mardi 7 novembre 2023

Ahed Tamimi: nouvelle arrestation

En arabe, son prénom " عهد [âhd]" signifie "serment, promesse solennelle, engagement". C'est à croire qu'à travers ce tout premier élément identitaire, sitôt nommée par ses parents la nouvelle-née des Al-Tamimi était déjà vouée à la cause politique du peuple auquel elle appartient. 

 Dès sa prime enfance, ses amis et proches l'appellent "la Lionne". En Israël, on la surnomme « Shirley Temper » -en référence à l'actrice des années 1930-40 Shirley Temple, enfant star de renommée internationale[1]. Certains même, comme le quotidien israélien Haaretz, ne s'embarrassent pas de la comparer à Jeanne d'Arc, héroïne de l'histoire de France surnommée posthumément « la Pucelle d’Orléans »[2]. Pour Amnesty International, cette icône du combat pacifiste arabe est la « Rosa Parks palestinienne", en référence à la figure emblématique de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, surnommée « mère du mouvement des droits civiques » par le Congrès américain. 


Telle est Ahed Tamimi, la militante palestinienne que l'occupant sioniste vient d'arrêter hier (dans la nuit du 5 novembre 2023) pour sa soi-disant incitation au terrorisme. Aujourd'hui âgée de 22 ans, Ahed Tamimi est née dans une grande famille de militants palestiniens de Bir Salah. Son père a été arrêté 12 fois, torturé et emprisonné à multiples reprises. Beaucoup de ses proches de la famille al-Tamimi ont été tués par les forces d'occupation israéliennes lors de la première et seconde intifada. Ahed a fait son baptême de feu contre l'occupant sioniste alors qu'elle est à peine âgée de 4 ans. A 16 ans, pour avoir bousculé, frappé et giflé un militaire israélien appuyé sur un mur de la maison des al Tamimi, Ahed est arrêtée le 19 décembre 2017 par les militaires de l'armée sioniste et condamnée à huit mois d’emprisonnement. A sa libération en juillet 2018, elle entame une tournée internationale au cours de laquelle elle se fait l'ambassadrice de la cause palestinienne.

La nouvelle arrestation de cette militante s'inscrit dans le contexte de répression massive du peuple Palestinien en Cisjordanie, laquelle va de pair avec le génocide perpétré contre les Gazaouis : du 7 octobre au 6 novembre 2023, ce sont plus de 2100 personnes qui ont été arrêtées dans la rive occidentale du Jourdain. Et alors que les raids sur Gaza ont fait plus de 11 000 martyrs, 151 supplémentaires sont tombés sur cette rive.

A. Amri

7. 11. 2023

 

Notes :



[1] Ruth Eglash, « Israelis call her ‘Shirley Temper.’ Palestinians call her a hero. » (The Washington Post, 19 décembre 2017).

[2] Uri Avnery, « Opinion Joan of Arc in a West Bank Village », Haaretz, 2 janvier 2018 https://www.haaretz.com/opinion/2018-01-02/ty-article/.premium/joan-of-arc-in-a-west-bank-village/0000017f-f668-d044-adff-f7f968210000

 


 

Quand les médias crachent sur Aaron Bushnell (Par Olivier Mukuna)

Visant à médiatiser son refus d'être « complice d'un génocide » et son soutien à une « Palestine libre », l'immolation d'Aar...