dimanche 31 mars 2013

علي زمور: قريتوش نص جديد في الثورية؟




لا أيسار لا قومية لابعث لا يمين لا ماوية
هزوا العباءة شوية تخرج الثورة رافع البيرية
-1-
قريتوش نص فتاوي
وثوره جديده يقودها القرضاوي
إرمو السلاح ... ماعاد شيء يساوي
كيف العباءه رمز للحريّه
وماهي غريبه بالبخور والجاوي
نقدر انغرّق بارجه حربيّه
-2-
ببركة عباءه خضره
وبعض الدّعاوي من الشّيوخ الفقره
وضرب البنادر السّاخنه في حضره
وانشاد من المالوف والصّوفيّة
نرجّع القدس من ايادي " الكفره"
وترجع سيناء مقاطعه مصريّه
-3-
الجولان ترجع لينا
اذا العباءه يوم ترضى علينا
ويرجع تاريخ قديم من ماضينا
لا حدود ... لا اطياف... لا قطريّه
من طنجه لبغداد للمدينه
يلغى الجواز ونوحّدوا الجنسيّه
-4-
قوموا العباءه حيّوا
واصطفّوا وراها .. للنّضال تهيّوا
دون العباءه ... ماتقدروا ماتسوّوا
مناضله من قبل في السريّه
وكل اللّي قريتوا في الكتب تقيّوا :
" افكار كافره... اصولها غربيّه"
-5-
لا تبّعوا جيفاره
لا تبّعوا " باتريس" لا ثوّاره
كذبه قديمه صدّقوها انصاره
توريث من احزاب " بلشفيّه"
وخوذوا العباءه نصّبوها اماره
وأميرها من الطّائفه " القطبيّه"
-6-
وقولوا " لينين" تهنّى
العمّال ساروا في طريق " البنّا"
وصار الصّراع ما بين شيعه وسنّه
ماهو صراع الضد والحتميّه
وصارت اللّحي لمخضّبه بالحنّه
تحدّد مسار القاعده الشعبيّه
-7-
اليوم اللّحي حكمتنا
وتحت العباءه توحّمت ثورتنا
وزادت قطر بأموالها حبّتنا
ظهرت حنينه على الشّعوب سخيّه
لكن حذاري في الخفاء باعتنا
اجنده خبيثه ...ترتيب صهيونيّه
-8-
ضخّت اموال بزايد
وصنعت من وهم الخرافه قائد
وارتدّت على خط النّضال السّائد
خط اللّي قاد شعوب للحريّه
وظهرت طوائف في العلن تتزايد
على الدّين ... والتّطبيع والقوميّه
-9-
سمعتوش ملاّ غرايب
فتاوي قبيحه ... بينها تتضارب
" كافر من هز السّلاح وحارب
بلا اذن من دعاة " خوانجيّه"
وما خص كان يكفّروا اللّي تايب
وتنصب مشانق محكمه شرعيّه
-10-
يا شيخ عيب كلامك
وعيب الفتاوي اللّي سوّقوها ازلامك
ظنّي خرفت... صدقت حتّى اوهامك
دوله خلافه سادسه سنيّه
بلادي مضيئه ... ما تحب ظلامك
متحصّنه بافكار علمانيّه
-11-
بلادي عنيده عليكم
متحصّنه ماتهزّها فتاويكم
ولا يهزّها مدّ الظّلام لا لحيكم
ولا شيخ عارض ثروته النّفطيّه
خضراء العنيفه تعرفه ماضيكم
وتعرف لحي متقمّصه الفاشيّه

الشاعر علي زمور
ترجمة فرنسية

Josiane Boureaux: pour l'Aphrodite bourrelle de cœurs


Josiane Boureaux, le pinceau d'Ouranos ressuscité!

La plume qui dérape quelquefois -quand elle encre un papier trop lisse- peut se permettre, introvertie, de pervertir les mots, ou plutôt d'user dans le langage déjà perverti et ranci, en surabondance empilé et compilé dans nos dicos, pour prêter à une vieille divinité grecque déchue par son propre sang le pinceau qu'il n'avait pas. Ouranos n'était pas un peintre. Ni un poète. Ni amant de beau. Bourreau du beau, bourreau de la famille, bourreau de la femme, de l'énergie vitale et séminale qu'il ne sut contenir ni investir dans le sensuel, l'affectif, le tendre, voilà ce qu'il était au juste, Ouranos. Et il serait tout aussi juste de dire qu'il fut déchu par son fils Cronos en raison du pinceau qu'il n'avait pas! Toutefois, à l'instant même où Crono(s) l'amputa du bourru bourdon de bourreau qui le rendait peu aimable à sa femme et ses enfants, à partir de l'instant précis où le tronçon de chair ensanglantée tomba dans sa mare de sang, revanche de la virilité martyre: ses attributs sectionnées au tranchant d'une pierre assassine devinrent un pinceau!

C'est un tel pinceau -en sus du sien propre de peintre- que Josiane Boureaux aurait saisi à temps pour nous donner cette 8e merveille du monde! A temps parce que l'instantané que la peintre immortalise à travers ce chef-d’œuvre nous restitue l'instant précis, la seconde même qui vit sortir de la virilité immolée ce que Ouranos dans sa vigueur et sa superbe méprisante virile, bourrelle du féminin, n'a pu donner.

Je  ne voudrais pas profaner la femme, à tant soit peu  insinuer ou laisser entendre (à travers des maux/maux qui ballent de la tête dans tous les sens)  que le sensuel talent au féminin, Josiane Boureaux, puisse refouler un complexe de castration. Pour tenir si
Josiane Boureaux: Aphrodite huile sur toile -2006
fier le pinceau fécondateur, frère du calame, à qui nous devons cette superbe Aphrodite et le vertige des mots. Mais c'est juste pour rendre  cette incontestable justice à  Josiane Boureaux -à la manière de la plume qui dérape- que le Beau pinceau qu'elle est, le beau pinceau par quoi elle "franchit le miroir", trempé dans l'inaltérable beau du sensuel, nous ravit !

Et c'est peu dire! trop dire!

C’est à nous hommes, et sud-méditerranéens surtout, et quelquefois trop phallocrates, même "waadistes" du génie féminin que nous n’aimons pas toujours voir prodiguer, de peur qu’il éclipse les phallocrates, à nous tels phallocrates -si nous pouvons nous humaniser un peu- de louer comme il se doit le sensuel qui nous flatte. Rajouterait-il à la superbe phallocrate qu'il pique de tel sensuel fini, tel sensuel ne peut que nous réjouir, si beau, si inimitable.

L'Aphrodite de Josiane Boureaux est une toile datant de 2006 et classée par son auteure dans les œuvres de Sensualité.

Cette peinture semble avoir lavé le sang viril martyr d'Ouranos émasculé par le cruel fils, Cronos ou le crono, le temps qui avale et ravale ses petits, nous les humains, de peur que l'imprécation de son père ne lui fasse subir les mêmes torts, ou pire, que l'impiété filiale avait commis sur l'instigation de la mère terre Gaïa.

Au premier plan qui émerge difficilement pour l’œil de l’observateur, en raison de l'ascendant imparti au sujet et l'autorisant à empiéter sur tel plan, on note d'abord le contraste de couleur avec le fond: la large palette du blanc, un certain dégradé de tonalités qui va de l'immaculé pur aux teintes légèrement bleutées, mais ayant pour dominante le clair, le blanc.
Ce clair et blanc qui tranche avec les tons froids, en arrière-plan, du bleu et noir, au fur et à mesure qu'il monte vire au jaune d'or, avec des petits filets de rouge, rouge sang qui émaille ici ou là le corps naissant d'Aphrodite. L'élément proprement pittoresque (océan, eaux, ciel, nuages) semble participer d'un émoi virginal qui soulève tout autant le terrestre que le céleste. L'éther en est saisi, comme la mer, par ces remous qui crachent la Beauté, mais voudraient en brider l'élan fuselé vers le ciel. C'est l'Apothéose à son stade initial, dédiée à la déesse de l'Amour, des Plaisirs et de la Beauté, entre autres.

Retour au blanc pour en dire encore ceci: il est à la source comme au sommet, à la naissance virginale comme au couronnement. Elle a beau être païenne, cette déesse, elle s'adjuge sa part de notre inconscient monothéiste: Vierge immaculée de la trainée de robe à la couronne, l'auréole qui l'attache au ciel. Et tel sacré n'est pas profane à l'endroit du Beau: le plaisir, la libido que notre vieux Saint-Augustin le Carthaginois avait mise en évidence, longtemps avant Spinoza, Freud et Jung, est le principe même qui préside à la vie. Comme à la mort aussi parfois. Et à la résurrection. Les jihadistes qu’on envoie, ici ou là, pour mourir, sans les houris promises au paradis- n’iraient pas d'eux-mêmes à la quête paroxystique de la libido. Par conséquent, vêtir ou revêtir la déesse grecque de ce qui appartient à la Vierge, pour le pinceau épicurien et pieux, mais aussi pour nos soufis épris de sensuel, n'a rien d'indécent ni immoral. Quelle que soit la latitude sous laquelle le Beau se profile, femme qui vous désire, ou femme que vous désirez, de chair marmoréenne ou chair qui s'ébroue sous vos bras, il mérite qu'on lui dédie ses autels, qu'on lui brûle un cierge quand on y entre, sinon devant sa porte on se dresse en cierge pour le saluer.      

J'évoquais plus-haut l'instant apothétique dans sa phase initiale. Et c'est à ce niveau précis que le génie créateur de Josiane Boureaux coupe son souffle au poète ravi! Aucune sculpture antique (Vénus callipyge ou Aphrodite, Cythérée ou autres) dans sa beauté marmoréenne, ou aérienne, éthérée, sur une toile de Maitre-peintre, ne saurait égaler l'Aphrodite bourrelle de cœurs!.

Pourquoi? parce que Josiane Boureaux ressuscite le mythe fondateur autant que l'Aphrodite qui en (re)jaillit, ce qu'aucune sculpture n'a encore fait. Ni ne pourra faire, en raison du matériau, taillé ou coulé, qui n'est pas de la nature du colorable.  Elle nous éclabousse de la douce eau qui l'éjecte de l'océan, et pour le bonheur de l’œil qui la saisit à travers l'instantané, tel que les yeux de la peintre en gardent le cliché de conception, tel que le pinceau le reconvertit sur sa toile, non pas au moment immortalisé par tant de marbres froids et autant d'huiles fanées, comme on en voit dans les musées ou les publications afférentes, mais au moment précis de l'accouchement, avec -attaché au placenta de l'océan- le cordon ombilical pas encore sectionné! C'est ce moment précis qui autorise à parler, dans  ma lecture de l’œuvre, de "naissance virginale", quand je mire au sens dénotatif le blanc (à la fois séminal et vestimentaire) dominant le premier plan du tableau.

Et à tel égard, il ne serait pas indécent de dire encore que c'est la virginité aphrodisiaque à l'état pur, la potion que la pilule bleue -malgré ses présumées vertus- ne saurait infuser, ni sortir du labo avec autant de fluidité et d'effet extatique pour les véritables "âmes damnées" du beau!

Et l'on n'épuiserait jamais ce que la plume doit encore au beau. La centralité, niveau cadrage, le plan rapproché, le point de vue horizontal: le marbre, l'huile fanée, le bronze ne pourraient pas autoriser ce que j’appellerais le "rapport symbiotique" entre l’œil dévot et l'objet de sa dévotion. Surtout avec ce regard qui en impose! l'or de l’œuf matriciel, le sang qui souille la nouvelle-née, Le gracieux des courbes qui laissent peu de place aux droites raides, autorisent le chassé-croisé entre ce qu'on voit et ce qui se vit en soi.

Le balayage introspectif consécutif à cette perception d'un art vivant en face de vous n'est pas tant l'acte de votre propre regard, ni n'est plus uniquement du seul ressort vôtre  -prérogative du vivant que vous êtes, mais c'est SON regard à elle, la peinture qui vit et communique sourdement avec vous.

Dès que vous vous ouvrez pour elle, la peinture s'ouvre de son côté à vous.
N'ayez pas peur de jouer avec les maux/mots en jouant avec elle. Ma note additive, sur la page-ci séparée, peut fournir un exemple illustratif. L’œuvre peinte et celui qui la lisse des yeux, ce sont deux voyeurs qui s'épient chacun de son côté! et jouissent chacun de ce que le regard de l'autre, coquet pour ne pas dire mieux, met au creuset commun des sensations reçues et émises. L’œil est un séismographe qui enregistre ici et là l'impact du sensuel et en use autant pour l'exacerber au fur et et à mesure que pour se valoriser soi-même dans le désir ainsi suscité, projeté sur l'objet du désir.

Pour finir, c'est à Josiane Boureaux que le calame cède son fin mot et l'avant-dernier verre de la bouteille, petit texte en vers butiné sur son site:
Photo Josiane Boureaux
"Sans peur assumer ses choix,
au-delà de l’œil humain, l'âme
Au delà de l'apparence, le vrai.
Franchir le miroir, Liberté
L'huile, matière qui me guide
C'est ici le chemin, Liberté."

Josiane Boureaux expose depuis 2006, à Paris surtout mais aussi dans d'autres villes en France. Sa peinture s'articule autour de trois thèmes majeurs: Flamenco, Expression du Corps, Sensualité.

Pour l'auteur de ce blog ravi par ce talent féminin qui franchit le miroir, il y a au moins, outre le talent qui fait valoir à bon droit ce qu'on lui doit, deux raisons supplémentaires pour aimer Josiane Boureaux: elle adore les Tunisiens, et pas seulement qu'à Sfax pour les intimes! et elle soutient la cause palestinienne et le Printemps des peuples arabes.




A. Amri
31.03.13




samedi 30 mars 2013

Ali Zammour: Avez-vous lu les inédits de la révolution?












Ni divers gauche panarabisme
baathisme ni droite ni maoïsme
retroussez un peu la chape
et vous la verrez coiffée d'un béret
la révolution

I-

Avez-vous lu les fatwas de l'éminence grise
que Karadhaoui guide de la néo-révolution
a émises?

Déposez vos armes
plus rien ne vaille la chape emblématique
béatique symbole de liberté!
Et ne vous étonnez pas qu'on vous dise
Éminence Grise et consorts
nous sommes capables
de faire couler un bâtiment de guerre naval
à la magie d'une pincée d'encens et de benjoin!

II-

à la baraka d'une chape verte
et  quelques psaumes dits
par les fakirs thuriféraires
aux nettes frappes de l'ardent bendir
pour agaillardir l'ardeur de la transe
à réciter malouf et soufi citer
ne vous étonnez pas qu'on vous dise
Éminence Grise et consorts
on peut reprendre aux impies Jérusalem
et faire de Sinaï une province égyptienne!

 III-

nous reprendrons Inch Allah le Golan
pour autant que nous soyons dans la grâce de la chape
et Inch Allah rendrons son Age d'or
à notre histoire passée
ni frontières ni multiconfessionnel ni étatique
de Tanger à Bagdad puis à Médine
aboli sera le passeport
unifiée la nationalité

IV-

debout partisans de la chape,
faites le salut rituel!
vite alignez-vous derrière
pour la guerre prêts au jihad
car sans ses vertus à la chape
rien vous ne pouvez faire
la chape ayant au passé milité
en clandestinité de sainte
vomissez tout ce qu'on vous fit ingurgiter
dans ces putains de païens livres
"la pensée impie, oh, oui!
d'origine occidentale"

V-

ne suivez guère Guevara
ni sa guerre à Patrice et révolutionnaires
révolu ce vieux mensonge
à duper niais partisans
révolu legs de partis bolcheviques
à la trique s'il le faut
alignez-vous derrière la chape
escapes et colonnes du futur émirat
dont l'émir Inch Allah sera
de la secte polaire.

VI-

A Lénine dites haut:" rassurez-vous!
c'est sous Banna et la bannière
que  prolétaires marchent désormais
aux lutte de classes caduques
les caciques préfèrent mieux
multiconfessionnelles luttes
entre chiites de confession
et confession de sunnites
ce n'est pas la caduque révolue
lutte à dialectique
non que non que non
c'est au bon principal cacique
de décider quelle voie aux suivants
populaire ou pas à suivre
à la lumière des phares barbus
et leurs barbes de henné teintes!

VII-

de ces jours le gouvernail est aux barbes
et sous la chape de bitume hamdoullah!
l'Immaculée révolution est féconde
en sus -hamdoullah encore-
Qatar de ses rials nous aime
qui à l'égard des peuples
est très généreux et prévenant

mais attention!
en sourdine Qatar nous a vendu
un fichu agenda infecté
concocté par les soins du sionisme

VIII-

Qatar a pompé à l'excès du liquide
et fait de l'antique chimère un caïd
à la lutte des peuples le dos tourné
à-reculons sur la voie passéiste
quant aux sectes et consœurs confessions
au grand jour toutes émergeant
pullulent elles et leurs surenchères
s'adjugeant comptant payés
religion de saints et saintes
plus sionisme-normalisation
et enfin l'anormal panarabisme

Avez-vous ouï dire -curieux ce dire ouïe!
avez-vous ouïe dire la voix cheikhale
comme Tartuffe se contredisant
qui dit non à Palestine
les armes et la lutte armée
sans l'aval ni l'appel
de la musulmane con-frérie sainte
il ne leur manquerait si éclairés
que frapper d'apostasie sainte
les pénitents et le commun des croyants
tous devenant gibier de potence
pour leur sainte inquisition

X-

Cheikh, tu as tort de parler ainsi
et de bénir les fatwas de tes compères
Mon avis est que tu es sénile
mythomane pris au piège de tes mensonges
un État califatif, ou le fictif 6e califat
mon pays n'en veut pas
cuirassé de ses Lumières
et sa pensée laïque: un bastion

XI-

mon pays par vous est imprenable
inviolables sont ses forts
au tir de vos fatwas inébranlables
mon pays ne fait cas
ni du flux de votre obscurantisme
ni du babisme de vos barbes
ni de postulant cheikh coquin
qui prend pour putain la Tunisie!

Le Pays-de-la-verdure sait
ce qu'était votre passé
et quel fascisme incarnent les barbes

Ali Zammour ( Texte arabe sous ce lien)
Traduction: A. Amri

30.03.2013

lundi 25 mars 2013

Inédits de déni

"Inédits de déni" ou les textes sauvés de l'enfer, sont le tronçon d'une vie déniée, inédite pour les habitués de ce blog, que je compte faire paraitre bientôt.

Je ne me rappelle plus quand je les avais "relus" une dernière fois, les ayant commencés depuis 78, pour les condamner sans appel à mort, au début des années 80. Le lieu par contre, hantant le texte même, fut Malakoff surtout, entre autres zones de bivouac en région parisienne.

Longtemps frappés de déni et en attendant d’être brûlés, ces textes ont été jetés et oubliés au fond d'un carton. Lui-même jeté dans la cave d'une épicerie que tenait mon frère. Au moment de rentrer au pays, faute d’avoir pu les incinérer sur leur terre natale, et bien plus par une réaction inhibitive -le souci de ne pas laisser trainer derrière moi des torchons pas propres, à leur mise au couloir de la mort j’ai rajouté la peine de l’exil.                                   

Arrivé au pays, c’était à bord d’une voiture  où mes seuls compagnons de traversée étaient des cartons de bouquins, dont une bonne moitié acquise aux puces, le condamné à mort devait être exécuté dans l’immédiat, mesure prioritaire sans quoi il m’aurait été difficile de me réimplanter dans la « tribu ». Pour soulager ma conscience une fois pour toutes. Et pour le carton qui a trop attendu ce coup de grâce, et pour moi qui craignais que tant de papiers moisis pussent infecter le lieu et les papiers à venir.                                                        
Par un soir d’hiver de l’an 1983, ce fut à un bûcher de sainte inquisition mahométane, en bonne et due forme, que je livrai mes condamnés à mort. Pour des centaines de feuilles jaunies ou pâlissant des affres de l'enfer, froissées, d’autres en parties rongées et sentant le doux parfum des souris malakoffiotes, jetées dans un fond de baril et arrosées d’essence.

Puis au moment où le carton était à moitié brûlé, à la faveur d'un petit café chaud que ma douce femme vint servir au bourreau enfumé que j'étais, un peu ivre de toute cette encre devenue des cendres sans vie, fatigué et -sans trop savoir comment, peiné d’avoir été hâtivement inclément à l’encontre d’une partie de moi-même  assassinée -à sang froid et avec préméditation, j’ai suspendu la peine pour le reste des papiers.  

Durant trente ans, alors même que je ne pouvais plus « désinfecter mon garage de leurs moisissures puantes» –comme le souhaitait vivement ma femme, je les léguai à l’oubli.                                                                                          
Puis un jour, alors que j’avais des petits travaux d’aménagement à faire au garage, au moment où mes enfants me demandaient s’ils devaient jeter le «vieux carton» comme tant de choses encombrantes dont a débarrassé le lieu, sans hésiter je demandai que le  vieux carton soit monté à « l’antre du Vieux ».

Pour la première fois depuis une éternité, sous l’accès d’une tendresse plaidant la cause du moisi, je songeai à remettre sous mon burnous les miens bâtards enfants de mon sang. Je songeai à réexaminer à leur endroit la sentence de mort pas encore assurée d’amnistie, afin de réhabiliter ne serait-ce que pour le parfum de ses reliques la fougue d'un cheval ailé de ma jeunesse perdue. Le « tronçon » de cette partie dont je me fus lâchement amputé. Et quand j’ai pu faire tel réexamen, c’est la totalité des rescapés de mon inquisition qui fut amnistiée. A juste droit sortie de la disgrâce, ces rescapés de l’enfer purent non seulement jouir de la douillette chaleur de mon burnous, mais bénéficier aussi de la réhabilitation totale, autant pour eux les chanceux que pour leurs petits frangins nés sous une mauvaise étoile. Martyrs petits par la tendre pensée réhabilités et suppliés de pardonner l'holocauste dont l'injuste histoire ne parlera pas.

Sincèrement, profondément, j’ai regretté avec beaucoup d’amertume ce que j’assimilerais à un infanticide de la jahilya. Et j’ai dû même pâtir de cette rémanence de cris qu’il me semble entendre encore aujourd'hui, jaillissant de ce feu qui crépitait de mes feuilles, transformant indument l'acide vocal de ma jeunesse en cendres. 
Pourquoi ce déni d’abord, le regret ensuite ?                                                                                             
Parce qu’il y a un jour dans notre vie à tous -je crois, où –nous regardant un peu au miroir, avec un œil plus introspectif que d’ordinaire, nous pensons que le moment est venu d’emboiter le pas au temps qui nous distance un peu. Et qui nous tance. Nous jugeons alors qu’il n’est plus permis de porter certains vêtements, devenus étriqués et démodés -parce que baroques, qui ne sont plus de nôtre âge. Quand telles fripes sont de l’ordre écrit, que tel écrit porte, outre le code graphique d’une langue dont on n'est pas natif, dont on ne pourrait être un fils prodige, mais -dans le meilleur des cas- un coquin d'amant, souvent fruste ou pas assez stylé, pas trop pliable aux convenances de tel registre et tel ton, et donc quelque peu décentré d'instinct et « en faux » avec l’amante, la belle cause que plaide le nouvel âge ne pourrait que botter au cul son baroque à l'âge mort !

On a beau se sentir encore à la verdeur du baroque, beau encore tiquer sur la guêpière parisienne à couvrir de son burnous, beau se dire que le bourru poils camelin et le satin gracieux pourraient se faire des transports communs, on se plie au verdict du premier cheveu blanc qui émerge de sa tête baroque !

Quand outre ce déni de l'étoffe cameline, "les bâtards nés sous le burnous" se ressentent autant de l'encre cameline que de la plume djebelienne dévoyée, que les confidences et les confessions du « mahométan » eux-mêmes rajoutent aux malheurs de "la nichée mixte", que le mixte risque de paraître moins ennoblissant de l'amour que profanateur -ne serait-ce qu'aux yeux bien-voyants de la bien-pensante opinion qu'on se fait pour les autres, ces enfants mal-aimés deviennent en tel cas encombrants.
Ils n'arrêtent de tordre au cheveu blanc qui les voit la tête et le bon sens de la conscience bien pensante. Ces coquins de lutins qui se lèchent et pourlèchent sur des feuilles dont certaines sentent la bière, le Bordeaux ou Sidi Brahim, se complaisant dans le sensuel "déjanté", parfois cynique quand le "déjanté" commerce en plus avec l’obscène,  s'enivre au jus vert de ses maux et mots, que pourrait dire leur père pour les défendre auprès du blanc cheveu rassis ? Que c'était sa mystique mahométane et son oliban mâle ? que tels lutins, si on les laissait grandir un peu et se faire un menton moins glabre, seraient derviches tourneurs au service de Sidi Mehrez ou de Lella Manoubia ? qu'ils pourraient même prétendre au titre de djihadistes servant la causse d'Allah par le tranchant de l'épée érotique dévote ? Le rassis  blanc cheveu n'en sortirait que victorieux contre l'avocat du diable.

Quand enfin ces textes, ou certains, risquent de nous compromettre aux yeux des nôtres, femme et enfants surtout, parce qu’ayant un caractère biographique, ou qu'on présume comme tel, intime et pas plus défendable ni digne d'indulgence,   alors le déni de l'âge baroque se profile comme la juste sentence, la sage et la seule mesure à prendre pour être de son temps. 


Ahmed Amri
25.03.2013

jeudi 21 mars 2013

Au fil des mots que les maux enfilent


Il y a des maux en nous incubés et incurables, qu'aucune panacée, chirurgie sélective, microchirurgie ou médecine de charlatans ne peuvent déloger de leur terrier. Parce que séquelles de vies mortes enfouies dans notre  univers sensible, débris de glace refoulés dans l'inconscient. Ils ne parlent pas ni n'élancent pour celui qui ne les entend pas, ne les soupçonne pas. A qui fasse de l'introspection son troisième œil, au toubib de soi qui dissèque ses mots, il les voit comme des bactéries fourmillant sur sa peau, tout aussi nombreuses, si ce n'est plus, que les pores de celle-ci. Il les sent rouler sur les papilles de sa langue, goûte au fondant de leur loukoum -amer- dont il avale des cubes et des cubes. Il en voit des essaims de guêpes voltiger autour de son nez, que les narines aspirent en reniflant, telles les pincées de neffa, le tabac à priser -fort- que l'aiguillon et son feu rendent piquant. Dans les yeux, ce sont des ballets, des carnavals, des saturnales de guêpières dont on ne se sature jamais. Et pour l'oreille, chants de fêtes foraines, appels et rappels de démons de succubes réclamant leur dû. 

Quand l'art, la poésie, l'écriture sous toutes ses formes s'en mêle, et que le prurit des mots accolés à leurs maux en emmêle des fils qu'il démêle dans le magma informe de l'inconscient, à se tâter ou gratter tel ou tel point du sensoriel, ce sont des grappes de mots et les pampres  de leur homonyme qui tirent de sa pointe la plume..afin que celle-ci les tire!

Il y a des maux disséminés sous la crête de nos papilles. Par légions. Postés en avant-garde pour
alerter nos sens. Dedans la nervure de la langue, sous l'émail des dents et sur les lèvres. Avec un ingénieux système de communications entre eux et, réparties dans le reste du corps, les autres unités de  surveillance sensorielle. Des réseaux, des câbles et des antennes, des stations de relai et des satellites. Pour soumettre chaque mot, pensé ou dit, lu ou écrit, à l'examen introspectif du mal qui le concerne. Et tel mal couvre alors son sens, non plus tout à fait comme un mal. Mais comme un mâle.
Puis poste le sens à l'outil de l'artiste qui s'en saisit: plume,  pinceau, corde musicale ou tout autre moyen d'expression artistique, reçoivent ainsi chaque jour des milliers de ces mots fécondés par leurs maux, qu'ils enchâssent dans l’œuvre de création.

Ainsi en nous les maux qui président aux mots.
Leur liquide séminal, leur graine de semis, le germe fécondateur. Et l’œuf qui s'en insémine, le fœtus qui sort de leur tissu. Sans quoi le mot ne naisse ni vive. Comme la terre sans la pluie. Et vice versa. Gaïa sans Ouranos. Et vice versa. Le projet maternel sans le paternel projet pour faire vie commune et la vie.

Il y a des maux qui -sortis de telle union entre deux projets de fécondation croisés- sont  aux mots frères jumeaux. D'autres cousins ou copains. D'autres encore à leur homonyme synonyme de l'âme sœur.  Le complément de la partie, la partie du tout indivis.

Il y a des mots et des maux qui s'aiment depuis l'état fœtal. S'ils ne naissent pas inséparables comme le couple d'oiseaux portant le nom, s'ils sortent de leur terre matricielle coupés en deux, seraient-ils jetés l'un au pôle nord et l'autre au sud polaire, telles les deux moitiés de l'androgyne mythique jetées chacune à l'extrême bout de l'univers, et chaque bout à l'autre diamétralement opposé, ils surmonteraient les blessures et les saignées, viendraient à bout des dieux qui les avaient séparés, vaincraient montagnes, mers, déserts et les océans pour émerger chacune de son horizon et crier:  j'y ai cru. Et je te ressaisis!


Il y a quelquefois entre les deux juste une amitié.
En tout probe, qui n'a rien à se reprocher, spontanée comme tant d'amitiés authentiquement vécues.
Avec parfois ses hauts et ses bas. Ses joies et ses peines, ses dépits et ses enchantements, à telle ou telle croisée de chemins. Ou sans peine aucune ni rien quelquefois aussi. 


De temps à autre, sans que les maux ni les mots n'en soient prévenus, parce qu'il y a toujours des zones floues dans pareille relation, une amitié  plus tendre.
On la voit émerger petit à petit de la zone d'ombre, plus débordante, et plus réservée aussi quelquefois. Et quand les mots ou compères interrogent cette réserve pas coutumière, le débordement qui intrigue, que la tendresse passe aux aveux, l'amitié comprend alors qu'elle est en train de glisser sur une pente savonneuse.
Les maux et leurs mots, par une complicité qui ne dit pas son nom, ignorent au début. E
t quand la tendresse persiste, quand elle insiste, quand elle monte sur ses ergots, ils la rabrouent vertement et désavouent.

Il y a tant de tendresses martyres qui, pour avoir soupiré à plus fort que l'étreinte de l'ami(e), et plus franc, sont jetées dans un caveau. Puis murées sous la chape en bitume.

C'est là que les amis qui autrefois se disaient frère et sœur, habituellement spontanés et ne se cachant rien,
apprennent petit à petit à ne plus tout se dire, à garder chacun sa part amère pour son jardin secret. C'est là qu'ils commencent, au fil des amputations réductrices auxquelles ils soumettent les désirs jugés impossibles,  à se mentir. Par tous les pores, les mots de l'amitié ne respirent plus que le mensonge. Et le désir impossible qui s'élance, élançant simultanément les côtes qui l'enferment, le dit à l'amitié: tes avocats mentent effrontément.

Et dans ces zones qui cessent ainsi d'être floues, où les mots et les maux
se recouvrant entièrement deviennent grammaticalement paire de synonymes,  se tissent souvent des tragédies que la plume ne dit pas. Par noblesse d'âme, par respect de soi ou de l'autre, par souci de préserver la relation dite fraternelle. 


En pareil cas, soupirer à plus fort que l'étreinte de l'ami(e), et plus franc
, devient presque inceste.


A.Amri
21.03.13


mercredi 20 mars 2013

Langage et roulis




Les mots sont à certains maux vertu d'onguent qui les pénètre. Et la magie qui s'ensuit.

De leurs noisettes de pure crème et perles à substance huileuse, ils transfusent aux maux tétanisés sous la peau, en masses amorphes ou colonnes raides tendues, le lubrifiant  qui engraisse leur machine, huilant rouages rouillés  et les engrenages grippés.

"Je les vois venir ! susurre au poète la plume. Tu veux commencer par une sourde ou une sonore ?  une nasale ? une fricative ? Allez, consonne ! donne-m'en une !"

Le poète frémit quand il entend un tel impératif. Précédé de la suggestion qui sonne ! la plume ayant cette manie de détacher les syllabes chaque fois qu'elle réclame sa con-sonne ! Et pour le plaisir de la narguer un peu, il lui jette une voyelle ! un O, par exemple, qu'il croit inoffensif, comme un os qu'on jette à sa chienne, mais qui s'avère vite sournoisement miné !


Quelquefois quand le satin des sens se mêle de la partie, il y a des lettres rondes qui, au nez du poète incrédule et sa plume émue, supplicient les mots. Quand ceux-ci voient étalée, obscène, l'impudeur qui les fasse loucher. C'est à croire que ces lettres sont des ruches de guêpières, pépinières de pin-up s'affairant devant leurs miroirs, ou répétant à huis clos pour leur prochain défilé de mode ! Et mettant en demeure le poète et sa plume de se tenir sages à leur place, tête levée, au bord du podium. Pour que l'un et l'autre supervisent de A à Z, avec la superbe vue en contre-plongée,  la parade des guêpes ! Apprécier la mesure des pas, tâter l'effet du déhanchement, décider de ce qu'il faut voir et ce qu'il faut sacrifier, quand la guêpe s'arrête à hauteur de vos yeux, se tourne un moment vers vous, mais le regard altier et lointain, une main à la hanche d'un côté, et de l'autre une jambe légèrement infléchie. Avant de claquer sourdement des souliers, tourner sur ses talons et remonter le podium ! Distribuant à droite et à gauche, minutieusement mesurés, ces coups de tamis par quoi les hanches sassent aux maux leurs sens !

Il arrive à la plume et celui qui n'en est plus tout à fait le maitre alors mais à peine un suivant, un auxiliaire, de se brouiller quand il faut élire. La noire satinée guêpière, la rouge bordeaux, la blanche immaculée de la mariée, la fine résiliée dos, le dos nu en V, le décolleté de même V à l'avant,  le corseté de taille?... Et qu'est-ce qui rehausse à telle guêpe tel galbe, la grâce de la ligne, le moelleux des contours, à tel nu et décolleté son aura mystique plus que tout pouvoir affriolant, qui du porte-jarretelles ou de la culotte, de dos ou de face toisés, jaugés, soupesés, a excellé à tel endroit et marqué un plus, ou pourrait faire mieux, avec un millimètre de moins, pour être plus léger,  parfait, et rehausser tel ou tel détail physique ou esthétique ? Et que dire à ce coquet buste sous son bâillon diaphane ? et aux saints que tel bâillon étouffe ? pour que les uns soulèvent un peu la paupière, voire écarquillent les yeux ! et respirent mieux, pendant que l'autre resserre d'un demi millimètre son bâillon, afin que les martyrs auréolés, plus charismatiques pour leurs dévots, soient  en tout saints ?

Maintes fois ainsi les lettres rondes frondent à la plume ses maux que le poète enferre dans le crâne. Rond et moelleux de galbe, et tout son sens aux courbes souples et gracieuses, tirent alors de son nez la plume raide, qui lui crient:" amène-toi coquine amène ! viens m'offrir ce tango !"


Il y a des mots qui sont aux maux ce qu'est le tango aux jambes qui s'y jettent. Pirouettes de sens entrelacés dans les lacets qui en tondent l'herbe. Peu importe que la piste sente le sang des entrailles tripotées, le whisky ou les parfums concupiscents des bouges et des tripots ! Sa superbe ainsi étalée et tripotée, du calice de verre plein qu'on caresse des mains et des jambes, on abattrait leur superbe et la barbe aux tueurs qui s'en tripotent les cartes et les favoris ! Quant aux  braises qui zyeutent et le tabac qui les allume, on n'a que faire des badauds quand à plus beau sa chandelle s'allume !

Et au fur et à mesure que le mou du satin en feu froufroute au bourru du dur qui s'y frotte -et vice versa, dans la cadence des pas frénétiques, et sous les côtes éclatant de l'haleine qui les soulève, la sève qui tangue et plie à sa belle sa taille apprête au  roulis des sens épars le sang qui en bout...

Pendant que le poète n'arrête d'écrire ni fronder Satan de ses malédictions !
Tandis que Satan, à chaque malédiction, rameute sa soldatesque de guêpières ! que le déluré de celle-ci, à chaque répétition finie,  jette sa plume à la taille d'une guêpe. De sorte qu'au troisième tango, comme la mer qui s'ébroue de l'écume qui la submerge, de vive voix la plume réclame deux verres !



Pour l'eau salée qui pétille sous la chape de plomb. Le jus de sa bouteille. Le champagne que comprime le bouchon champignon au goulot, le champignon qui menace de sauter dans un éclat de bombe, tant il ne peut tenir ni soutenir la capsule et son muselet de fil à fer qui refoulent l'encre.

A. Amri
20.03.13


A des frères à nous, que nous oublions quelquefois

Quelquefois nous oublions ce sang racé qui est de nous.
Que nous dénient dans leurs tubes à essai les analystes de groupes sanguins soucieux de prévenir l'abâtardissement de notre race, l'altération de ce qu'ils appellent "nôtre pur sang".
Quelquefois ce sang racé, l'autre, le vrai, en nous bouillonnant et plus pur que le présumé pur sang nôtre, nous rappelle à l'irréfragable appel de notre sang de race.

Quelquefois nous oublions injustement des frères à nous.

Je cite pêle-mêle, outre Henri Maillot et Maurice Laban dont les photos illustrent ce texte, morts pour l'Algérie indépendante, l'un au maquis des Arès comme fellaga, l'autre fellaga du même maquis capturé et fusillé alors qu'il criait:"Vive l'Algérie indépendante!"...
Je cite, outre ces frères qui nous ont transfusé leur sang pour nous permettre de vivre libres au Maghreb, mille et un autres du même sang généreux, tombés pour la Palestine, ou ayant passé leur vie en prison pour elle, dont certains -depuis près de 20 ans- à ce jour dans les oubliettes des prisons...
Je cite pêle-même Patrick Arguello, Rachel Coorie, Juliano Mer-Khamis, Vittorio Arrigoni, Koso Okamoto, Ilich Ramírez Sánchez (alias Carlos) Mordechaï Vanunu...et j'en oublie...

Quelquefois nous oublions injustement des frères à nous.

Dont certains, vivants encore, moisissent dans les prisons. Et d'autres, plus nombreux, dans le caveau de la même amnésie.   Morts pour notre patrie et la leur, mais surtout morts pour nous. Morts de nous avoir tant aimés. De n'avoir pu souffrir la trahison du sang, le désaveu du sein nourricier, l'apostat de l'eau et du sel, la maisonnée, l'air et la terre communes.
Morts sous le caveau ou en prison, d'avoir franchi, pour se souder à nous, des interdits minés. Au péril de leur vie, de l'honneur des leurs -les autres leurs, les leurres des autres, parce qu'ils sont justes et beaux, ces frères, et sachant mieux que le "gratin" de nos autres frères faire la part des leurres et des leurs...

Lisez ce texte, s'il vous plaît:

    "Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s’est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur.
    La presse colonialiste crie à la trahison, alors qu’elle publie et fait siens les appels séparatistes de Boyer-Bance. Elle criait aussi à la trahison lorsque sous Vichy les officiers français passaient à la Résistance, tandis qu’elle servait Hitler et le fascisme.
    En vérité, les traîtres à la France, ce sont ceux qui pour servir leurs intérêts égoïstes dénaturent aux yeux des Algériens le vrai visage de la France et de son peuple aux traditions généreuses, révolutionnaires et anticolonialistes. De plus, tous les hommes de progrès de France et du monde reconnaissent la légitimité et la justesse de nos revendications nationales.
   Le peuple algérien, longtemps bafoué, humilié, a pris résolument sa place dans le grand mouvement historique de libération des peuples coloniaux qui embrase l’Afrique et l’Asie. Sa victoire est certaine.

    Et il ne s’agit pas comme voudraient le faire croire les gros possédants de ce pays, d’un combat racial, mais d’une lutte d’opprimés sans distinction d’origine, contre leurs oppresseurs et leurs valets sans distinction de race.
   Il ne s’agit pas d’un mouvement dirigé contre la France et les Français, ni contre les travailleurs d’origine européenne ou israélite. Ceux-ci ont leur place dans ce pays. Nous ne les confondons pas avec les oppresseurs de notre peuple.
   En accomplissant mon geste, en livrant aux combattants algériens des armes dont ils ont besoin pour leur combat libérateur, des armes qui serviront exclusivement contre les forces militaires et policières et les collaborateurs, j’ai conscience d’avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple, y compris ceux des travailleurs européens momentanément trompés."

Henri Maillot (à droite sur la photo) a écrit ces mots alors qu'il rejoignait le maquis des fellaghas dans les Aurès, le 4 avril 1956. se battant contre la France coloniale pour l'Algérie indépendante. Deux mois plus tard, le 5 juin 1956, il sera arrêté, torturé puis, alors qu'il criait:"Vive l'Algérie indépendante!" fusillé d'une rafale de mitraillette.

Quand les médias crachent sur Aaron Bushnell (Par Olivier Mukuna)

Visant à médiatiser son refus d'être « complice d'un génocide » et son soutien à une « Palestine libre », l'immolation d'Aar...