vendredi 2 avril 2021

Kamal Salibi: un démystificateur de l'histoire biblique, qui a fait école (Deuxième partie)


« Dans les vallées d'Asir, du Yémen et du Hedjaz, il y a des ruines qui pourraient un jour céder aux historiens et au monde davantage sur les anciens États des Sabéens, des Minaéens, des Himyarites et des Nabatéens et des anciens royaumes d'Arabie, et apparaissent de façon plus claire dans les premiers livres de la Bible et des allusions historiques dans le Coran. Qui sait quels trésors de l'histoire reposent dans les ruines enchevêtrées d'Asir? » Gérard De Gaury [1]
                                                                    pages 1, 2, 3, 4 
II- La Bible: aucune preuve sur le sol palestinien 

« Asir, écrit en date du 16 septembre 1985 le magazine allemand Der Spiegel, est plus strictement protégé contre les étrangers que l'État communiste balkanique d'Albanie. Même les conseillers militaires américains, qui construisent une station d'écoute à Asir et un aéroport militaire pour remplacer celui d'Asmara en Érythrée, ne sont autorisés à sortir de leurs bases que lorsqu'ils sont accompagnés d'officiers saoudiens. » [2][3

Province d'Asir en Arabie
Il va de soi que la question que tout lecteur pourrait se poser ici, en réaction à cette information publiée par une revue aussi bien réputée que l’hebdomadaire d'information allemand, est : quels curieux secrets pourraient-ils justifier l'attitude cachottière des Saoudiens au sujet d'Asir [en arabe : عسير  'Acir]? Et s'il y a quelque mystère qui vaille que les Saoudiens le cachent aux Américains-mêmes, est-il pensable que ces derniers, ou les yeux du Mossad dans la région, n'en aient pas encore percé l'écran, surtout si le secret voilé, comme on peut le soupçonner, est intimement lié à la théorie de Salibi ? Le passage cité en exergue, datant de 1946, et la question que se pose son auteur au sujet des trésors cachés d'Asir, permettent de penser que le mystère en question ne serait qu'un secret de Polichinelle. Et il est fort probable que ce Gérard De Gaury, qui était très proche à la fois des services secrets britanniques et du roi Abdelaziz Al Saoud [4], ait pu tenir cachées, de gré ou de force, des informations cruciales que le moment historique précédant de peu la proclamation de l’État d'Israël ne permettait pas de divulguer.  

Mais oublions un moment ce mystère d'Asir pour voir ce que l'histoire a pu nous révéler sur un autre mystère, celui des Hébreux et leur présumé rapport "ombilical" avec la Palestine, leur "Terre promise".  A ce propos, Pierre Rossi que nous avons déjà cité (voir p. précédente: I- Des chrétientés illégitime et légitime) écrit en 1976 : « une illusion compliquée d’une perpétuelle prestidigitation étymologique a pu entraîner bien des gens à voir dans les Hébreux et dans leur « culture » les ancêtres suprêmes de l’histoire de l’Orient et par là même de la nôtre. Et tout d’abord il est bon de savoir qu’en dehors des textes bibliques, l’histoire fait sur les Hébreux un silence total. Nulle part ni l’archéologie, ni l’épigraphie, ni la statuaire ne révèlent le moindre vestige hébraïque. Sur les milliers de textes cunéiformes ou égyptiens qui constituent les bibliothèques d’Egypte, de Ras Shamra ou de Ninive, pas plus que dans les récits araméens le mot hébreu n’est mentionné ; les fameux rois bibliques que sont David ou Salomon ne défraient aucune chronique. Aucune mention non plus de l’épopée et des batailles liées à un exode des Hébreux. Nulle rupture de civilisation n’est attestée par les fouilles faites en Palestine depuis 1890. Le néant est aussi parfait que définitif. Il ne saurait donc être question d’histoire lorsqu’on ignore les faits, ni de tenter de deviner les événements alors qu’on ne possède aucun document. »[5]

D'aucuns diraient, peut-être que Rossi, notoirement connu comme ami des Arabes, n'est pas en bonne position pour s'exprimer à ce sujet. Écoutons alors des Israéliens, et des mieux placés sur le terrain, pour voir s'ils peuvent désavouer en quoi que ce soit les propos de l'auteur français. 

Le 29 octobre 1999, sous le titre éloquent « La Bible: aucune preuve sur le terrain », le journal israélien Haaretz publie une révélation qui, à l'intérieur d'Israël et partout où le mythe de la Terre promise puisse encore tenir, tombe comme une douche froide. Dans un entretien accordé à ce journal, Ze’ev Herzog, chef du département d’archéologie et d’études de l’ancien Proche-Orient à l’université de Tel-Aviv, lâche un aveu explosif, balayant, sur un ton sec et par quelques mots péremptoires, toutes les illusions fondées sur l'archéologie biblique: « Après 70 ans d’excavations et de fouilles extensives sur la terre d’Israël, dit-il, les archéologues ont trouvé que les actions du patriarche sont des histoires de légende; nous n’avons pas séjourné en Égypte, ni fait un exode, nous n’avons pas conquis la terre. Il n’y a pas non plus de mention de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y intéressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre parler. »[6][7]. Le même archéologue ajoute, en guise de cerise sur le gâteau : « Jéhovah, le Dieu d'Israël, avait une femme et la première religion israélite n'a adopté le monothéisme que vers la fin de la période du royaume, pas au mont Sinaï. » [8]

La révélation est tellement « contraire au bon sens » de la pensée judéo-chrétienne que, trois ans après, elle semble encore comme inédite, jusque dans les milieux protestants des USA. Et l'auteure américaine Lisa Knopp, qui ne pouvait la citer qu'au conditionnel [9], permet de mesurer à quel point ce « bon sens » ne peut aisément admettre une thèse scientifique qui ne concorde pas avec la parole biblique.  

Davantage explosives assurément les révélations faites en 2001 par deux auteurs israéliens. The Bible Unearthed, traduit en français dès 2002 sous le titre "La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l'archéologie"[10] opère une déconstruction magistrale des principaux mythes liés à l'historicité biblique. Ses auteurs, Israël Finkelstein, archéologue,  et Neil Asher Silberman, historien et archéologue, y confrontant les découvertes de l'archéologie avec les récits les plus célèbres de la Bible hébraïque, en concluent que les principaux épisodes historiques, tels que l’errance des trois Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob), l’asservissement des juifs en Égypte, l’Exode conduit par Moïse, les 40 ans d'errance dans le désert du Sinaï, la conquête armée de Canaan par Josué, la monarchie unifiée des deux royaumes sous l’autorité du grand David, la splendeur de Jérusalem dotée de son magnifique Temple de Salomon, n'ont pu être attestés par aucune preuve archéologique ou historique. En d'autres termes, ces conclusions signifient que les récits bibliques relatifs aux éléments énumérés, s'il faut les localiser sur la carte géographique imprimée dans l'esprit judéo-chrétien, n’auraient d'autre valeur, à part leur côté mythique.

Peut-être qu'entretemps, dirait-on encore, la « Terre promise » aurait-elle accouché de quelque chose de neuf et réellement consistant qui réconforte un tant soit peu les vérités bibliques. En fait, rien de cela ne s'est produit à ce jour. Faisant l'état sur les découvertes des deux décennies écoulées de ce siècle, le 1er novembre 2017 le journaliste israélien Nir Hasson réitère quasiment le même constat, à travers un article publié par Haaretz, sous le titre : « La Bible est-elle une histoire véridique ? » [11]

A mon sens, la bonne question n'est pas celle-là. Si les dogmes et les aprioris hérités de la Bible hébraïque pourraient tomber un jour comme les illusions des savants israéliens sous les coups de pioche de leurs recherches archéologiques, si le temple de Salomon, la Cité de David, l’Arche de l'Alliance, et bien des reliques chères aux enfants d'Israël [12], sont introuvables en Palestine, est-il possible d'imaginer, dans le prolongement des conclusions de l'archéologie israélienne [13], un changement de paradigme conduisant à reconnaître la théorie de Kamal Salibi ?

Cette interrogation est d'autant plus légitime, je crois, que les conclusions tirées par les archéologues et les historiens israéliens, l'académicien libanais Kamal Salibi (1920-2011), près d'une cinquantaine d'années plus tôt, sinon bien avant encore, les avait déduites de ses propres investigations en tant que spécialiste de l'histoire arabe, ancienne et médiévale, et de ses travaux scientifiques sur l'onomastique et la toponymie des textes religieux. Et cet éminent expert en histoire d'Orient en a acquis la certitude que le champ d'action de l'Ancien Testament n'a pas été la Palestine, mais les collines côtières fertiles de l'Arabie occidentale, ou ce qu'on appelle Bilad al-Asir. C'est là une donnée qui remet en cause non seulement les fondements de l'érudition biblique mais aussi ceux de l'État d'Israël. 

Ce libanais qui a étudié à l'université américaine de Beyrouth et obtenu son doctorat à l'université SOAS de Londres, contrairement aux préjugés racistes et sectaristes des théologiens allemands que nous avons évoqués dans le premier volet de cet article, de son berceau à son tombeau -peut-on dire- n'a fait que boire aux sources de l'histoire universelle. Issu d'une famille de chrétiens protestants, les Saintes Écritures ont constamment fait partie de ses environnements intimes, familial [14] et culturel. De par son éducation en milieu maronite [15], sa formation universitaire, ses recherches et sa carrière académiques, il a acquis une connaissance approfondie de l'Ancien et du Nouveau Testament ainsi que du Coran [16]. A quoi ajouter une très bonne connaissance, historique et philologique, des langues hébraïque, araméenne et arabe [17]. De sorte que lorsqu'un éditeur allemand a pris le courage de publier, en 1985, The Bible Came from Arabia (La Bible est venue d'Arabie) en six langues à la fois (anglais, allemand, hollandais, danois, français et arabe) [18][19], auxquelles s'étaient ajoutées postérieurement trois autres (japonais, malaisien et espagnol) [20], c'est parce que cet éditeur avait jugé à leurs justes valeurs Kamal Salibi et son œuvre. Pour lui, l'auteur arabe, au delà du fait que c'était un debunker sans pair, une révélation sûre, était probablement le premier "exégète", dans toute l'histoire humaine, à doter la géographie de la Bible d'un sens qui soit rationnel et solidement cohérent. Et à ce titre, le travail d'investigation qu'il a fait, extraordinaire, était du plus haut intérêt. Même si la théorie était susceptible de remuer de fond en comble, dans ses implications scientifiques et idéologiques, les bases du socle judéo-chrétien, et l'un des principaux piliers de la doxa occidentale, il fallait impérativement la publier.

Il faut dire que pour faire valoir cette édition multilingue à une thèse aussi révolutionnaire que celle soutenant l'origine arabique de la Bible, Kamal Salibi ne s'était pas contenté de se fier à ce qu'il a pu récolter de ses recherches ardues menées pendant de longues années. Quoique solidement convaincu d'avoir fait une découverte inouïe, quand il a finalisé son livre au début des années 1980, son premier souci n'a pas été de proposer le manuscrit à un éditeur. Mais de le faire vérifier, d'abord, de façon objective, et par une série de réexamens critiques faits par des spécialistes de nombreuses branches scientifiques. Il a associé à ce réexamen des professeurs de divers pays et horizons disciplinaires, dont des collègues de l'Université américaine de Beyrouth, d'autres de l'Institut allemand d'Orient (Orient-Institut Beirut (OIB)), d'autres encore de l'Université d'Erlangen [21]

Cette étape franchie, quand Kamal Salibi a proposé son livre à des éditeurs européens, la plupart, persuadés qu'ils avaient affaire à un apôtre ou idéologue arabe [22] chevauchant une thèse farfelue et irresponsable, l'avaient rejeté sèchement. Les préjugés à caractère raciste ont dû peser fort dans cette attitude, comme en témoigne, outre l'exemple évoqué des théologiens allemands, la déclaration d'un professeur de l'Ancien Testament, allemand lui aussi, à qui on avait demandé de juger les thèses de Salibi, et qui répondait : "Je ne fais pas confiance à un Arabe pour produire une publication sérieuse sur le sujet "[23][24]. Ce mépris devait être partagé par d'autres éditeurs, en particulier britanniques et américains, qui n'avaient même pas jugé utile d'expédier une lettre à l'auteur pour signifier le rejet de son manuscrit.

En dépit de cet hostile parti religieux où biblistes allemands et sionistes étaient ligués, c'est l'Allemagne éclairée en définitive, au bout de nombreuse démarches inabouties ailleurs, qui a accueilli Salibi et son livre. Il a fallu que Gernot Rotter, l'un de ceux qui avaient pu lire et apprécier le manuscrit à Beyrouth, portât le manuscrit à l'attention de l'éditeur allemand Ernst Rowohlt, pour trouver enfin une maison prête non seulement à le publier en sa langue originale, mais à le traduire et publier en cinq langues supplémentaires. 

A sa parution le 3 mars 1985, ou plutôt bien avant déjà, alors même que le texte était encore entre les mains des traducteurs, l'auteur et son livre ont fait l'objet de toutes sortes de dénigrements à travers les mainstreams sionistes en Israël ou ailleurs. « C'est de la mythologie et de la science-fiction », disait Chaim Tadmor, professeur d'histoire à l'Université hébraïque de Jérusalem, décrivant la théorie de Salibi [23]. Le rabbin et spécialiste de la Bible Adnin Steinhaltz estimait que cette théorie est « une absurdité rare » [25]. D'autres, plus nombreux, vilipendaient le diable de tous les temps, l'antisémitisme, doublé de fanatisme panarabiste, tentant de saper les bases sur lesquelles est fondé l'Etat d'Israël [26]. Ces jugements, rapportés par le journaliste britannique Jim Muir un an avant la parution du livre, sont d'autant plus lamentables qu'ils ne pouvaient se fonder que sur les échos faits au titre du livre et à ses présupposés. "Peu de ceux qui attaquent le livre, écrit ce journaliste, ont eu la chance de le lire, de sorte que leurs critiques se sont largement limitées aux expressions générales d'indignation et de ridicule" [27]. Mais ce qui a dû être plus surprenant, et beaucoup plus dur pour Salibi, est que certaines voix arabes, en alliées objectives de ce lynchage médiatique orchestré depuis Tel Aviv, avaient pris elles aussi parti contre sa personne et sa thèse. Ces voix arguaient que le livre pourrait inciter les sionistes, à moyen ou long terme, à réclamer des droits historiques sur la province d'Asir [28], pour autant que celle-ci s'avère l'authentique berceau de la Bible.

Aussi ne serait-il pas étonnant d'apprendre que le livre, sorti le 3 mars 1985, aurait été déclaré épuisé peu de jours après. En fouillant sur le web pour documenter ce papier, je suis tombé sur un texte en allemand, non daté mais probablement écrit par quelqu'un qui s'appuie sur du solide, dont je tire ici cet extrait : "Un fait m'a surpris et a éveillé mes soupçons. Vous ne trouverez nulle part le livre "La Bible est venue du pays d'Asir". Ce titre n'apparaît plus dans les catalogues des librairies. [...] Après sa publication en mars 1985 (ISBN 3 489 06179 9) par Rowohlt Verlag, copyright par Spiegel Verlag, Hambourg, le livre est immédiatement épuisé. Probablement racheté par des groupes d'intérêt pour saper la propagation de ces connaissances dangereuses et politiquement clairement inopportunes.[29].

Pour autant que cette information soit authentique, elle appelle ici deux remarques. La première est qu'il est aisé d'identifier les parties qui ne veulent pas que la thèse salibienne se propage. Quant à la seconde, plus digne d'intérêt à mon sens, est que cette forme de censure, ou rafle à grande échelle pour retirer le livre du marché, quelle que soit la partie qui ait pu la faire, ne peut que servir la théorie de Salibi et la rendre plus crédible.

Nous allons revenir, dans le volet suivant, à cette théorie pour voir comment la thèse délocalisant la vieille Jérusalem biblique de la Palestine pour la replacer au sud-ouest de la péninsule arabique est tellement solide que, sauf fouilles faites un jour à Asir et pouvant l'infirmer, est scientifiquement inattaquable [30]. D'ailleurs, quand on lit les travaux d'El Rubaï [31], de Farajallah Dib [32], d'Ahmed Îd [33],  et d'Ezzat [34], respectivement irakien, libanais, et égyptiens, il y a lieu de dire que la théorie de Kamal Salibi a fait école.


pages 1, 2, 3, 4  
A. Amri
02. 04. 2021


 Notes:

1- Arabia Phoenix, Londres, 1946, p. 119.

2- Traduit à partir de l'allemand: "Asir ist gegenüber Ausländern strenger abgeschirmt als der kommunistische Balkanstaat Albanien. Selbst die US-Militärberater, die in Asir eine Abhörstation aufbauen und einen Militärflughafen als Ersatz für das eritreische Asmara anlegen, dürfen sich nur in Begleitung saudischer Offiziere außerhalb ihrer Stützpunkte bewegen." [Source

3- Hat die Bibel doch nicht recht?, Der Spiegel, 16.09.1985

4- Sur la page que lui consacre le Wikipédia anglais, on apprend que ce personnage, qui était un officier militaire britannique, arabiste, explorateur, historien et diplomate, "a été l'agent politique britannique au Koweït dans les années 1930" et, grâce à une visite rendue au roi saoudien à Riadh, "était l'une des premières demi-douzaines de Britanniques à entrer dans cette ville".  On apprend aussi qu'"il parlait couramment l'arabe et a passé beaucoup de temps à chasser avec Ibn Sa'ud pendant son affectation en temps de guerre au Nejd et Asir. Pendant ce temps, il est devenu une autorité de premier plan dans la région et a écrit un certain nombre de livres sur le sujet plus tard." Cette "autorité de premier plan" ne rappelle-t-elle pas le personnage de Lawrence d'Arabie ? Ce personnage aurait-il joué un rôle dans l'annexion par l'Arabie d'Asir, territoire yéménite jusqu'en 1934?

5- La cité d'Isis: histoire vraie des Arabes, Nouvelles Editions Latines, 1976, pp. 18-19. 

6- Brian Desborough, They Cast No Shadows, Writers Club Press, iUniverse, 2002, p. 125


7- Chems Eddine Chitour, 50 ans après la débâcle arabe de 1967, palestine-solidarite.org, 06.07.2017

8- Nir Hasson, Is the Bible a True Story?, Haaretz, 01.11.2017 

9- The Nature of Home: A Lexicon and Essays, U of Nebraska Press, 2002, p. 126 

10-  Le livre, il faut l'indiquer pour ceux qui préfèrent des documents audio-visuels à un support écrit, a été reproduit sous la forme d'un documentaire (La Bible dévoilée) réalisé par Thierry Ragobert. Il est disponible en DVD. Et pour ceux qui ne pourraient pas l'acquérir de manière légale, en combinant sur Google des mots clés comme le titre et le nom du réalisateur, il y a de fortes chances d'en trouver une copie pirate.

11- Nir Hasson, opt. cit.

12- Il convient de rappeler ici pour le lecteur qui ne le sait pas qu'Israël est le nom qui a été donné à Jacob; ce nom signifie en hébreu « celui qui s'est battu avec Dieu ». Jacob se serait battu à mains nues, dans un duel singulier, contre Dieu, au gué dit du Yabboq.  

13- Il va de soi que nous parlons ici de l'archéologie dite du "minimalisme biblique", et non du camp qui lui est opposé, à savoir "l'archéologie biblique".

14- Un fait à rappeler ici, non pour contribuer de ma part sans le vouloir à diviser encore les Libanais, mais parce qu'il est historique et a dû être oublié par le camp religieux qui, en Allemagne, taxait d'illégitime la chrétienté de Salibi, ces Maronites, issus des anciens habitants de la Syrie, font partie des premiers disciples de Jésus. Ils ont résisté contre la conquête islamique et, par attachement à leur chrétienté, se sont mêmes alliés aux Croisés quand ceux-ci avaient débarqué au Liban. (Voir à ce propos Louis de Baudicour, La France en Syrie, Paris, 1866). 

15- Parmi les anecdotes associées aux biographies de Salibi, il en est une qui mérite d'être citée ici. La punition en milieu scolaire qui consiste à faire recopier x fois tel ou tel textes, Kamal Salibi nous en dit qu'elle était systématique dans son éducation. "Pour mes méfaits d'enfance", confie -t-il à Der Spiegel, "j'ai souvent dû mémoriser de longs passages de l'Ancien Testament comme punition." (Hat die Bibel doch nicht recht?, Der Spiegel, 16.09.1985).

16- Nikolas Dikigoros, Kamal Salibi: Die Bibel kam aus dem Lande Asir!, www.geocities.ws, n.d.

17- Nikolas Dikigoros, opt. cit.

18- كمال الصليبي، التوراة جاءت من جزيرة العرب، ترجمة عفيف الرزاز، مؤسسة الأبحاث العربية، 1997، ص. 8

19- Il semble que l'un des éditeurs européens (pour la version hollandaise ou danoise) avec qui la maison mère a conclu un contrat, sous les pressions exercées sur lui par des groupes d'intérêt opposés au livre a résilié son engagement. Voir préface de l'édition arabe, p. 8.

20- هاشم قاسم، مقابلـة مـع المـؤرخ كمـال الصليبـي، مجلة المستقبل العربي، عدد 378، أوت 2010


21- Kamal Salibi, The Bible Came from Arabia, Pan Books Ltd, 1987, p. 1.

22- S'il est hors de doute que Kamal Salibi était antisioniste, il n'en reste pas moins qu'il est au dessus de toute présomption susceptible de connecter ses recherches et ses écrits à des fins idéologiques ou politiques. Ni son appartenance à la communauté maronite, globalement plus portée à être libaniste que panarabiste, ni surtout son appartenance à la chrétienté, ne pourraient prêter à son œuvre des fins partisanes ou idéologiques. Ajoutez à cela que l'homme ne remet pas en cause les récits bibliques, mais il en réfute uniquement, des origines juives jusqu'à la captivité de Babylone, la localisation géographique. 

23- Der Spigel, opt. cit

24- Traduit de l'allemand d'après la déclaration suivante:"Einem Araber traue ich keine seriöse Publikation zu diesem Thema zu". (Der Spigel, opt. cit.)

25- Jim Muir, Was Kingdom of David really in Arabia?, www.csmonitor.com, 31.08.1984

26- Jim Muir, opt. cit.

27- Jim Muir, opt.cit.

28- Jim Muir, opt.cit.

29 التوراة جاءت من جزيرةالعرب، ترجمة عفيف الرزاز، مؤسسة الأبحاث العربية، 1997، ص.9 كمال الصليبي، 
 
30- Traduit d'après le texte original: " Eine Tatsache hat mich sehr überrascht und meinen Argwohn geweckt. Sie werden das Buch "Die Bibel kam aus dem Lande Asir" nirgendwo finden. Bei den Buchhandlungen erscheint dieser Titel überhaupt nicht mehr in den Katalogen. [....] Das Buch sei nach seiner Veröffentlichung im März 1985 (ISBN 3 489 06179 9) vom Rowohlt Verlag, Copyright beim Spiegel Verlag, Hamburg sofort vergriffen gewesen. Wahrscheinlich von Interessengruppen aufgekauft, um die Verbreitung dieses gefährlichen und politisch klar inopportunen Wissens zu hintertreiben." (Nikolas Dikigoros, opt. cit.)

31- Je pense que la réponse que Kamal Salibi a faite de son vivant à George Mendenhall qui traitait son oeuvre d'"absurdité donquichottiste qui ne peut pas être prise au sérieux" mérite d'être citée ici, tant elle rend nulle toute attaque qui ne soit pas fondée sur les données archéologiques: "Jusqu'à ce que des preuves suffisantes soient apportées pour prouver hors de tout doute que l'histoire biblique a suivi son cours en Palestine, je continuerai à la rechercher en Arabie, non pas parce que je veux qu'elle soit là, mais parce que je reste pleinement convaincu par la raison et la preuve que ses drames ont été joués là-bas". [*]

32- Fadhel El Rubaie, historien et antropologue irakien, auteur de près de 70 écrits (ouvrages et mémoires) dont الذاكرة المنهوبة [La mémoire pillée], إرم ذات العماد - من مكة إلى أورشليم : البحث عن الجنة [Iram la Cité des mille piliers, de la Mecque à Jérusalem: recherche du paradis], القدس ليست أورشليم [Al Qods n'est pas Jérusalem], ما بعد الإستشراق: الغزو الأمريكي للعراق وعودة الكولونياليات البيضاء [Post-orientalisme: l'invasion américaine de l'Irak et le retour des colonies blanches]...

33- Il est l'auteur de nombreux articles faisant écho à l'oeuvre de Kamal Salibi, et de deux livres de même veine, dont le premier est intitulé: حول أطروحات كمال الصليبي: التوراة في اللغة والتاريخ والثقافة الشعبية، دار الحداثة للطباعة والنشر، 1989 (A propos des thèses de Kamal Salibi: la Tourah dans la langue, l'histoire et la culture populaire, ed° Dar al-Hadatha, 1989), et le second: اليمن هي الاصل: الجذور العربية للأسماء، دار الكتاب الحديث، 2008 (Le Yémen, c'est l'origine: racines arabes des noms, éd° Dar al-Kitab al-Hadith, 2008).

34- Il est l'auteur d'un livre intitulé : جغرافية التوراة في جزيرة الفراعنة، مركز المحروسة للبحوث والتدريب والنشر، 1996 ( La géographie de la Thora en la péninsule des Pharaons, éd° Markaz al-Mahroussa, 1996).

35- Dr. Ashraf Ezzat, historien, égyptologue et réalisateur de films égyptien, auteur de  Egypt knew no Pharaohs nor Israelites [L'Egypte ne connaissait ni pharaons ni Israélites]


Quand les médias crachent sur Aaron Bushnell (Par Olivier Mukuna)

Visant à médiatiser son refus d'être « complice d'un génocide » et son soutien à une « Palestine libre », l'immolation d'Aar...