lundi 12 juillet 2010

Sécurité et médiamensonge: la ratatouille niçoise

« Filmé par une caméra de surveillance dans la ville de Nice. Ceci est un enregistrement vidéo pris par la caméra de l’entrée d’un immeuble. Cela se passe en France, aujourd'hui.
Voilà la FRANCE d’aujourd’hui avec les gens courageux des banlieues !!! Mais où est la justice. Deux choses possibles : Tu es d' accord avec ce que tu vois sur la vidéo et tu ne dis pas un mot, Tu es indigné, et tu fais suivre à tous tes contacts!!! Question de conscience... »Audrey Mennillo.(1)

Le message est on ne peut plus clair, Audrey Mennillo.
Mais dans un contexte où la mondialisation a permis aux grands de mettre le grappin sur tout ce qui paye ou promet de payer, y compris l'import-export d’immondices où certains futés trouvent incessamment des créneaux pour consolider leurs valeurs boursières et du même coup "morales", il arrive que la caméra de surveillance tronque joliment la vérité, nous joue des tours de passe-passe ahurissants!
Quand fiction et réalité s’acoquinent au point de se confondre pour servir « à bon droit » et endroit les citoyens, la formule incantatoire par laquelle tu interpelles la justice peut s'altérer d'elle-même, et -faute de crédit à cette base- servir de vulgaire oripeau pour couvrir la haine.
Je sais que, tout compte fait, tu peux être de bonne foi. Que tu n’es pas la première ni la dernière à avoir « succombé » à cette pipée. Que la toile est partout truffée de leurres pour nous piéger en diverses circonstances. Mais à force de constater la soutenance de l’insoutenable dans ce commentaire "momifié" depuis tantôt 3 ans ou plus, envers et contre les protestations répétées, même l’argument de bonne foi que je tente de faire valoir ici ne peut verser, objectivement, que dans ce jeu de dés pipés..

« J'en ai marre de recevoir des messages suite à cette vidéo, dis-tu, alors je précise à tous que cette vidéo et ce commentaire ont été envoyé par une ancien gendarme à la retraire pour faire passer et voir la réalité des choses. Si personne n'est touché bah c'est bien malheureux, les commentaires sont plus visés sur NIce ou la Banlieue que sur l'agression en elle même qui je pense est tout de même grave non . Chacun ses priorités... "

Sauf respect de tes priorités sur lesquelles j’aurai à revenir, tu aurais tort de t’emporter ainsi contre ceux qui t’« importunent ». Parce que ces derniers ne demandaient qu'une chose: restituer à son contexte authentique cette vidéo. Personne ne t'a demandé quoi que ce soit sur ta source d'information. En tout cas pas l’auteur de ces lignes. Néanmoins, puisque tu en parles, « gendarme à la retraite » ou autre source tout aussi digne de foi ne pourraient en aucun cas répondre de la part qui t’incombe dans la diffusion de l’information. Ni atténuer le moindrement ta responsabilité vis-à-vis des retombées pouvant s’ensuivre. Si tu attribues à cette vidéo une identité niçoise alors que tu sais pertinemment qu’elle provient de Washington, c’est qu’il y a nécessairement une bonne raison à tes yeux pour déformer ainsi la vérité. Au regard de la loi, même si tu t’en fiches, c’est un délit qui s’appelle faux et usage de faux. Mais va quand même! Michel Collon, Paul-Eric Blanrue, Bruno Guigue, Pascal Boniface, et j’en oublie, ne me contrediront pas si j’affirme que sans tous les mensonges dont on nous submerge, il serait bien difficile de plaider la cause de la vérité!.

« Les commentaires sont plus visés sur NIce ou la Banlieue que sur l'agression en elle »
Oui, mais Nice et la Banlieue sont déjà saturées de ces immondices. Pourquoi leur rajouter ce luxe importé des U.S.A ?
Quand le détail « Nice et Banlieur » s'avère tendancieux, l'information devient intox, mésinformation, médiamensonge. Et quand quelqu’un, voire plusieurs t’interpellent à ce sujet pour te dire qu’occulter à bon escient la vérité, nonobstant ce désir farouche de nous faire
« voir la réalité des choses », peut causer plus de mal que le bien escompté de cette ratatouille niçoise de mauvais goût, il est de ton devoir de museler les "importuns", d’apporter à ce commentaire la mise à jour nécessaire, la rectification demandée. Sans quoi tu nous donnes la preuve, et tu l’aurais fait, que tu cautionnes l’effet pervers de l’information, tu souscris aux intentions malveillantes, que je prête à des fascistes sionistes (2) impénitents, guidant ce commentaire mensonger.

« Chacun ses priorités » dis-tu.
Tu crois qu’en attisant la haine tu pourras résoudre le problème de l’insécurité ? Tu te trompes ! Tu crois qu’en salissant ainsi ceux qui ont l’épiderme noir ou basané tu vas expurger la langue française des référents à la « vermine » et au « kachner » ? Tu te trompes !
Pour que les tiennes soient pertinentes -et je parle encore de tes priorités- il ne fallait pas passer sous silence le problème de fond: l'injustice et l'exclusion. Des amis, en guise de commentaire à cette vidéo, ont invoqué la loi de la jungle. Ils n’ont pas tort de dire cela. Et personne ne pourra te contester, à toi ou à qui que ce soit, le besoin légitime, instinctif, de sécurité. Que ce soit en France ou ailleurs, dans les banlieues ou les centres-villes, c’est une question vitale pour tout le monde. Et il est de ton droit d’en faire une priorité. Mais la sécurité et l'exclusion ne peuvent jamais faire bon ménage. La sécurité et l'injustice, de Nice à la Courneuve, de Mellassine à Sidi Bouzid, de Johannesburg à Chicago, et j'en passe, ne peuvent sous quelque latitude cohabiter.
Et puisqu’on parle de jungle, ayons le courage de dire aussi que l’arbre ne devrait pas cacher la jungle.

Qui dit "loi de la jungle" reconnaît déjà l'implacable principe de survie qui justifie chez les animaux le recours à la violence. En même temps que la sélection de la cible de prédilection dans cette terrible logique et ce contexte précis.
Et là sur la vidéo gobée d’un trait « à l'état brut », toi et moi dirions que les hommes n'auraient rien à envier à leurs consanguins de la jungle, si ce n'est que ces derniers sont au dessus de tout jugement moral.
Évidemment l'analogie serait quelque peu faussée ici si on occulte le fait que, dans le monde animal, prédateur et proie n'appartiennent jamais à la même espèce. Même si le jargon scientifique prête parfois à la confusion. Tu pourrais regarder le doigt là où le « sage » tente de te montrer la lune, et alors je précise : ne va pas croire que je veuille dire par-là que sur cette vidéo l’agresseur est prédateur et, selon la même logique, l’agressée est proie. Non, mon propos est tout autre. Et tant pis, si le sage se fait encore mal entendre !
A la télé comme sur cette vidéo, on ne te montrera jamais les vrais prédateurs. Le principe du médiamensonge est partout le même, basé sur la manipulation ou la troncature de l'information. Et du support qui la véhicule. On s'arrange toujours pour masquer la tête de la bobine, la part qui incombe aux saigneurs. Et lorsque la m… couvre de sa puanteur intenable les saignés, les champions de l’imposture n’en demandent pas mieux pour piper encore le jeu.

Ce Noir américain qui s’en prend ici à une vieille mémère, immigrée grecque, à Washington, aux U.S.A (3) et non à Nice en France, serait-il prédateur comme porte à le croire cette vidéo ?
J’ai quelques raisons de dire que celui qui se laisse piéger par une caméra surveillance n’en a pas une chez lui (mais ce n’est pas une raison suffisante d’attaquer ceux qui en ont ! passe encore s’il avait visé de ce côté-là : ici c’est un nu qui pille un mort, comme dit l’adage arabe !)(4). Ni ne peut avoir le minimum vital qui l’empêche de végéter dans la médiocrité ou la misère. Autrement il nous aurait épargné et le spectacle de la vidéo et ce topo. J’ai quelques raisons de croire qu’un voyou qui agresse de la sorte une personne aussi vulnérable n’en serait pas arrivé à une telle bassesse si les prédateurs du système économique ne l’y avaient pas en quelque sorte condamné. J’ai quelques raisons de croire que s’il avait eu la moindre chance pour se faire épargner une telle descente aux enfers, cette vieille dame ne l’aurait pas croisée sur son chemin, ou alors le croisement se serait produit dans d’autres circonstances
A. Amri
09.07.10





4- La vieille dame agressée était une petite marchande ambulante qui vendait des bérets.



Vidéo de l'agression

vendredi 11 septembre 2009

Que vous ne verrez pas


Aujourd'hui, le monde dit libre commémore son 11-9 étasunien. Mais il est un autre 11 septembre dont ce même monde ne se souvient plus. Contre l'amnésie et les ségrégations commémorielles, une pensée pour le Chili dont on a assassiné la démocratie naissante le 11 septembre 1973. Aux victimes des escadrons de la mort de toutes les dictatures.


Mémorial en hommage aux victimes assassinées par la dictature militaire chilienne, entre 1973 et 1990 : une partie des noms des militants politiques exécutés.

des hommes

que vous ne verrez pas

n’entendrez pas

ne lirez pas


des hommes qui rentrent chez eux un soir

comme tous les soirs

qui ne soupçonnent rien

qui ne se retournent pas

sauf une dernière fois

pour pivoter sur eux-mêmes

tituber un dernier pas

et tomber

surplombés par des masses noires

et silencieuses

que vous ne verrez pas

n’entendrez pas

ne lirez pas

des femmes

qui ont préparé le dîner un soir

comme tous les soirs

qui ne soupçonnent rien

parfument leurs chambres

et attendent encore

que vous ne verrez n’entendrez ni lirez

hommes et femmes

pris en filature un soir

qui ne soupçonnent rien

qui pensent à un foyer une nuit ou à rien

le temps de gagner

l’insoupçonnable traquenard

que vous ne saurez pas

des pays

exécutoirs

pour exécuteurs

exécutions

et silences


A. Amri

Malakoff - Juillet 1980

(Publié dans un ouvrage collectif, édité par Ghislain Ripault Table Rase - Paris 1980, dans le cadre de la campagne internationale pour la libération de Abdellatif Laâbi)



A Kamel Matmati, Fethi Louhichi, Abbas Mellouhi, Walid Hosni,

respectivement disparus et introuvables depuis 1991, 1996, 2002, 2009.
A Mohamed Allani et Khaled Zghal qui ont connu le même sort, à des dates que je n'ai pu établir.
A tous ces Tunisiens kidnappés par la police et jamais revenus aux leurs. Ces Tunisiens dont la plupart seraient morts de longue date, mais personne n'en a la certitude, les cadavres, les traces des arrestations, la police même qui a procédé à ces arrestations sont absents pour confirmer ou infirmer quoi que ce soit.

Aux parents de ces disparus dont certains ne sont plus de ce monde.







jeudi 8 janvier 2009

Entre plume et poète

"Dis-moi, plume, qu'est-ce qui te délie par moments des rides, l'acide des maux ou le mot acide ? qu'est-ce qui parfois te fait si coulante, si fée ?"
- Les doigts de fée !
- Tu veux dire mes doigts ? ah, quel beau compliment !
- Il te ment, le beau compliment ! tes doigts sont rudes !
- Dur à avaler cet adjectif-là ! mais alors dis-moi ce qui te fait si coulante, si fée ?
- Que je puisse l'être parfois, c'est sûrement que l'antre du vieux est plus spacieux que d'ordinaire, plus aéré et, quoique enfumé de tabac impénitent, plus parfumé.
Si je glisse lisse sur le papier, c'est pour pépier sous le satin à la douce main de ma fée. Tandis qu'aux cieux de leurs yeux  les saints me clignent des deux. Imagine sous le mot négligé le filet des sens. Et l'essence et la substance à l'encens qui en moutonne. Sous ton nez à telle friandise tourné.
Sache, maudit poète qui ne fais cas de leurs périls à ces pentes savonneuses des maux, que le mot négligé est une mine de sens. Ne papillonne des cils ni n'en papillote ! laisse à ton nez le temps de respirer !

Les fragrances du thym sauvage, la graine de haschich s'écossant  sur les monts sacrés.
Si tu l'as égaré -le sucré mont, ta boussole et le nez qui flaire, égaré ! sinon ouste ! marche-arrière à-reculons vers le mot et l'essence que les sens ont négligés ! Le djebel de vœux-nise, si délire t'en dit! N'en pipe mot aux candides qui, redoutant l'épidémie de choléra-morbus, s'en grattent le duvet de mont et sourient aux anges ! 

Respire long le benjoin qui en monte !
- Est-ce à dire, ma chère plume, que la patronne Vierge, pour ton vœu,  te couve des yeux ?
- Respire fort,  mais ne force pas aux maux leur sens, please ! ni à la mahométane plume sens de mots ! Vise plutôt ses dessous au négligé qui sasse mes sens ! vise haut et beau ! ou beau et bas ! dans tous les sens et tous les plis, les lacets et ce qui s'en ébroue, les ravissements qu'ils corsètent ou délacent, la face que rayonne ta plume, nonobstant la superbe arrogante, et le satin des mains !

Remonte-s-en à la plume sa superbe méprisante, qu'elle glisse lisse sous la main qui pense !
- Voudrais-tu insinuer, misérable calame qui m'insultes, que la main du poète soit lisse ?
- Foin du poète et sa main !
- Quoi ?
- De toi foin et pouah ! il n'y a de satin que pour la main qui pense !
- C'est la tête, idiote, qui panse !
- Ne panse haut ni beau que mon papier satin quand il pense ! et se dépense à me tirer les vers du nez, les perles d'or par quoi j'écris et danse ! les larmes d'encre à quoi, le moment venu, nu dûment viendra s'ancrer le mont ! Quand l'épée à la menthe aura sabré son fond, sous son double-fond échancré !

- Calame, j'ai comme l'impression que tu baves un peu, non ?
- Tu baves un peu, qu'il dit le calame !
Qu'un clam s'ouvre au fond des mers pour que la mer se pourfende sous les remous le fond, que le mou à la main minaude ce que la renaude moule soûle faxe au satin de la main, que la fée devienne à ta plume son séide thuriféraire, et tu veux que la mahométane n'en écrive ni bave !

L'onguent des gants, l'ongle onctueux, les doigts translucides, pulpe de dattes et leur rob, ont sur l'âme du crayon ce que les rayons de Dieu sur le Poète qu'Il illumine et dit. Baume émollient qui coule chaud de la paume quand elle empaume subrepticement le nerf tendu.

Consonne ou voyelle ? qu'elle dit.
Et  le chiffre des sens s'ouvre. Telle une gousse de fève, ou le fruit déhiscent. Kifkif le ciel qui s'évase, la gaze de la tutu ! Têtue la plume tète, replète, pour sa fête au sens, et sous l'aura du négligé que néglige l'auréole  des saints, à cause des desseins noirs qu'on mijote, croisés ligués contre leur déléguée, esseulée, aux mahométans !
- Consonne ou voyelle?
- Con-sonne ou pas, c'est kifkif Yelle, groupe français d'électro-pop, mais sans leur tête aux maux ! Décapité le mot, c'est Elle ouvrant sa voie à la plume qui écoule maux et leurs coulées aux mots.
- Consonne ou voyelle?
- Fous-moi la Paix ! ou juste la lettre qui suit ! et n'en pipe mot de plus ! Sans quoi, poète, c'est l'overdose ! et les plombs qui pètent !
- Pète tes plombs ! va, qu'est-ce que tu attends ?

- Que pète de son feu le calumet à la bouche qui fume ! Et son nez à la camée se tende et distende, qui soupçonne ici ou là le mustang et ses sabots !

La camée en a le blanc de l’œil au tout noir fondu et confondu ! Et la plume en balle de la tête fêlée, dans tous ses états, et du restant flageole !
Mustang,  renifle fort sous ton ciel apache ce qui donne à la fumée le ton, l'épaisseur ! et ses nuées concupiscentes à l'indienne qui sirote mon parfum enivrant. Plisse tes flancs qu'elle en frissonne, elle aussi, tends les tendons, qu'elle tende les lèvres et les narines haletantes ! Bande, fière, ta plume qu'elle en sourde des fontaines ubérales ! s'en débande le cloitre et le bastion, le corset et l’élastique, l'éclectique et ses lacets !

Et délacée, ouverte, réceptive, dévote, dévorée et dévorant ces fruits qui sortent de ta bouche, te supplicie: " sus, n'en rajoute! tu me tues !"

- Tout ça pour la lettre guerrière qui vient après le paix?
- Ne casse pas à Grevisse ses vices et sa grammaire: on dit la paix, et non le paix ! Pour l'après-paix et sa franche lippée à celle qui en trône sous le mot négligé, je ne saurais dire qui des deux sera tous yeux  pour l'autre, et qui  l'heureux couvé des yeux !
Le Frère qui évase à la rose son calice ouvert et l'éclose corolle ? ou la sœur qui, sous la corolle, livre tout aux yeux doux de sa Douceur de Frère. Le damné qui en a mine mouchetée pour la miche qui lui minaude, ou sa Douceur de sœur qui en tremble, attendant ce qui s'ensuit ? Le nez qui se plante dans la raie, ou la raie qui s'ouvre et vagit ? Le visage qui se plaque et serre, serre fort, et se ferre à son aimant, ou, minée par une telle haleine qui la brûle au vif de sa miche, la menthe qui embaume, toutes pétales closes, et s'ébroue ? Le baume s'étale et cambre hanches et la colonne, ou la colonne que, chancelante, cherche Sœur pour l'appui ?

Tandis que la plume lisse et glisse sur le satin du papier.
Et les sens en lice piquent du dard les contours et les plis,  que ses douces mains à Frère, dévotes, lissent et déplient. Ainsi elle tisse au sens la lune qui l'illumine. Les splendeurs et la terreur que tel fort, inviolé ou inviolable, inspire ou respire !

Le sais-tu, poète, le sens torsadé des gerbes qui me tordent ? quand elles ondulent et ondoient sous le mot négligé ? Le sais-tu ce qui m'épouvante, me sidère, me laisse bouche-bée, ma terreur et mes frissons, quand je vois de telles splendeurs, le gracieux des Danaïdes qui se livrent à l’œil dévot,  le galbe,  la cambrure, la fente, l'ambre du pubis,  le repli à l'ombre, le ton chaud, le pinceau tendu et pendu à la lune qu'il mire ainsi hébété, le sais-tu, sa terreur sidérale ?

C'est qu'il a beau tiquer sur le moelleux..le moelleux le tance et lui dis: panique !

Alors forcément le pieux qui en larmoie de pénitence, va chercher plus bas sa pierre noire à la Kabaa. Le pèlerin qui rôde autour de tel bassin,  avec  la pupille qui y tique et l'astique des cils émus, n'a le droit qu'à y lancer des pierres à Satan qu'il faut des yeux lapider ! 

Elle attend que Frère glisse de sa plume lisse sur l'autre pente savonneuse !
Qu'elle meure en attendant, s'il le faut, mais chaque chose en son temps !

Fière quand elle pourfend à la pudeur sa cuirasse. Que la superbe étalée du plumet agace !
- Agace ? pourquoi ?
- Parce que la plume ainsi faisant le coq, à tant se faire méprisante et fanfaronne, hérisse tout son poil à la siamoise qui en rosit ! et sachant que du haut de son djebel la mahométane lui  cherche des noises, elle en bave et postillonne. Sous son djebel de vœu-nice, il y a des remous dans l'eau qui dort.
Or que dit, là-dessus, la sagesse des peuples et des nations?
- Méfie-toi de l'eau qui dort!
- A supposer qu'il dorme encore, il crie !
- Que dit-il ?
- Que des insultes, et des vertes et de grosses ! " hé toi, « Cateau-la-Borgnesse », le plumet déplumé ! minable ver de terre qui veux te frotter à moi ! viens coquine ! qu'à cela ne tienne ! montre-la moi de plus près ta superbe ! viens voir de quel bois je me chauffe ! tfouh! tfouh sur toi !"
- Elle en met trop, non ? que pourrait-elle, si moue et au cou mouillée de sa bave, contre « Cateau-la-Borgnesse » ?
- Elle n'en fera qu'une bouchée ! et dans un duel à l'issue duquel la Borgnesse en sortira tête basse, humiliée, dégonflée, avec - cerise sur le gâteau- les crachats de celle pour qui elle aura versé de chaudes larmes de pénitences !
- Permets alors que je calme un peu le jeu ! Vous deux, plume et plumier, gagneriez à avoir le sens du fair-play. Sans quoi cela risque de faire couler beaucoup d'encre et pour peu de maux ! Le moment venu, cossez-vous comme des béliers, si cela vous dit, et que le meilleur gagne ! L'une de sa meilleure encre et la superbe rabattue, rebattue comme un matelas l'autre ! Pour le moment, l'arbitre n'a pas sifflé encore le début du match ! Séance d'échauffement, s'il vous plait!"

A. Amri - Rescapés de waad (Inédits 1980)*

26.03.13



Quand les médias crachent sur Aaron Bushnell (Par Olivier Mukuna)

Visant à médiatiser son refus d'être « complice d'un génocide » et son soutien à une « Palestine libre », l'immolation d'Aar...