel négociant spécialisé dans la traite des femmes.
Alors qu'il avait 25 ans et possédait de quoi s'acheter un beau titre de pacha et prendre déjà sa retraite s'il n'était trop racé pour se complaire dans la farniente ou la noblesse de pacotille, ton vaillant aïeul a décidé un beau jour de se convertir en piraterie maritime, sa tête étant entre-temps mise à prix là où il gagnait bien, et si honnêtement son pain! Néanmoins pour ce faire, il lui fallut s’expatrier, quitter les siens. Et comme la piété tribale, et filiale surtout, était sacrée en ces temps-là, avant de partir il a dû aller voir sa tribu et ses parents qui campaient au pied d’un mont aux alentours d’Amran, pour leur faire ses adieux. On raconte que sa mère qui craignait de ne plus le revoir tant elle était âgée a refusé de lui donner sa bénédiction pour le voyage tant qu’il n’ait pas satisfait à sa demande, voulant le « ligoter » à temps pour que la terre des ancêtres le rappelle aux solides attaches un jour.
« Ligoter » c’était le jargon qu’on employait à cette époque-là quand il s’agissait de marier un garçon. L'Émir des Ténèbres avait beau essayer de se soustraire à l’exigence de sa mère, beau invoquer toutes les raisons pouvant l’affranchir d’une telle corde, sa mère ne voulait pas lâcher prise. A contre-cœur, il finit par céder au désir de celle-ci. On le fit, donc, épouser une belle jeune fille qu’on lui choisit dans une tribu voisine, les alliances tribales étant en ces temps-là indispensables pour assurer la paix entre les tribus. Et quand sa mère put voir que le ventre de sa belle-fille répondait sinon du retour de son fils, du moins d’un gage de succession, quand bien même elle aurait aimé que l'Émir des Ténèbres patientât jusqu’à s’assurer que le produit de sa semence soit fait pour la relève espérée dans les coupe-gorges d'Arabie, elle consentit enfin à lui donner sa bénédiction et il put ainsi faire aux siens ses adieux.
A dos de chameau, il a pris la route du nord, traversé l’Arabie pétrée, campé quelque temps à Bassora où, dit-on, le souvenir de sa douce épouse le décida à épouser une deuxième femme ! Et quand celle-ci fut enceinte, tout en lui laissant le nécessaire pour lui permettre de subvenir à ses besoins et assurer un bel avenir à son futur enfant, il la quitta pour repartir vers le Chem: la vieille ville de Damas. Là encore, il fit de nouvelles noces, s’assura d’une succession en devenir mais ne résista pas plus longtemps à l’appel des chemins. Il mit le cap sur Srafand au sud de l’actuel Liban. Et alors qu’il faisait un somme à l’entrée de cette ville, par un jour de forte canicule, dit-on, il fut réveillé par une étrange brûlure à la jambe dont l’effet s’irradiait douloureusement au reste de son corps. Quand il a pu comprendre ce qu’il lui était arrivé, il a immédiatement invoqué l'indulgence de Hussein, le petit-fils du Prophète, qu'Allah prie sur lui et le salue!
C’est que deux heures à peine plutôt, ton scélérat d’ancêtre a profané sur son chemin une husseynate, sorte de paroisse chiite où il a volé, dit-on, l'épée de Hussein ! C'est une telle offense qu'il venait de payer si chèrement, mordu par un serpent qu’il put voir de ses propres yeux alors qu’il se repliait vers son repaire, un serpent à cornes dont le venin est mortel. On ne badine pas avec les saints ni les descendants du Prophète! Sache petit que, même si tu ne crois pas à ces histoires de blasphèmes, on n'offense pas impunément un symbole religieux.
Jinnellil a failli y laisser la vie. Il n'a dû son salut qu'à la bienveillance d'un fermier vivant dans les parages, qui l'a transporté chez lui, lui a offert le gîte, l'a soigné et a veillé à son chevet de longues nuits comme si ce passager dont il ignorait tout était son fils.
Au bout d'une semaine, quand le misérable coupeur de chemin s'en est totalement remis, en signe de gratitude à son bienfaiteur il a assommé ce dernier et ligoté et bâillonné sa femme! Puis il leur a ravi leur unique enfant, une jolie fille d'à peine quinze ans mais dont la constitution, les formes divinement gracieuses lui donnaient l'allure d'une femme! On raconte que c'était elle -qu'Allah lui pardonne! qui lui avait suggéré de récompenser ainsi ses parents!
On raconte aussi que ce scélérat d'ancêtre a exaucé le vœu de cette fille, non par amour pour celle-ci qui était prête à le suivre docilement jusqu'en enfer, mais parce qu'il comptait l'offrir en cadeau digne de Sa hautesse, au sultan d'Istanbul! C’est que dans ses projets initiaux, le coupeur de chemin rêvait d'aller jusqu'à Constantinople en Turquie, l’eldorado des corsaires en ces temps-là. De par sa position sur le Bosphore, la liaison de celui-ci avec la Mer Noire d’un côté et la Méditerranée d’un autre, le vieil Istanbul était au carrefour des lieux de pêche constamment hantés par les grands bandits de mer. D’autant que les gros poissons, femmes roumies, slaves, grecques, italiennes, entre autres, soit les denrées de luxe dont affriolaient les puissants seigneurs d’Arabie et d’Ifriqiya y faisaient foison. C’était pour cette raison-là que Jinnellil projetait d’aller en Turquie. On raconte qu'il espérait aussi retrouver là-bas les coffres d'or du légendaire pirate Barbaros! Et tant qu'à faire pourquoi ne pas tenter d'entrer en grâce auprès du sultan, en enrichissant le sérail de ce dernier par une si jolie houri venue de la terre libanaise?
Sache, petit, que tout en étant coupeur de chemins, ton vaillant ancêtre avait l'âme d'un Sindbad! Les hommes libres, en cela semblables aux oiseaux, ne sont pas faits pour les cages. Si tu veux être digne du sang ancestral, ne prête serment ni à femme, ni à tente, ni à patrie qui ne soient constamment sur une autre rive de la mer.
Au lieu de monter au nord pour traverser tout un pays avant d'arriver aux frontières turques, avec sa jeune captive qui risquait d'être retrouvée par d'éventuels poursuivants, ton ancêtre l'Émir des Ténèbres a jugé plus sage de choisir un itinéraire différent, qu'il croyait plus sécurisé, en empruntant une barque volée, ou pour être plus juste en troquant celle-ci contre son chameau qu’il avait amarré à sa place ! et en se jetant à la mer!
Histoire rocambolesque, non?
Pas assez jusqu'à présent! Un coupeur de chemin qui se jette à la mer, sans boussole pour trouver son nord à part une jolie fille qui le presse de trouver un huissier et deux témoins afin de consentir à devenir sa légitime! au bout de trois semaines de galère sur l'eau où ils n'ont croisé -en guise de témoins- que des requins, mais sans l'huissier, affamés, assoiffés, presque morts tellement la traversée était difficile, les voilà enfin en Turquie, ou presque! Car c'était dans une province à l'époque ottomane qu'ils ont débarqué après tout, sauf que cette province était sur l'autre rive de la Méditerranée, en Tunisie!
On raconte que la première chose que Jinnellil avait faite quand il a su qu'ils étaient au pays du jasmin, c'était de construire une mosquée dédiée au barbier du prophète! il espérait ainsi racheter ses fautes et purifier le peu d'argent qui lui restait pour commencer une nouvelle vie. Je ne sais pas si Allah lui a pardonné. Mais Sa clémence étant sans fin, il y a lieu d’espérer que la mosquée plaidera en faveur de l’admission de ton vaillant ancêtre au jardin des réjouissances éternelles.
D’autant que Jinnellil a épousé sa belle captive dont il a eu 12 enfants. Et alors qu’il allait sur la cinquantaine, il a décidé d’accomplir son pèlerinage à la Mecque pour parfaire sa pénitence. Ayant légué toute sa fortune à sa femme, ta vaillante aïeule, s’étant assuré que celle-ci ne manquerait de rien durant son absence, à dos de chameau, un beau matin il a mis le cap sur la terre des lieux saints.
Dont il n’est jamais revenu.
Certaines mauvaises langues disaient que le cheval de retour, le fieffé noceur, a dû croiser une autre vipère sur son chemin, quelque part à la Mecque, à Médine, en-deçà ou au-delà. D’autres disaient encore qu’il a dû réunir sa smala éparpillée ça et là en Orient pour veiller à la bonne éducation de ses descendants et transmettre à ceux-ci le génie qui lui a valu son tristement célèbre surnom deJinnellil!
Il y eut même des gens qui, surenchérissant, soutenaient la réédition d’une fugue par mer, le damné coupeur de chemin hanté par son rêve d’atteindre Istanbul aurait troqué son chameau contre une barque qui l’eût mené vers le Bosphore.
Détends-toi et dors, mon petit. Et si le sommeil ne veut pas fermer tes paupières, viens avec moi pour couper le chemin à une caravane!
A. Amri
19.07.10


1- Je suis désolé à devoir contrarier le savoir cimenté des géographes et des encyclopédistes à ce sujet. D'après Wikipédia, font partie de la péninsule arabique l'Arabie saoudite, le Yémen, Oman, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït et Bahreïn, ce qui limite ces pays à sept. Mais on oublie que l'Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine et le Sinaï font partie du prolongement géographique et ethnographique de l'Arabie.
2- Nom donné aux poètes brigands qui dans l’ère préislamique vivaient sur les axes de circulation pour piller les caravanes.

نداء لنصرة موردخاي فانونو




ثمانية عشر سنة سجنا منها 11 في زنزانة انفرادية وتحت العزل التام ثم تليها 3 أشهر إضافية تنتهي بحلول 22 أوت (أغسطس) 2010 في زنزانة ضياع الهوية (1) وبين السجن الأول والثاني 6 سنوات تحت الإقامة الجبرية في قدس الأحبار وبين مخالب الغلاة من المتدينين والصهاينة والجلد اليومي بوصمة العار لمن يعتبر خائنا في أرض منفاه ويعامل شأنه في ذلك شأن كلب الطرقات معاملة المنبوذ (2) والتهديد بالقتل سواء في الماضي ضمن مشروع أو مشاريع عدة للموساد تسرب البعض منها وبقي الآخر طي الكتمان أو في الحاضر لدى من لا يجد حرجا في شرعنة أحقية المنبوذ في التصفية الجسدية بالنظر لمن سبقه على قائمة الإغتيال كرابين عام 1995 . ضراوة التنكيل بالضمير الرافض للتجنيد، بالمعنى الشامل للمصطلح في أصله وفروع معانيه(3)، هذا الضمير الذي تأبى اسرائيل تخليصه من التسمير الأبدي على عامود التشهير، ينادي وعي كل إنسان تصح تسميته بهذا الإسم ليكون في مستوى المسؤولية.
إن هذا الظلم الصارخ لا يمكن احتماله ولا السكوت عليه وعلى كل من يعتبر نفسه معنيا بهذا الصلب المسيحي المؤبد أن يتحرك (4).
مع العلم، لمن لا علم له، أن موردخاي فانونو هو من مواليد المغرب وكان عمره 9 سنوات لما تم تهجيره لإسرائيل وقد استغاث بالعرب حكاما وشعوبا على الفضائيات والأنترنت طالبا جواز سفر عربي حتى يتسنى له دعم معركة الخروج التي تهمنا بقدر ما تهمه هو بالذات، أضف لذلك نبذه للديانة التي تستعمل كمطية لتمرير الفكر الصهيوني (إن كان ثمة من يستحي من الدفاع عن يهودي) واعتناقه للمسيحية وتبنيه لاسم جون كروسمان ،ضمن رموز عدة زادت من شراسة الجلادين تجاهه، وهي معلومات نسوقها هنا فقط لمن يحتاج للمدلول الرمزي وبغاية رفع كل التباس قي ذهنه بهذا الشأن، أضف التزامه منذ ما يزيد عن الثلاثين سنة بالقضية الفلسطينية وفوق هذا كله قيمة الرهان السياسي الذي يتوجب وضعه في البال. حين تتسابق الجامعات الغربية والمنظمات الإنسانية لنيل الشرف الحاصل لها من تكريم فانونو (نذكر هنا على سبيل المثال جائزة نوبل البديلة وقد أسندت له لأنه رفض ترشيحه لنوبل الأصلية على اعتبار أنها أصبحت وصمة عار منذ تسليمها لإسحاق شامير، وشهائد الدكتوراه الفخرية التي سلمت له في أكثر من بلد، وغيرها من أوسمة الشرف التي لا نحتاج للوقوف عندها حتى نسلم لهذا الرجل الفذ صكا من هذا القبيل أو غيره، هو في غنى عنه إن وقف عند حدود التشريف ولكن نحتاجه نحن كعرب لإيداعه أو صرفه في حساب القضية) وحين نعي بعض الأهداف الخفية لأعمال التكريم -ولا أخال نفسي مبالغا حين أشير الى فرضية وجود طرف صهيوني مندس وراء مجامير التبخير هذه بقصد التعتيم على صورة المنشق وتشريف الإسرائيلي المزعوم بالدرجة الأولى وهو عامل من شأنه أن يخفف من حدة التركيز باتجاه المسامير المدقوقة على الصليب وفي لحم المصلوب، حين نعي هذه الحقيقة ونقتنع بأن فانونو أسير من أسرانا ومن طينة سمير القنطار الذي حرر والبرغوثي والألاف الذين مايزالون يقبعون وراء القضبان وحين ندرك أن المقاومة على جبهة تحرير هذا الأسير لا تقل شرفا عن غيرها من جبهات الصراع ضد الصهاينة، لا بل وتفوقها لدى شق كبير من الرأي الأممي الذي يتوجب علينا وضعه أيضا قي الإعتبار من أجل توسيع دائرة العزلة قدر الإمكان حول الكيان المحتل، عندها لا يسعنا إلا تلبية النداء الذي يدوي في اتجاهنا لنصرة موردخاي فانونو


أحمد العامري
2010.07.19

أحمد العامري
2010.07.19

1- في مقال صدر بصحيفة إينات العبرية بتاريخ 13 جوان (حزيران) وترجم ونشر على العديد من المواقع الإلكترونية نقرأ ما يلي:" هناك شخص يشار إليه بالسيد "إيكس" ولا أحد يعرف من هو بالضبط .صحيفة إينات علمت أن رجلا تم سجنه منذ مدة غير بعيدة في الجناح 15 بسجن عيلون ولكن لا أحد يعرف هويته ولا الأسباب التي سجن من أجلها إذ لا أحد يخاطبه أو يراه أو يزوره أو حتى يعرف أنه سجين "لقد تم وضعه في حالة عزل شامل عن العالم الخارجي " حسب قول مسؤول في إدارة السجون بإسرائيل.
لكي تتمكن من الدخول للجناح الذي يضم المساجين يتوجب عليك المرور بالحراس المتواجدين بالجهة الجنوبية للسجن وعبور الأبواب الحديدية المصفحة وبخلاف أجنحة العزل العادي حيث يمكن للمساجين أن يتكلموا بصوت عال من داخل الزنازين أو يروا حركة المجيء والذهاب بالأروقة والأبراج فإن الجناح 15 لا يضم إلا زنزانة منفردة ليس حولها زنازين مجاورة ولا رواق واحد بحيث أن كل من يسجن بهذا الجناح يكون معزولا كليا عن أي كائن بشري.
ويضيف المسؤول في إدارة السجون بإسرائيل القول :" لا أعرف أي سجين آخر ولا أي سجين بكامل المعتقلات الإسرائيلية حبس في ظروف شبيهة بهذه من حيث الإنفصال والعزلة" وسجين الجناح 15 يخضع لتكتم شامل لكل أوجه الحياة بالمعتقل بما فيها الهوية وجرائم الإدانة مما يدفع المسؤول المذكور للقول:" أشك قي أن الحراس بأنفسهم لا يعرفون من هو. ثمة غموض كبير بخصوص حبسه وإنه لمرعب بالنسبة لنا ونحن قي سنة 2010 أن يسجن شخص بإسرائيل دون أن نعرف من هو"
ويضيف المسؤول:" ببساطة هو شخص بدون اسم ولا هوية". وقد قامت أمنستي بتحريات في الغرض ولئن أكدت أن مردخاي موجود بالفعل بهذا السجن إلا أنها لا تقدر على الجزم بأن السيد إيكس هو مسيحنا المصلوب هنا ولو أن الإعتقاد الراسخ لدى الجميع يصب قي اتجاهه
http://www.france-palestine.org/article15114.html

2- من 2004 تاريخ حروجه االأول من السجن ولغاية تجديد الإعتقال بتاريخ 23 مارس 2010 رفضت كل المطالب التي قدمها فانونو لتغيير مكان إقامته الجبرية من القدس الغربية للقدس الشرقية والسبب واضح في دلالاته السياسية ولكن المقصود من الإبقاء على فانونو بالقدس الغربية قبل أي اعتبار سياسي هو جعله عرضة للإضطهاد وحرمانه من شعور الأمان الذي سيجده لو تم نقله للجزء المتبقي للفلسطينيين بالقدس

3-Objecteur de conscience

4- في كيفية التحرك وجهة رأي مطروحة للبحث والنقاش على هذه الروابط
Pour Mordechai Vanunu
http://amriahmed.blogspot.com/2010/07/pour-mordechai-vanunu.html

A Mordechai Vanunu: lettre de ses compatriotes (Partie I)
http://amriahmed.blogspot.com/2010/07/mordechai-vanunu-lettre-de-ses_16.html



dimanche 18 juillet 2010

Fahem Boukaddous: la conscience inaliénable








Photo de Mme Afef Bennacer


Dans une lettre adressée à l'opinion publique, Mme Afef Bennacer a dénoncé une manœuvre scandaleuse chapeautée par le pouvoir en place, et visant à acheter la conscience de son mari Fahem Boukaddous.

Rappelons que ce dernier, journaliste tunisien âgé de 40 ans, a été condamné le 6 juillet dernier, à 4 ans de prison. Ce jugement confirmait le verdict de première instance à l'encontre du chroniqueur de la Révolte minière. Tout au long des mois d’émeutes qui se sont déroulées il y a deux ans dans le Bassin minier, reporter sur place de la chaîne Al-Hiwar qui émet depuis l’Italie, Fahem Boukaddous a assuré au quotidien la couverture de cette révolte. Au même moment, la presse officielle et les médias « auxiliaires», excellant dans le complot du silence, semblaient vivre à mille planètes de la Tunisie. Dans la phraséologie de la justice tunisienne, le délit incriminé à ce journaliste indépendant s’appelle “appartenance à une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens” à quoi ajouter “diffusion d’information de nature à troubler l’ordre public”.

Fahem Boukaddous qui souffre depuis des années d’asthme, entre autres problèmes de santé nécessitant des examens et des soins intensifs périodiques, a profité du répit que lui laissait sa demande de pourvoi en cassation pour se faire hospitaliser le 3 juillet dernier à Sousse. Le 15 juillet, à sa sortie de l'hôpital Fahem Boukaddous savait que la police allait l’appréhender dans les minutes qui suivraient. Aux alentours de l’hôpital, en civil comme en uniforme on l’attendait effectivement. Mais l’arrestation tardait à venir quand même, et l’on comprendra pourquoi. Rentré chez lui avec sa femme sous bonne escorte, Fahem Boukaddous reçoit un appel téléphonique d’un ancien ami et camarade de lutte estudiantine, entre-temps repenti et assagi pour virer à l’opposé de ce qui les avait unis. Noureddine Ben Nticha, tel est l’ami cité dans la lettre, demandait à voir instamment le journaliste qui attendait ceux qui étaient postés en face de sa maison, dans leur panier à salade. Intrigué et cédant à la pressante demande, l’appel ayant été réitéré 3 fois, le journaliste et sa femme se rendent au café, toujours flanqués de leurs anges gardiens, où les attend l’ex-compagnon des luttes étudiantes, celui-là même avec qui Fahem Boukaddous a été emprisonné dans ce passé commun.

Si la police tardait à mettre le grappin sur Fahem Boukadddous et se contentait de le serrer de si près, c’est parce qu'on était en train de mijoter une soupe qui pourrait faire basculer le sort du journaliste. L’ami converti de celui-ci était l'entremetteur d'un autre entremetteur dont on découvrira le nom, l'un et l'autre venus animés de bonnes intentions et investis d’une « mission de conciliation secrète». Et du plus haut intérêt. Qui les aurait mandatés? la réponse semble superflue.

Noureddine Ben Nticha a proposé au journaliste de rédiger à la main, et dans le secret absolu, une demande de grâce présidentielle. En échange de quoi le signataire de la demande obtiendrait, outre la grâce, une carte de presse nationale. Et l'ami a ajouté, pour faire foi au sérieux d'une telle proposition, qu'il y avait à l'extérieur une tierce personne pour discuter éventuellement des détails de l'accord à conclure.
Mme Afef Bennacer souligne que la réponse de son mari à ce propos était la suivante:"je suis un journaliste indépendant et reconnu à l'échelle internationale. La possession d'une carte de presse nationale n'est pas mon souci et je n'accepterai pas un tel marchandage."
A ce moment-là précis, enchaîne la lettre, Ben Nticha a fait un bref appel téléphonique et M. Bourhen Bsaïes, est venu immédiatement les rejoindre à leur table pour évoquer avec plus de détails cette question. M. Bourhan Bsaïes, le porte-parole médiatique du pouvoir, celui à qui incombe toujours la tache ardue de redorer l’image de Ben Ali quand l’opposition ou les télés étrangères fustigent ce dernier, est venu tendre ainsi la main à Fahem Boukaddous.
En guise d’entrée en matière, M. Bsaïes, souligne Mme Afef, a évoqué l’état de santé critique du journaliste, qui devrait se faire soigner dans de « meilleures conditions » et « si besoin, à l’étranger ». Il a réitéré la proposition de la demande de grâce manuscrite et laissé entendre que Fahem Boukadous, « avec les qualités qu’il a, sa sincérité, ses amitiés avec l’ensemble des constituants de la société civile » mériterait mieux. De nombreuses allusions à des « avantages matériels » et « une vie prospère » ont été faites à ce propos précis par M. Bsaies, précise la lettre.
Quant à la réponse par laquelle le journaliste a décliné cette offre, son épouse la formule comme suit:
« Mon mari lui a répondu alors qu’il ne fera pas cette demande de grâce et que sa liberté, il l’obtiendra à la faveur des luttes du mouvement démocratique, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur »

Une demi heure après, le panier à salade vient chercher chez lui Fahem Boukaddous.

Gabès, le: 18.07.2010


Lettre de Mme Afef Bannacer

samedi 17 juillet 2010

Pour Mordechai Vanunu

Dix-huit ans en prison dont onze dans l'isolement total. Puis trois mois encore dans la cellule de l'Inconnu, le trou d'enfer aménagé pour l'isolement de haute sécurité, dans une aile de prison affectée pour l'Anonymat (1). Entre-temps toutes les contraintes de l'assignation à résidence, l'infamie subie au quotidien de celui qui passe pour un traître, sur sa terre d'exil (2), et qu'on traite en paria, les menaces de liquidation physique projetée par le passé au niveau des agents du Mossad et pouvant l'être encore au niveau de ceux qui ne le jugent pas moins méritant que Rabin, assassiné en 95. Tant de hargne contre ce citoyen du monde (3) que l'État hébreu n'est pas près de faire descendre du pilori interpelle la conscience de tout homme digne de ce nom. Cette injustice criante est intenable. Il est temps, grand temps pour tous ceux qui se sentent concernés par cette interminable Passion, de réagir.
 
L'Occident peut-il faire mieux? L'auteur de ces lignes conviendra qu'en ce qui lui incombe dans cette affaire, l'Occident n'est pas resté indifférent. Loin de là, il aurait fait même beaucoup. Mais beaucoup et bien ne sont pas des synonymes. On reconnaît la lutte et les appels incessants d'Amnesty(4), l'encre qui a coulé et ne cesse pour fustiger l'injustice et demander que Vanunu soit autorisé à quitter Israël. De nombreuses initiatives ont été faites, et largement médiatisées, pour tenter de faire desserrer autour du cou de son porteur le carcan de barbarie. Sans compter les honneurs qui ont été prodigués à l'homme, tant par des universités de grande notoriété que par des fondations et des associations humanitaires. Même au plan affectif, il y eut des âmes charitables pour adopter le fils renié par une partie de sa famille. En somme, l'Occident n'a pas réussi à faire une percée du côté de l'État sioniste mais il ne cesse de couver des yeux le martyr. Alors que pourrait-il faire de mieux? De mieux: cet Occident peut faire ce qui brisera le fer du carcan! Dès qu'il comprendra qu'en l'étreignant si fort dans ses bras, le bourreau se gausse de l'insulte qu'on lui souffle dans l'oreille, ou à cor et à cri, en même temps que du doctorat honoraire ou du Nobel alternatif décernés au paria! Comme de tout le bataclan, du reste. Et d'un. Et de deux: dès que l'Occident aura compris ce qui précède, qu'il arrête de soutenir le bourreau! C'est simple, clair et facile à comprendre dans toutes les langues. Le seul moyen de sauver Mordechai Vanunu est de tendre nos mains réunies, de tous pays, avec le grappin à mettre, solide et déterminé, sur la main du bourreau. En deçà d'une telle initiative, concertée mais on ne peut plus urgente, nous ne ferons que nous griser les uns les autres, de l'encens agité ça et là et qui risque d'occulter davantage les chaines, quand bien même il honorerait l'enchaîné. 
 
L'argent est le nerf de la guerre (5). Le vieux sage qui l'a dit ailleurs -à bon droit et endroit le redit ici. En boycottant les produits qui viennent d'Israël, code barre 729, et en proclamant que nous le faisons pour le paria, en boycottant les agences touristiques d'Israël, et en proclamant que nous le faisons encore pour le paria , en boycottant BHL, Charbit, Sarko, Strauss-Kahn et Cie (6), et en proclamant que nous le faisons pour le paria, en nous rassemblant dans des sit-in, cet été, devant les ambassades d'Israël avec des pancartes appelant au boycott de ce pays, et en proclamant que nous le faisons pour le paria, nous verrons fléchir non seulement la main du bourreau mais ses mâchoires, et tout le corps acculé à la déroute inéluctable. Quand Israël comprendra ce qu'il peut lui en coûter d'être sourde aux cris de l'humanité, nous aurons déjà gagné cette partie. Et Mordechai Vanunu sera redevable de son salut aussi bien au consommateur averti qui trie avant de faire ses emplettes qu'à l'intellectuel qui le précède ou le complète par son écrit .
 
Et les Arabes? Il y a un an à peu près, au cours d'une interview accordée à une chaîne de télé arabe, Mordechai Vanunu a lancé un vibrant appel aux chefs d'états, arabes entre autres, de lui accorder un passeport, et le plus tôt possible, pour qu'il puisse quitter l'enfer. Même si le document demandé ne suffirait peut-être pas à exaucer le vœu de cet homme, il est du devoir de ceux qui pourraient faire quelque chose dans ce sens de répondre à l'appel. Les amis d'Israël de par le monde, mais aussi ses "amis" dans la région devraient se disputer l'honneur de faire rapatrier, coûte que coûte, le plus noble des dissidents. Majestés, Éminences, Excellences, Si certains d'entre vous sont accrédités à Tel-Aviv et, n'en déplaise, ils le sont sans notre consentement, avec notre consentement et assentiment réunis autour de Mordechai Vanunu- que ceux qui ont des ambassades en Israël volent à Tel-Aviv et demandent en leur nom ou le nôtre, peu importe, la rédemption de notre frère! J'en appelle à la conscience des hommes où qu'ils soient pour en prendre acte. Gabès, le 03.07.2010 
 
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1- Depuis qu'il a e été renvoyé en prison, le 3 mai 2010, Vanunu vit dans un état d'isolement total du monde. Il serait détenu dans la cellule construite aux origines pour enfermer Yigal Amir, dans des conditions qui rappellent les Quartiers de Haute Sécurité en Occident. Cf. pour amples détails l'article d'Ynet (quotidien hébreu) traduit et publié ici.
 

2- La thèse d'un Vanunu exilé est soutenue dans une lettre adressée à Vanunu que vous trouveriez ici

3- Exemple parfait de citoyen du monde, en dehors d'Israël Vanunu est reconnu à l'échelle planétaire comme tel. Il a agi dans le cadre de la désobéissance civile et dénoncé le danger que représente non seulement pour la région, y compris Israël, mais pour le monde entier, l'arsenal nucléaire israélien Les associations de défense de droits de l'homme, des institutions académiques internationales, la Fondation altermondialiste "Prix Nobel Alternatif" ont reconnu le mérite et le courage de Mordechai Vanunu, récompensé à maintes reprises. 

 4- Tartuferies, et rien de mieux, quand je lis: "Amnesty International exhorte le gouvernement israélien à ne pas incarcérer Mordechai Vanunu". Depuis quand les exhortations, les résolutions, les condamnations, les indignations adressées au gouvernement israélien ont été entendues? 

 5- Proverbe latin (quelquefois attribué à Cicéron).  

6- Il va sans dire que les quelques noms donnés ici ne sont qu'un grain dans le chapelet. Voir la liste dressée par le journaliste militant José MOVIDAS RUBIO qui concerne quelques entreprises finançant l'État sioniste.

vendredi 16 juillet 2010

A Mordechai Vanunu: lettre de ses compatriotes (I)






Dix-huit ans en prison dont onze dans l'isolement total, puis trois mois encore, entre-temps toutes les contraintes de l'assignation à résidence, l'infamie subie au quotidien de celui qui passe pour un traître, sur sa terre d'exil , et qu'on traite en paria, les menaces de liquidation physique projetée par le passé au niveau des agents du Mossad et pouvant l'être encore au niveau de ceux qui ne le jugent pas moins méritant que Rabin, assassiné en 95: tant de hargne contre cet objecteur de conscience (1) -que l'État hébreu n'est pas près de faire descendre du pilori- interpelle la conscience de tout homme digne de ce nom. Cette injustice criante est intenable. Il est temps, grand temps pour tous ceux qui se sentent concernés par cette longue Passion, de réagir.

L'Occident peut-il faire mieux?

L'auteur de ces lignes conviendra qu'en ce qui lui incombe dans cette affaire, l'Occident n'est pas resté indifférent. Loin de là, il aurait fait même beaucoup. Mais beaucoup et bien ne sont pas des synonymes. On reconnaît l'encre qui a coulé et ne cesse pour fustiger l'injustice et demander que Vanunu soit autorisé à quitter Israël. De nombreuses initiatives ont été faites, et largement médiatisées, pour tenter de faire desserrer autour du cou de son porteur le carcan de barbarie. Sans compter les honneurs qui ont été prodigués à l'homme, tant par des universités de grande notoriété que par des fondations et des associations humanitaires. Même au plan affectif, il y eut des âmes charitables pour adopter le fils renié par une partie de sa famille. En somme, l'Occident n'a pas réussi à faire une percée du côté de l'État sioniste mais il ne cesse de couver des yeux le martyr. Alors que pourrait-il faire de mieux?

De mieux: cet Occident peut faire ce qui brisera le fer du carcan!
Dès qu'il comprendra qu'en l'étreignant si fort dans ses bras, le bourreau se gausse de l'insulte qu'on lui souffle dans l'oreille, ou à cor et à cri, en même temps que du doctorat honoraire ou du Nobel alternatif décernés au paria! Comme de tout le bataclan, du reste. Et d'un.

Et de deux: dès que l'Occident aura compris ce qui précède, qu'il arrête de soutenir le bourreau! C'est simple, clair et facile à comprendre dans toutes les langues.
Le seul moyen de sauver Mordechai Vanunu est de tendre nos mains réunies, de tous pays, avec le grappin à mettre, solide et déterminé, sur la main du bourreau. En deçà d'une telle initiative, concertée mais on ne peut plus urgente, nous ne ferons que nous griser les uns les autres, de l'encens agité ça et là et qui risque d'occulter davantage les chaines, quand bien même il honorerait l'enchaîné.

L'argent est le nerf de la guerre (2). Le vieux sage qui l'a dit ailleurs -à bon droit et endroit le redit ici. En boycottant les produits qui viennent d'Israël, code barre 729, et en proclamant que nous le faisons pour le paria, en boycottant les agences touristiques d'Israël, et en proclamant que nous le faisons encore pour le paria , en boycottant BHL, Charbit, Sarko, Strauss-Kahn et Cie (3), et en proclamant que nous le faisons pour le paria, en nous rassemblant dans des sit-in, cet été, devant les ambassades d'Israël avec des pancartes appelant au boycott de ce pays, et en proclamant que nous le faisons pour le paria, nous verrons fléchir non seulement la main du bourreau mais ses mâchoires, et tout le corps acculé à la déroute inéluctable.

Quand Israël comprendra ce qu'il peut lui en coûter d'être sourde aux cris de l'humanité, nous aurons déjà gagné cette partie.
Et Mordechai Vanunu sera redevable de son salut aussi bien au consommateur averti qui trie avant de faire ses emplettes qu'à l'intellectuel qui le précède ou le complète par son écrit .
Et les Arabes?

Il y a un an à peu près, au cours d'une interview accordée à une chaîne de télé arabe, Mordechai Vanunu a lancé un vibrant appel aux chefs d'états, arabes entre autres, de lui accorder un passeport, et le plus tôt possible, pour qu'il puisse quitter l'enfer.
Même si le document demandé ne suffirait peut-être pas à exaucer le vœu de cet homme, il est du devoir de ceux qui pourraient faire quelque chose dans ce sens de répondre à l'appel. Les amis d'Israël de par le monde, mais aussi ses "amis" dans la région devraient se disputer l'honneur de faire rapatrier, coûte que coûte, le plus noble des dissidents.
Majestés, Éminences, Excellences,
Si certains d'entre vous sont accrédités à Tel-Aviv et, n'en déplaise, ils le sont sans notre consentement, avec notre consentement et assentiment réunis autour de Mordechai Vanunu- que ceux qui ont des ambassades en Israël volent à Tel-Aviv et demandent en leur nom ou le nôtre, peu importe, la rédemption de notre frère!

J'en appelle à la conscience des hommes où qu'ils soient pour en prendre acte.

Gabès, le 03.07.2010




Cher Mordechai,

L'eau et le sel n'abjurent pas ceux qui les ont partagés.
Pour peu que ce cri soit entendu, que d’autres voix le relayent. Que s’y reconnaissent et secouent le carcan ceux qui refusent l’institution de la calomnie, du puritanisme à quelque niveau soit-il, de la chasse aux sorcières. Pour peu que l’objection de conscience mobilise ses défenseurs, que le cloué au carcan de la plus noble des dissidence ne soit pas seul dans cette bataille, que d’autres, plus nombreux et déterminés, le rejoignent en deçà du mur comme au-delà.

Pour peu que la raison des hommes l’emporte sur celle de l'État, que les barbelés, les checks-points, la clôture de sécurité et la hargne daignent accorder à ce cri une passerelle, un créneau. Pour peu que la Prison (4) veuille entrebâiller sa porte et, scellant à jamais la bouteille de ses démons, condescende à te bouter hors de ses frontières, tes amis d'ici et de tous pays, ta patrie natale et toute la terre, tes frères arabes et ceux du monde entier seront là où tu voudras pour te souhaiter la bienvenue.

Tu n'avais que neuf ans lorsque tes parents, bernés par les bons apôtres, t'ont ravi à ton pays en même temps qu'aux tiens.
Sans quoi tu ne serais pas là où tu es maintenant (5), ni n'aurais besoin que je t'appelle de si loin pour te dire : tu nous manques terriblement, frère!

Alors, s'il y a une chance pour toi de leur réchapper, une chance de sortir indemne de l'enfer, n'oublie pas ceci: ici toutes les maisons sont les tiennes.

Je te sais hanté de ces années dont personne ne guérit. Ce cordon qu'on croyait sectionné, et tu sais de quoi je parle, est toujours intact. Il n'a pas besoin d'être ressoudé. Tu te souviens de cette enfance qu'on voulait te confisquer. Du lait partagé d'avant le sevrage. Tu t'en souviens comme si c'était d'hier, comme si c'était d'aujourd'hui.

Et pourtant, quand la nuit carcérale daigne te laisser à ta solitude, que celle-ci te lâche après les souvenirs, quand tu tentes d'évaluer le chemin parcouru, que tu comptes murs, murailles, vallées, montagnes, plaines, rivages puis les mers, à quoi ajouter le demi siècle d'exil, tu ne peux que détourner la tête.

De peur que le vertige ne te trahisse. Et surprenne l'éclat opalescent de tes yeux.

Que d'années perdues depuis qu’ils t’ont ravi au Maroc! A l’Afrique du Nord où partout ce sont les tiens. Je ne parle pas de Georges, ni de Yahya, ni d’Abraham ni de tant et tant d’autres encore que tu connais. Ceux-là, vivants ou morts, refuseraient que je les détache des Ali, des Mohamed et des Fatma. Ou de tout autre prénom communautaire inscrit sur les registres de notre état civil. De Tripoli à Tanger, en passant par Gabès et Constantine, et de si loin que se souviennent les hommes, jamais la terre n’a renié ses enfants. Ceux-ci non plus d’ailleurs. A part ceux qu’on a pipés, dupés au nom d’un idéal dont on sait les conséquences. Et que beaucoup du reste, sitôt débarqués sur la terre sans peuple, l’ont sans ambages abjuré. Même les autres, ceux qui, aliénés, croient encore aux vertus de cet idéal, même ceux qui, faits et devenus rouage du système, ceux qui campent par la loi du feu et du sang sur la terre volée ou squattent dans les maisons dont ils ont chassé les propriétaires, quand quelqu’un leur rappelle les cafés de Sidi Bou-Saïd ou d’Oran, la médina de Tunis ou les souks d’Alger, un point d’attraction quelconque surgissant d’on ne sait où pour les désarçonner, déboussolant un moment leur aveuglement et rendant au cœur ses artères, diraient : « Oh, oui, ouhak rabbi ! c’était bladi!» (6)

Mais toi, Mordechai, c’était une autre histoire, et un déboire tout autre.

1963, en ce jour « J » que les tiens auraient marqué en gras depuis quelques ans seulement pour partir. Les parents et les plus petits d’abord, et toi avec(7). Et le reste qui suivra.

Quand tes parents faisaient leurs valises, que tes aînés s'affairaient entre les chambres et que ta maman te criait de lui passer ceci ou cela, tu étais déjà à dévaler les escaliers, essoufflé, ou loin de la maison, remontant puis descendant les venelles, avec quelque chose de brûlant dans les yeux. Qui te voilait le soleil de Marrakech. Et ce cœur gros, ce gros nœud au gosier qui t'empêchait de respirer.

Jamais. Au grand jamais tu n'as oublié Fatima, Yahia, ni Abdellatif et Jocelyne. Ni Mohamed ni Abraham et George. Infimes graines dans le long chapelet des utérins. La smala du quartier. Les voisins, les frères et sœurs avec qui tu as partagé l’eau et le sel. Les camardes de jeux, les commerçants de ta rue, les amours précoces, transies et candides. Ni tout ce que tu as laissé derrière les murailles et les mers. Et qui n’a jamais cessé de t’appartenir, Mordechai.

Ces braises inextinguibles que tes ravisseurs voulaient éteindre. Que tu as constamment couvées au plus profond de ton cœur. Pour qu’à jamais la brûlure transperce les cendres. Et te garde à la terre natale, envers cabale de ravisseurs et mandataires, fortement soudé.

Jamais. Au grand jamais tu n’as oublié les artères qui mènent au cœur. Enchevêtrées. Les lignes et courbes sinueuses guidant la géométrie de tes fugues. La médina et ses anses. Tes errances d'enfant prodigue. Ni Tachfine ni Sofia ni les parfums du jardin Majorelle. Ni Jamaâ El Fna qui te tambourine à même les tympans, les herbes fleurant bon des narguilés, étourdissant serpents et leurs dompteurs sur l’immense place où il faisait bon t'égarer. Les jongleurs qui ravissent aux touristes leurs yeux et sous, l'enfant qui se hisse sur la pointe des pieds pour te rappeler, l’encens qui moutonne, t’aveugle et LE suffoque. Ni, tout autour des yeux, les moites guirlandes de lampes qui dansent.

Comment oublier tant d’images associées à tes racines, comment oublier ton Maroc, comment te défaire de ce parfum de la mère dont tu as prodigieusement arrosé chaque pli et repli de ta valise, au moment où tu as su enfin que les dés étaient joués ?

Ces myriades d'étoiles qui se bousculent dans la mouvance de la mémoire, gaufrées à même la prunelle, ces novæ qui peuplent tes rêves, ces lucioles qui voltigent à même les cils et hantent depuis l’éternité ta terre d’exil, jamais tu n’as pu t’en détacher.

Et puis tu as grandi.

Et il t’a fallu composer avec l’inconfort de cet état d’orphelinat. Sur la terre ravie qu’on voulait greffer en amont des racines, il t’a fallu te plier un moment au mektoub. Ou plutôt juste faire avec. En attendant l’opportunité de te défaire de ce ralliement forcé, le moment de leur balancer leurs quatre vérités à la face. Et reprendre en main ta destinée.

1982, la date butoir.

Il t’a fallu non pas un alibi pour te démarquer de cette fausse mère, la catin qui t’a serré enfant contre sa poitrine pour t’abuser. Et te baiser. Sauf ton respect.

Mais la RAISON. La preuve infamante, irrécusable de leur barbarie.

Quand tu as vu les crimes des sionistes au Liban, que Beyrouth fut livrée à ses assassins par Sharon, que la Shoah et l'Holocauste, les vrais, étaient l’œuvre de ces bons apôtres qui avaient enrôlé tes parents, que le sang versé à Sabra et Chatila rejaillirait fatalement sur quiconque le voit et ne fait rien pour l’arrêter ni le venger, tu ne pouvais plus aller plus loin.

Le jour même que les images de l’horreur sortaient de Beyrouth et commençaient à se répandre à travers le monde entier, tu as abjuré David et son étoile (8). En signe de purification. Et le Mur occidental et le Temple (9). De même que Jérusalem-Ouest (10) et tous les lieux infestés par les criminels. Juré, tu l'avais juré que la violence du peuple palestinien était légitime. Que le terrorisme prêté aux fedayins était un mensonge. Et qu'il était urgent de rendre à tes singes leur monnaie! La catin qui t'a baisé, enfant, devait l'être à son tour par l'homme!


(A suivre)

Gabès, 14 juillet 2010.

1- Exemple parfait de citoyen du monde, en dehors d'Israël Vanunu est reconnu à l'échelle planétaire comme tel. Il a agi dans le cadre de la désobéissance civile et dénoncé le danger que représente non seulement pour la région, y compris Israël, mais pour le monde entier, l'arsenal nucléaire israélien Les associations de défense de droits de l'homme, des institutions académiques internationales, la Fondation altermondialiste "Prix Nobel Alternatif" ont reconnu le mérite et le courage de Mordechai Vanunu, récompensé à maintes reprises.

2- Proverbe latin (la sentence est attribuée aussi à Cicéron).

3- Après avoir purgé 18 ans de prison, depuis sa libération en 2004 Mordechai Vanunu est assigné à résidence et interdit de quitter Israël. De 2004 à ce jour, il a été interpellé 22 fois par la justice pour non respect des restrictions qui lui sont imposées (défense d'avoir des contacts avec des étrangers et de sortir de Jérusalem-Ouest) Le 24 mai 2010 Mordechai Vanunu a été renvoyé en prison pour 3 mois. Il devrait être libéré le 23 août prochain. Mais libéré ne veut pas dire libre. Ce qui justifie la majuscule ici: seule l'autorisation à quitter ce pays (avec affranchissement de toute poursuite à l'extérieur par les agents du Mossad) permettra à Mordechai Vanunu d'être enfin libre.

4- Il va sans dire que les quelques noms donnés ici ne sont qu'un grain dans le chapelet. Ci-dessous une liste dressée par le journaliste militant José MOVIDAS RUBIO qui concerne quelques entreprises finançant l'État sioniste.
http://www.legrandsoir.info/Boycottons-les-collabos-de-l-etat-sioniste.html


5- Selon l’édition en hébreu d’Ynet daté du 13 Juin, Mordechai Vanunu, placé dans une prison sous haute surveillance, vit dans l’isolation totale au point même que personne, pas même le commun des geôliers ne savent où le localiser. Il pourrait bien être ce Mr X à propos de qui on lit : « Personne ne sait qui est Mr X. Ynet a appris qu’un homme avait été emprisonné depuis un certain temps dans l’aile 15 à la Prison Ayalon mais personne ne sait qui il est et quelles sont les chefs d’inculpation pour lesquelles il est emprisonné. Personne ne lui parle, personne ne le voit, personne ne lui rend visite, personne ne sait qu’il est en prison. Il a été mis dans une situation de séparation complète du monde extérieur »

6- En arabe : « Pardi ! c’est mon pays ! »

7- La famille nombreuse (composée des parents et leurs 12 enfants) s'est divisée en 2 groupes pour effectuer l'émigration. Mordechai Vanunu et 4 frères accompagnés de leurs parents constituaient le premier groupe.

8-
La crise de foi que Mordechai Vanunu a vécue à cette époque le conduira en un premier temps vers le bouddhisme, puis à se convertir au christianisme au sein de l'église anglicane. A partir de 2005, "John Crossman" sera son nouveau nom de baptême.

9- L’abjuration est à prendre au diapason du sens engagé dans la guerre des mots : ici ceux qui emploient l’expression « Mur occidental » sont dans le camp opposé de ceux qui disent « Mur des lamentations », « Mabqa » ou « Alboraq ».

10- Tout au long de l’assignation à résidence dont il fut l’objet depuis sa libération en 2004 et jusqu’à sa récente réincarcération, Mordechai Vanunu n’a cessé de demander à ce qu’on le déplace de Jérusalem-Ouest à Jérusalem-Est, et plus précisément dans la partie où la population arabe est enclavée. Chez Mordechai Vanunu, cette volonté de transfert est motivée non seulement par des raisons politiques évidentes mais aussi par l’instinct de survie, l’hostilité d’un environnement où les puritains de tout bord ne sont pas près de desserrer l’étau de la calomnie et de la persécution. Et l'on comprend davantage les risques liés à un tel environnement quand on se rappelle les conditions qui ont conduit à l'assassinat de Rabin en 1995.

source de l'image: desertpeace.wordpress.com

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